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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 09:53

En politique on habite toujours quelque part.

 

Les ni droite ni gauche sont une espèce trompeuse et ancienne. En période électorale ils revendiquent habituellement le cache-sexe de marque sans étiquette jusqu’au moment où, après l’élection,  celle-ci apparait dans leurs choix. On les voit alors frayer avec des politiques de droite. Raison pour laquelle la droite les considère avec bienveillance tandis que la gauche, qui a appris à les connaître, s’en méfie comme de la peste.

Les ni de gauche ni de droite avancent, tel le renard, masqués (1). 

En politique, le ni droite ni gauche c’est la fourberie du consensus mou car il s’agit de plaire à tout le monde, à des intérêts antagonistes. Ça donne l’alternance LR- PS dont on a grand peine à distinguer les différences au point que fut inventé le vocable UMPS pour signifier ce salmigondis dont il faut tout de même signaler qu’il ne dut son existence que du déplacement de barons dits de gauche sur les brisées de la droite.

Consensus mou d’apparence, car celui auquel sont conviés les modestes se fait sur les positions les plus défavorables, les plus dures, au grand nombre ; le petit nombre des oligarques, de la caste, possédant la parole facile, la rhétorique déliée, l’argutie habille, la maîtrise orale et écrite du verbe qui fait prendre des vessies pour des lanternes.

Au consensus ni droite ni gauche proposé par Macron qui se manifeste sous le trait d’un homme neuf - minois oblige - alors qu’il n’est que dans la tradition, l’ornière, il faut opposer le dissensus, le conflit, cette manière perdue que le peuple de gauche semble enfin réinvestir et qui lui fit jadis obtenir les conquêtes sociales ( retraites par répartition, congés payés, sécurité sociale,…) que la droite, Macron compris, entend lui soustraire.

Macron, l’émergence du macronisme, n’est pas historiquement chose si étrange, si singulière. Macron tient de Mac Mahon. Après la chute de Valls (Adolphe Thiers), après avoir réprimé la gauche (la commune de Paris) avec la loi El Khomri dont il est l’auteur, Macron préfère désormais rester, comme Mac Mahon, au dessus des partis (ni droite ni gauche) et perpétuer la monarchie présidentielle en attendant la grande inondation populaire qui ne manquera pas de venir et où il déclarera : « que d’eau… que d’eau » et à laquelle on lui répondra comme il fut répondu jadis : « Et encore, … vous ne voyez que le dessus…! ».

Macron c’est la mer des Sargasse où la France peut se perdre. On y trouve les épaves de la chiraquie, celle du hollandisme, quelques vieilles barcasses du PCF ou de l’ultralibéralisme. Macron ce n’est pas le patron d’une entreprise de recyclage comme on le dit, plutôt celui d’une déchèterie, stade qui précède la mise à l’incinérateur.  

 

 

 *

(1)

 

Fable d’Esope :

LE RENARD ET LE MASQUE

 

Un renard s’étant glissé dans la maison d’un acteur, fouilla successivement toutes ses hardes, et trouva, entre autres objets, une tête de masque artistement travaillée. Il la prit dans ses pattes et dit : « Oh ! quelle tête ! mais elle n’a pas de cervelle. »

Cette fable convient aux hommes magnifiques de corps, mais pauvres de jugement.

 *

 Ou cette autre traduction :

      

                          Le Renard et le masque de traître

Un Renard vit par hasard un masque de théâtre : « Belle tête! dit-il; mais de cervelle point. »

Ceci s’applique aux hommes que la fortune a comblés d’honneurs et de gloire, mais privés de sens commun.

  • Fable de Phedre traduite par Ernest Panckoucke (1808 – 1886)

 *

A moins qu’on préfère cette fable de La Fontaine

                                 Le Renard et le Buste

Les grands, pour la plupart, sont masques de théâtre;
Leur apparence impose au vulgaire idolâtre.
L’âne n’en sait juger que par ce qu’il en voit:
Le renard, au contraire, à fond les examine,
Les tourne de tout sens; et, quand il s’aperçoit
Que leur fait n’est que bonne mine,
Il leur applique un mot qu’un buste de héros
Lui fit dire fort à propos.
C’était un buste creux, et plus grand que nature.
Le renard, en louant l’effort de la sculpture:
« Belle tête, dit-il, mais de cervelle point. »

Combien de grands seigneurs sont bustes en ce point !

  • Jean de la Fontaine – (1621 – 1695)

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