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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 17:59

Qui peut prétendre que la croissance est un mal en soi ?

L’enfant qui grandit est en état de croissance. Voudrait-on qu’il reste petit ? Celui qui va l’école le fait pour accroître ses connaissances et son jugement. Voudrait-on qu’il n’en soit pas ainsi ? Ainsi en va-t-il de l’humanité qui progresse.

Ce qui est contestable c’est le type de croissance, selon le modèle capitaliste celui qui consiste à vouloir toujours plus sans se poser la question des finalités de celle-ci.

La croissance ainsi conçue a pour objectif le profit de quelques uns estimé en espèces sonnantes. L’argent est une valeur en soi. Celui qui en possède beaucoup ou plus que l’autre est reconnu de cela. Il assoit ainsi sa position sociale, son pouvoir sans qu’il soit considéré l’essentiel : la valeur humaine personnelle, l’utilité. C’est la compréhension qu’en donne à comprendre le Président de la République Sarkozy lorsqu’il déclare qu’il faut avoir un rapport décomplexé à l’argent. 

La croissance, ainsi voulue, s’effectue sans tenir compte des conditions dans lesquelles on l’obtient. Elle passe par l’exploitation des êtres humains rendus à l’état de bêtes de somme et le pillage des ressources de la planète.

La croissance en terme capitaliste ne s’interroge pas sur la nécessité ou non des biens produits (le publicité ayant mission de susciter le besoin de consommation de ce dont on n’a nul besoin). La croissance a pour visée l’enrichissement financier comme s’il n’était point d’autres enrichissements pertinents et pourtant toujours insatisfaits.

Objecter de la croissance ce ne peut être la rejeter, ce n’est pas être un partisan de la croissance zéro, encore moins de la décroissance, c’est vouloir la  réorienter.

Il ne peut être question d’un monde qui stagne, encore moins qui régresse. Pas plus qu’il ne peut être question de vivre au 21ième siècle comme au début du 20ième. L’usage du tracteur vaut amplement celui du cheval ou de la bêche, n’en déplaise à ceux qui n’ont d’activité physique que le jogging hebdomadaire choisi à l’heure convenable.

Un des premiers à avoir posé le problème du modèle de croissance est, cela fait 1 siècle, l’économiste Veblen dans son livre de : Théorie de la classe de loisir. Faisant le constat que la consommation était pour l’essentiel celles de biens inutiles, que le moteur de la consommation des couches sociales s’effectuait par une identification d’une couche sociale à celle qui lui était immédiatement supérieure, Veblen dit que pour lutter contre ce type de consommation sans fondement il faut s’attaquer aux revenus des couches supérieures afin qu’elles consomment l’utile et non le superfétatoire. Son propos est de donner une autre perspective de consommation à l’ensemble d’une société en s’attaquant aux revenus de ceux qui sont vécus comme des modèles. Propos toujours d’actualité si on veut bien constater que les « pauvres » n’ont de cesse que de copier les riches en achetant un 4X4, le dernier écran plasma,…quitte à se priver de l’essentiel qui est, d’abord, la satisfaction des besoins primaires.

Réorienter la croissance est un des fondements des partisans de la décroissance, terme dont le concepteur (arrivant du marketing)  dit qu’il a été forgé pour frapper les esprits. Il se trouve que le mot décroissance a introduit dans les esprits une perspective étriquée voire porteuse d’absurdité.

Réorienter la croissance c’est lui donner à s’accomplir dans d’autres domaines. Ceux des services publics, de la santé, de l’éducation, de la culture,…. pour tous, toutes choses que le libéralisme et le gouvernement libéral, préoccupé du sort de quelques uns, sont occupés à démanteler.

Le profit, s’il demeure financier, est celui qui autorise que l’on puisse se payer ce que l’on ne produit pas et dont on a besoin car chaque d’individu vivant en société dépend de la l’autre également créateur. Peut-on sérieusement imaginer qu’un même individu cultive la pomme de terre, fait un film, est assis derrière une paillasse à découvrir un médicament, écrit un roman, un opéra, sculpte, peint…. ? La nécessaire distribution des rôles nécessite le profit non pour thésauriser mais pour échanger les biens ; l’argent retrouvant son rôle premier. Et s’il faut également épargner c’est dans la perspective de se pourvoir du capital nécessaire permettant une création réorientée et bien différente de celle qui consiste à l’enrichissement….financier.

 

 

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