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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 21:02

D’abord observons que s’il y a une loi de moralisation de la vie politique c’est que, par bien des aspects, il est reconnu qu’elle est immorale.

Ceci étant dit, convenons que le champ d’application de cette loi de moralisation est celui-là même où il ne devrait pas y avoir à établir ce type de loi tant l’exemplarité devrait y être requise.

L’inexistence de l’exemplarité attendue, ce qui signifie les manquements aux bonnes mœurs politiques, doit avoir pour corolaire l’exemplarité des sanctions proposées car il ne suffit pas d’établir des règles, encore faut-il signifier ce qu’il en coûtera si elles sont transgressées.

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Situation pour le moins incongrue, on notera que dans cette affaire c’est au législateur qu’incombera de voter le projet de loi qui règlera son sort après qu’il ait procédé à des amendements appelés ‘enrichissement des débats’. C’est là qui relève du conflit d’intérêt.

Une plate-forme numérique est prévue, dit-on, ‘afin que les citoyens puissent participer aux débats’. C’est une excellente initiative, à la condition que les propositions soient étudiées et retenues par une commission indépendante des pouvoirs (magistrats, citoyens non élus) pour finalement être prises en compte dans la loi.

Mais déjà, le ministre de la Justice et Garde des Sceaux a fait différentes propositions qui, il faut l’espérer, ne sont qu’une contribution au projet de loi, propositions qu’il aurait pu compléter de celle-ci qu’il ne peut ignorer et qui correspond à son désir de faire participer les citoyens, à savoir : le référendum révocatoire des élus d’initiative populaire.

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La loi de moralisation de la vie politique qui s’attache à rendre ‘honnêtes’ les élus, c'est-à-dire des personnes, ne prend cependant pas en compte des pratiques, ainsi le lobbying.

Il n’y a rien de plus immoral que cette perversion de la démocratie exercée au travers du lobbying par les grands groupes industriels et financiers qui va parfois jusqu’à la corruption des élus, ceci pour obtenir des politiques favorables à des intérêts privés.

C’est dire que la moralisation de la vie politique doit permettre au peuple d’être et de rester le seul souverain.

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Mélange des genres. Rien n’est dit également, du point de vue de la morale, de ces personnes, réputées être de la société civile, qui viennent, sans avoir été élues, participer au gouvernement public du pays après avoir servi à des postes importants l’intérêt de grosses entreprises. C’est dire que le lobbying qui était à forcer la porte a désormais sa chaise, du fait du prince, à la table du conseil des ministres. Le moins qu’on puisse vouloir c’est que la loi indique que les ministères ne peuvent être occupés que par des individus qui ont gagné leurs galons avec le suffrage populaire.

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Les propositions du ministre participent de la moralisation de la vie politique. Sont-elles suffisantes ? Certainement pas.

Voulons-nous une République morale ? C'est-à-dire rigide. Non. Mais il est tout de même des règles à établir pour que les personnes qui nous gouvernent n’agissent comme des malfrats.

Et puisqu’on peut lire parfois dans certains journaux cette ânerie sous forme d’interrogation : ‘croit-on que plus un homme politique est moral plus il est compétent ?’, retournons la question ‘croit-on que la compétence est l’apanage du malfaisant ?’. Soyons sérieux : on peut être compétent et honnête.

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Pour aller plus loin :

 

 

 

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