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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 18:50

15 jours. Il reste un peu moins de 15 jours pour amener la France insoumise au 2ème tour de l’élection présidentielle. L’affaire est jouable. L’affaire est gagnable, si on ne veut pas en reprendre pour 5 ans, si on ne veut pas dans 5 ans se retrouver avec un FN auquel des Macron-Fillon auront ouvert un boulevard avec la casse qui emplit leur besace.

Chacun alors, avec ses mots, de plaider pour que ceux qui aspirent au changement politique, social, économique,… votent efficace. C’est le sens des 2 articles ci-dessous, écrits par des citoyens ‘ordinaires’. Articles qui, j’en suis sûr, ne manqueront pas de successeurs. Articles bienvenus car il n’y a rien à attendre des leaders politiques, Hamon et Poutou, davantage occupés de leur avenir personnel ou de celui de leur officine que de la cause du peuple qu’ils prétendent incarner. La consigne ne viendra pas de ces deux là, aux raisons diverses. Alors, il appartient à chacun, en conscience, de se déterminer, sans plus attendre.

Le plat ne repassera pas de sitôt.

Exergue

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Hamon doit céder la place à Mélenchon par P. Maniglier (philosophe),

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Source : http://www.liberation.fr/debats/2017/04/11/hamon-doit-ceder-la-place-a-melenchon_1562006

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Certain de la défaite du candidat du PS, le philosophe Patrice Maniglier lui demande de retirer sa candidature dans une lettre ouverte.

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Monsieur Hamon,

Je fais partie de ces gens qui ont souhaité votre victoire aux primaires de feu la «Belle alliance populaire», de ceux qui ont appelé à une candidature unique de cette dernière, des écologistes et de La France Insoumise, quand il semblait naturel que vous la représentiez, quand vous deviez la représenter, de ceux qui ont été agacés par l’attitude de M. Mélenchon lorsqu’il paraissait s’opposer à cette fusion pour des raisons que je croyais alors d’ambition personnelle.

C’est dans la continuité de ce mouvement d'adhésion que je m’adresse à vous pour vous prier d’envisager sérieusement l’hypothèse d’un retrait de votre candidature en faveur de M. Mélenchon.

Nous savons tous combien cette décision paraît invraisemblable, même a priori scandaleuse. Mais seuls les gestes qui trouent la vraisemblance ouvrent des espaces authentiquement politiques, car ils découvrent soudain une brèche dans laquelle s’engouffre l’enthousiasme collectif, celui qui nous donne la force d’inventer ensemble au lieu de nous condamner à gérer la nécessité.

Nous sommes devant une situation exceptionnelle. Aujourd’hui, la perspective d’une victoire de la réorientation de la gauche de gouvernement dans le sens d’une résistance plus décidée aux lois des puissants, que nous avons tant attendue, semble à portée de main. Cette orientation, vous la représentez. C’est elle qui vous a mis dans la position exacte où vous êtes actuellement. Ne pas tout faire pour lui permettre de s’accomplir est tout simplement trahir l’esprit même de votre candidature actuelle.

Or, dans la situation où nous sommes, il semble clair que votre campagne n’a pas su convaincre les électeurs. Certes, vous me direz que les sondages sont incertains, qu’on a toujours des surprises, etc. Mais vous savez bien que, si les sondages ne peuvent pas prédire l’avenir, ils donnent en revanche du présent une image assez exacte ; et surtout, ils ne se trompent jamais du point de vue des tendances. Or les tendances ne laissent aucun doute : votre candidature s’effondre, celle de Jean-Luc Mélenchon explose. A deux semaines de l’élection présidentielle, nous ne pouvons pas nous abuser nous-mêmes en nous faisant croire à un retournement. Vous perdrez, et vous perdrez durement.

Que se passera-t-il à l’issue de votre défaite ? Les cadres du Parti socialiste qui vous ont si honteusement trahi et ont à la fois vidé la primaire de son sens et rendu votre campagne impossible (car comment faire confiance à un homme en qui son propre parti ne fait pas confiance ?) vous attribueront la responsabilité de la défaite. Ils reprendront le Parti socialiste, qui leur appartient, et tout l’effort de rénovation dont vous êtes porteur s’évaporera. Ils auront pour eux la victoire de M. Macron. Vous connaissez votre appareil : c’est un parti d’élus, l’essentiel de ses forces ira vers les forts, ceux qui paraissent les plus susceptibles de les faire élire ou réélire, qui seront ceux qui se sont ralliés à la «majorité présidentielle». Vous serez balayé, vous et tout ce que vous représentez, à quoi, justement, nous tenons.

Il y a une autre hypothèse : vous renoncez maintenant à votre candidature en faveur de Jean-Luc Mélenchon ; la dynamique que ce dernier a acquise lors des dernières semaines sera confirmée à tel point qu’un certain nombre d’électeurs anticipés de M. Macron se diront qu’il n’y a plus lieu de céder à l’argument du vote utile en renonçant à leurs convictions profondes et que Jean-Luc Mélenchon peut, tout aussi bien que l’ancien ministre des Finances, nous éviter un second tour entre ces deux nuances de la droite extrême que sont M. Fillon et Mme Le Pen ; ce mouvement se nourrissant de lui-même, la confiance attirant la confiance, le candidat de La France Insoumise pourra alors très vraisemblablement gagner l’élection présidentielle. C’est vous, et non pas M. Valls et ses amis, qui serez alors en mesure de suggérer à votre parti de rejoindre une alliance autour de la «majorité présidentielle», une majorité de gauche avec des nuances et des couleurs variées. Ne craignez pas de céder tout à M. Mélenchon. L’élection présidentielle est une chose ; les législatives, une autre. Vous pourrez au contraire encourager les Français à doter l’exécutif présidentiel d’une force législative constructive et critique, portée par un Parti socialiste rénové.

Je conçois les objections de principe nombreuses qui vous viennent à l’esprit. Comment pourrais-je priver de candidat les millions de citoyens qui m’ont désigné pour les représenter ? Mais ceux qui ont voté pour vous l’ont fait justement parce qu’ils souhaitaient une authentique alternative au sein de la gauche de gouvernement dont les ont privés depuis des décennies les cadres du Parti socialiste contre lesquels vous avez vous-même lutté. C’est en ne vous retirant pas, et donc en empêchant la victoire de cette réorientation, que vous les trahissez. Et vous ne nous ferez pas croire que M. Mélenchon n’incarne pas cette réorientation : lorsque vous vous croyiez le favori, vous le disiez assez. Certes, il y a d’importantes nuances tant de fond que de forme entre vos deux propositions, mais elles ne sont pas du genre qui méritent de nous condamner à reconduire la situation politique que nous connaissons depuis si longtemps, coincés entre des politiques d’alignement néolibéral et une menace néofasciste toujours croissante, l'une alimentant l'autre.

Vous ne nous ferez pas croire non plus que le même parti qui s'est retiré à l'unisson du deuxième tour des élections régionales pour «faire barrage au Front national», parfois au profit de droites très dures, n’est pas capable d’envisager de se retirer pour des raisons qui ne sont pas, pour une fois, uniquement négatives, qui ne tiennent pas exclusivement à l’épouvantail frontiste, mais visent à construire véritablement quelque chose, porter une espérance et ouvrir une perspective. Brisons la malédiction qui semble mettre depuis tant d’années le Parti socialiste du mauvais côté de l’histoire, du côté qui la rend toujours plus désespérante.

J’entends d’ailleurs avec surprise beaucoup de fidèles électeurs socialistes parmi mes amis s’indigner soudain qu’on les appelle au vote utile. Mais votre candidature n’est pas comme celle de M. Poutou une candidature de témoignage ou d’agit-prop. Cela a des avantages (il vous arrive d’être élu), mais aussi des inconvénients : la cohérence (et donc l’honnêteté véritable) exigent de vous que vous cédiez à l’esprit de responsabilité dont la gauche de gouvernement se revendique depuis toujours, autrement dit que vous fassiez des compromis douloureux pour faire gagner dans les urnes les grandes orientations que vous défendez.

Certes, en prenant seul cette décision, vous court-circuitez les appareils qui ont organisé la primaire. Mais ce sont les têtes dirigeantes du Parti socialiste, et d’abord M. Valls, qui ont vidé la primaire de son sens. L’appareil n’a pas su se défendre, il est même en réalité complice, vous ne lui devez rien. D’ailleurs, vous lui rendrez service. Reste la question des frais de campagne. Mais vous pouvez lancer une souscription populaire et je crois sincèrement que vous verrez alors quel bel élan populaire vous accompagne dans ce geste.

Monsieur Hamon, j’en appelle à votre esprit de responsabilité, à votre rigueur et à votre courage. Je crois en toute bonne foi qu’à la réflexion, vous devez vous-même vous rendre compte qu’aucune des objections au retrait de votre candidature ne tient à l’examen. Ne privez pas ceux qui vous ont porté d’une opportunité historique.

Si vous n’avez pas le courage d’accomplir ce geste d’espoir, alors ce n’est plus à vous que nous devons nous adresser mais à tous vos électeurs, pour les inviter à prendre, eux, cette responsabilité que vous n’avez pas le courage de prendre, pour qu’ils vous abandonnent massivement à la défaite certaine qui vous attend et portent leur suffrage sur le seul candidat aujourd’hui en mesure de rouvrir l’espace politique, Jean-Luc Mélenchon.

 

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Lettre à toi qui hésite à voter Mélenchon, par le Collectif des luttes

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Source : https://blogs.mediapart.fr/collectif-en-lutte/blog/110417/lettre-toi-qui-hesite-voter-melenchon?utm_source=twitter&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-67

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Ci-dessous la lettre qu'un ami, d'abord favorable à Benoît Hamon, a adressé à ses proches et à son entourage pour les convaincre que la solution la plus porteuse pour la gauche à présent, étant donné la dynamique des forces, ne peut être que le vote pour Jean-Luc Mélenchon. Si vous en partagez le contenu, n'hésitez pas à la diffuser et à la faire circuler dans vos réseaux.

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Chèr-e-s ami-e-s,

Je me permets d’envahir vos boîtes mail, une fois n’est pas coutume, avec un petit mot (très long en réalité…) qui concerne mes atermoiements et autres errances politiques. Vous allez vous dire : « Mais il est complètement cinglé ! Qu’est-ce qui lui prend ? », et évidemment je préfèrerais largement en discuter avec vous de visu, mais comme le premier tour de la présidentielle approche… et que nous n’aurons sans doute pas la possibilité d’en reparler d’ici là, je voulais vous dire – roulement de tambour – que mon choix pour ce premier tour est maintenant arrêté (ça vous fait une belle jambe), alors que j’ai longtemps fait partie des indécis de gauche (comme nombre d’entre vous).

 

Il y a bien sûr une part d’opportunisme (je le reconnais et préfère l’assumer), fondée sur les sondages les plus récents qui placent Mélenchon en troisième homme du premier tour. Comme le disent les analystes les plus chevronnés..., j’attendais de voir quelle serait la « dynamique » à l’approche du premier tour, sachant que l’électorat de cette présidentielle est inhabituellement volatil. En témoignent à la fois le nombre encore important d’indécis et les fluctuations des dernières semaines.

 

Si j’ai longtemps été indécis alors que j’ai déjà voté pour Mélenchon par le passé et que je suis l’un des millions de déçus du mandat de Hollande, c’est parce que pour moi la priorité était de voter pour le candidat de gauche qui aurait le plus de chances d’accéder au deuxième tour (sachant que l’« alternance » n’a jamais été une fatalité démocratique et que je ne vois pas pourquoi après Hollande, ce serait inévitablement un candidat de droite qui s’imposerait ! D’autant que si l’on respectait cette logique de l’alternance dite « démocratique », il conviendrait justement d’avoir un président de gauche après le mandat droitier d’Hollande…). Quand je dis candidat de gauche, je pense donc à quelqu’un qui rompe avec le hollandisme, concernant l’Europe, la finance, l’accueil des migrants, la lutte contre le terrorisme, la transition énergétique etc.

Même s’il a fait partie d’un gouvernement n’ayant fait preuve d’aucun courage et d’aucune lucidité sur tous ces sujets, et même s’il avait le profil décrié de l’apparatchik pur et dur, je faisais crédit à Benoît Hamon de présenter un projet de société en rupture avec le hollandisme (incarné, lui, par Macron) et en décalage par rapport à Mélenchon (dans le patriotisme duquel je ne me retrouvais pas complètement). Je le trouvais (et le trouve encore aujourd’hui) humble, convaincu et surtout visionnaire (en particulier sur les questions touchant au travail), mais… il semble n’avoir plus aucune chance de faire gagner la gauche.

Aujourd’hui, et même si je suis bien conscient que les sondages (auxquels je serais plutôt opposé par principe, puisqu’ils dispensent de voter en fonction de ses convictions) ne sont que des indicateurs qui ne font pas état de toutes les tendances d’opinion et encore moins de certains votes « cachés » (dont certains créditent Fillon ou Le Pen), l’écart est tel entre Hamon (9%) et Mélenchon (18%) que le candidat PS ne parviendra sans doute pas à reprendre toutes les voix que Macron et Mélenchon lui ont subtilisées ces dernières semaines. Samedi soir, il s’est même fendu d’une parole inouïe (révélatrice à la fois de son usure et de sa conviction qu’un projet de gauche doit l’emporter sur les logiques d’appareil, surtout quand ledit appareil est moribond…) lorsqu’il a dit qu’il voterait Mélenchon si celui-ci passait le premier tour ! Une anticipation tacite et indirecte de sa propre défaite, donc.

Dans une autre interview, il a aussi dit que si jamais il n’était pas qualifié, il irait faire une bonne sieste… Bref, il n’y croit plus (y-a-t-il vraiment cru ?) et s’est pris tellement de couteaux dans le dos qu’il est difficile de lui tenir rigueur de sa démoralisation.

Il y a ensuite la question du vote « utile » (utile pour tous ceux qui ne veulent pas avoir à choisir entre la peste et le choléra au deuxième tour), donc le vote Macron. En légère baisse dans les sondages (23%), ce dernier intéresse les électeurs de gauche au prétexte qu’il serait le seul à même de l’emporter face à Le Pen au deuxième tour, mais aussi parce qu’il éviterait que nous ayions à voter pour Fillon. Mais ce double argument tenait la route quand Mélenchon n’était pas si haut dans les intentions de vote. Aujourd’hui, Fillon stagne à 17% (autant dire que ses chances de passer au second tour s’amenuisent) et dans le scénario Le Pen – Mélenchon au deuxième tour, c’est bien ce dernier qui l’emporte haut la main (à 53 contre 47%).

Voter Macron ne relève donc plus du vote utile (d’autant qu’à mon avis, si nous avons 5 ans de macronisme, c’est le triomphe assuré du FN => une utilité à très court terme, donc…), mais du vote de conviction. Alors bon, je ne suis pas un militant rôdé, ni un politicien, ni un expert, et je serais bien incapable de démonter pièce par pièce le programme de l’ancien banquier (n'hésitez pas à me donner des arguments, d'ailleurs!), mais vous m’accorderez qu’aucun de nous ne peut dire avec aplomb qu’il s’agit là d’un candidat de gauche, soucieux de réduire les inégalités sociales… Si j’ai bien compris ses tirades alambiquées, il souhaite que les riches puissent être plus riches ; que les start-up prennent leur envol sans être contraintes par le code du travail ; que les jeunes travaillent sans compter car c’est la seule voie de l’épanouissement (comprendre : de l’enrichissement) ; et que l’individualisme, combiné au libéralisme, l’emporte sur des formes de solidarité jugées archaïques et dépassées.
À bien des égards, certes, il vaut mieux que Fillon ou Le Pen ! Mais à l’inverse des Le Drian et autres Delanoë, je préfère voter selon mes convictions au premier tour, quitte (même si je me plais à croire que je ne serais pas en situation de devoir le faire) à voter utile au second tour en donnant ma voix à Macron (comme je l’ai d’ailleurs fait pour Chirac en 2002 ou pour Hollande en 2012).

Un autre problème de taille, j’en ai déjà parlé avec plein d’entre vous (mais j’ai des nouveaux arguments à ce sujet !), est la « personnalité » de Mélenchon…
À tous ceux qui ne peuvent pas le supporter, parfois depuis des années, je dis… : oubliez la personne, son tempérament coléreux et ses postures arrogantes, comme il y invite d’ailleurs lui-même (c’est déjà bien d’être lucide, je trouve). Je peux comprendre, car il m’a agacé bien des fois, avec ses ficelles parfois grossières de populiste, ses diatribes systématiques et peu productives contre les médias, sa lyrique patriote, ses sorties glissantes sur l’Allemagne etc., tout en me séduisant parce qu’il ne manque pas d’humour (en témoigne, entre autres, le premier débat télé organisé avec les cinq « gros » candidats) et parce qu’il bosse comme un dingue, qu’il expose des idées fondées sur des convictions et que le renouveau démocratique qu’il propose place au second plan la question de l’incarnation.

Alors, bien sûr, tout le paradoxe est que Mélenchon sur-incarne la volonté d’en finir avec l’incarnation inscrite dans les institutions de la Ve République, et plus particulièrement dans l’élection présidentielle… Un tribun qui s’auto-héroïse, mais… qui souhaite mettre un terme aux cultes et aux dévotions que favorise la présidentielle, au profit d’une d’une intelligence politique collective (et non d’un management faussement anti-idéologique et non partisan), voire d’un « intellectuel collectif »…

Je crois en tout cas que la Constituante qui sera mise en place (puisque telle est la première mesure qu’il souhaite prendre) au lendemain de l’élection de Mélenchon, peut rassurer ceux qui lui prêtent des penchants ou des intentions autoritaires.

Au-delà de la personne, pour moi, les deux gros problèmes étaient sa poutinophilie supposée et son plan B de sortie de l’Europe. Sur le premier point, j’ai longtemps cru que Mélenchon, par un anti-atlantisme de principe, souhaitait privilégier l’alliance avec Poutine. Mais un article récent de l’hebdo Marianne, qu’on ne peut pas vraiment soupçonner de gauchisme…, met à plat toutes les déclarations du candidat concernant la Russie et le verdict me paraît sans appel : Mélenchon n’aime pas Poutine, ne le considère pas comme un démocrate et ne soutient pas son régime. Il dit qu’une guerre ouverte avec la Russie ne serait pas très habile sur le plan géopolitique, mais franchement…, il est difficile de ne pas lui donner raison ! (aucun candidat, d’ailleurs, n’a jamais défendu cette option). Cette supposée russophilie ne révèle donc pas un penchant de JLM pour les régimes autoritaires et liberticides.

Quant à l’Europe – qui, je crois, est un gros sujet de préoccupation pour nous tous, parce que dans le contexte du Brexit, du déploiement des impérialismes russe ou chinois et de la mondialisation du terrorisme, il apparaît quand même difficile que la France tire son épingle du jeu sans l’unité européenne… – j’étais vraiment inquiet parce que je croyais que le plan A n’était qu’une faribole et que nous passerions directement au plan B (qui, du reste, n’est même pas une solution de repli national qui serait comparable à ce que propose le FN, mais qui consiste en l’élaboration de nouveaux traités de coopération écologique, fiscale, scientifique, etc., en particulier avec les pays du sud de l’Europe, puisque l’Espagne, le Portugal ou l’Italie ont l’air motivés).

Mais Mélenchon me convainc quand il dit qu’il est possible de faire ce que Hollande n’a pas su faire (sans doute faute d’intérêt pour la question plus que de courage…) : la capacité de la France à renégocier les traités repose sur son poids économique (et accessoirement historique) au sein de la zone euro. Et entre nous, ce que Mélenchon propose de renégocier me semble pertinent, même si je ne suis pas du tout un expert en la matière ! (notamment en faveur de l’harmonisation fiscale, d’une nouvelle politique agricole commune, des services publics, et bien entendu de la renégociation des dettes).

Bon, voilà, vous imaginez bien que je n’ai aucune prétention à avoir raison et encore moins à vous dire quoi voter ! Je voulais en fait surtout vous faire part de mon grand espoir : celui que la gauche soit représentée au second tour (et puis, allez, j’avoue… voir Méluche manger Le Pen dans les débats d’entre-deux-tours, ce serait trop bon). Laissons le parti socialiste renaître de ses cendres (ou pas…), en espérant que ce soit sur le fondement du programme qu’Hamon a présenté à la présidentielle, et tâchons d’empêcher Fillon ou cette baudruche sans idées qui nous vend une société du contrat généralisé, d’accéder au second tour.
Je me dis que si les indécis de mon espèce, ou bien les vrais hamoniens (donc des gens de gauche, à qui le programme de Mélenchon peut plaire, au-delà même de sa personne qui peut exaspérer), ainsi que les « macroniens-par-défaut », et même les jeunes juppéistes !, si tout ce beau monde se rallie au programme de la France insoumise et si chacun d’entre nous arrive à convaincre au moins une personne de son entourage (évidemment, n’hésitez pas à m’écrire pour m’invectiver, hein J ; pour l'instant j'ai réussi à convaincre une grand-mère, mais elle est très influençable), Mélenchon peut monter, monter, monter, se hisser à 22-23% et se retrouver au coude-à-coude avec Le Pen. Qu’il écrasera comme il l’avait annoncé en 2012 sur le plateau de Pujadas, dans une interview qui, moi, me fait encore frissonner…

Bises à toutes et tous !

 

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