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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 05:04
  1. "Mélenchon président !", par Ariane Walter

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Source : https://www.legrandsoir.info/melenchon-president.html

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Il y eut un moment étonnant, lors du discours de Mélenchon, hier 9 avril à Marseille, quand quasiment toute la foule entonna « Mélenchon président ». Les dénégations de l’orateur qui demandait de ne pas citer son nom mirent un moment avant de freiner cette vague.

C’est ce moment qui me fait dire qu’il y avait dans cette foule bien des nouveaux car les anciens savent depuis longtemps qu’on ne prononce jamais le nom de Mélenchon. Qu’il n’y avait au PG, au FDG et à présent dans la France Insoumise aucun adorateur de gourou ! Aïe ! le culte de la personnalité !!

Mais les nouveaux, eux, emportés par un discours qui est pour moi un des plus beaux que Mélenchon ait jamais prononcé, porté par ses paroles, ayant soudain la confirmation que cet homme et son programme était le plus souhaitable et le plus humain, eurent envie de crier haut et fort leur conviction : c’est cet homme-là qu’ils voulaient comme président.

(Même au risque de se faire gronder !)

Oui, Ce discours fut le plus beau qu’il m’ait été donné d’entendre. Et mon honnêteté, qui me fit hier fulminer quand, à ONPC, Mélenchon déclara « qu’il pourrait demander son avis à Montebourg » qui aurait des connaissances utiles, quand on sait que ses connaissances sont surtout atlantistes, me pousse à témoigner, aujourd’hui, de ce que j’ai ressenti, le partageant avec tant d’autres, confrontée à la beauté du lieu , à la beauté du langage et à ce désir , si simple, qu’il faisait naître, d’harmonie, d’amour et de paix.

Car il s’agit de voter.

Je ne me contenterai pas d’un bulletin blanc ou d’une abstention. Je ressens, comme tant d’autres dans notre pays, un besoin d’engagement. Même si on sait les jeux abjects qui se cachent derrière ce leurre « demander l’avis du peuple » pour n’en tenir aucun compte ou bouffer, dans le silence des arrière-cours mafieuses, leurs représentants.

Pour qui voter ?

- Le premier que j’élimine avec dégoût est Macron. Lé télé-évangéliste hystérique gonflé à bloc par les multinationales et la Finance.

- Le second est Hamon, le faux frondeur, qui sous ses airs de révolutionnaire signe tous les 49/3 que l’on veut. La dernière émanation de ces fauxcialistes qui plutôt que de voter Mélenchon, préfèrent rendre la France à la droite la plus dure, puisqu’ils en sont aussi.

- Le troisième est Fillon. Je dois dire que j’ai admiré sa défense !!! Incroyable ! Par ailleurs ce qu’on lui reproche est roupie de sansonnet à côté des sommes pharamineuses que d’autres se mettent dans les poches. (En particulier lors de ventes d’armes.) Certes la droite veut sa vengeance et est prête à voter pour Fillon, quel qu’il soit, pour prendre le pouvoir. Il est évident que l’élection de cet homme serait la mort de notre pays qui deviendrait une nouvelle Grèce.

Restent Le Pen et Mélenchon.

Le Pen est portée par l’Histoire terrible de ce temps. Chaque trouble, chaque attentat la favorise. (Je ne veux même pas la traiter de « facho », ce qui serait flatteur pour elle puisque certains me traitent de « facho » moi-même !! Hihihihi ! The last place to be !!) Je pense que son score sera énorme. Elle sera portée par un cri de vengeance et de peur. Je ne voterai pour elle que si elle était opposée à Macron qui me paraît mille fois plus dangereux.

Reste Mélenchon.

Cet homme m’exaspère. Je l’admire et il m’enrage. J’en connais les faiblesses en particulier son appartenance à ce clan de gauche qui est pourri jusqu’à la moelle.

Mais à côté de tous les autres, c’est saint Augustin.

Voilà pourquoi je voterai Mélenchon au premier tour.

On va lui laisser une chance de surprendre malgré les immenses difficultés des coulisses.

Hier à Marseille, sous un ciel d’un bleu absolu, avec en arrière-plan cette mer dont il fit le sujet de son discours, face à une foule immense et peu à peu emportée, il prononça un discours dont certains dirent qu’il fut trop court ce qui en prouve la qualité.

Il était question de paix, d’amour, de beauté, de poésie. Mélenchon est le seul, pauvres humains que nous sommes ballottés dans ce monde infâme, à serrer le cœur et à conduire aux larmes. Couillu aussi le mec, car dire : « Ce qu’on m’a reproché en 2012, ici, je le redis », cela ne manque pas de panache.

Autour de moi, quantité de gens, de tous les horizons, me disent qu’ils voteront Mélenchon.

C’est une évidence qui monte jour après jour.

Il faut prendre cette chance pour notre pays.

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(2)  Discours pour la paix à Marseille : https://www.youtube.com/watch?v=yrjWwsV4zS4

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Poème sur la paix, lu en fin de discours

 

Le rêve de l’enfant, c’est la paix.
Le rêve de la mère, c’est la paix.
Les paroles de l’amour sous les arbres
c’est la paix.

Quand les cicatrices des blessures se ferment sur le visage
du monde
et que nos morts peuvent se tourner sur le flanc et trouver
un sommeil sans grief
en sachant que leur sang n’a pas été répandu en vain,
c’est la paix.

La paix est l’odeur du repas, le soir,
lorsqu’on n’entend plus avec crainte la voiture faire halte
dans la rue,
lorsque le coup à la porte désigne l’ami
et qu’en l’ouvrant la fenêtre désigne à chaque heure le ciel
en fêtant nos yeux aux cloches lointaines des couleurs,
c’est la paix.

La paix est un verre de lait chaud et un livre posés devant
l’enfant qui s’éveille.

Lorsque les prisons sont réaménagées en bibliothèques,
lorsqu’un chant s’élève de seuil en seuil, la nuit,
à l’heure où la lune printanière sort du nuage
comme l’ouvrier rasé de frais sort de chez le coiffeur du quartier,
le samedi soir
c’est la paix.

Lorsque le jour qui est passé
n’est pas un jour qui est perdu
mais une racine qui hisse les feuilles de la joie dans le soir,
et qu’il s’agit d’un jour de gagné et d’un sommeil légitime,
c’est la paix.

Lorsque la mort tient peu de place dans le cœur
et que le poète et le prolétaire peuvent pareillement humer
le grand œillet du soir,
c’est la paix.

Sur les rails de mes vers,
le train qui s’en va vers l’avenir
chargé de blé et de roses,
c’est la paix.

Mes Frères,
au sein de la paix, le monde entier
avec tous ses rêves respire à pleins poumons.
Joignez vos mains, mes frères.
C’est cela, la paix.

Yannis Ritsos (1909 - 1990)
Texte traduit du grec par l'auteur,
Revue Europe, août-septembre 1983
in Guerre à la guerre - Éditions Bruno Doucey - octobre 2014

Source : http://litterauteurs.canalblog.com/archives/2014/11/11/30919286.html

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