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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 11:29

« ….l’efficacité du discours d’un individu s’adressant à la foule laisse peu de place au bazar créatif, à la diversité et à la pluralité d’une époque de changement radical. Mélenchon n’a pas réponse à tout. Et ce n’est pas grave. »

D’où sort cette idée qu’il n’y a pas de bazar créatif ? Bien sûr lorsqu’on observe le résultat : Mélenchon sur les planches, il n’y a plus de bazar créatif, parce qu’il a eu lieu en amont. Le bazar créatif ce sont toutes les contributions dont chacun a pu se fendre et comme il l’entendait sur le sujet de son choix, ce sont toutes les auditions programmatiques,… , dont l’aboutissement, toujours inachevé, est le programme de la France insoumise. C’est ça le bazar créatif, avec, en plus, cette volonté de ne pas le rester à l’inefficacité de l’état de bazar, et donc de l’organiser pour : vous savez quoi ? Proposer le programme collectif le plus construit.

Tenir propos, même élogieux, ne consiste pas à inventer, pour faire preuve de conséquence, ce qui n’existe pas. Bon ! Cela dit : «… ce n’est pas grave ».

Exergue

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Source : http://www.regards.fr/web/article/le-double-effet-melenchon#comments

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Le candidat de la France insoumise a réussi son pari avec son double meeting holographique, symbole d’une campagne singulière qui remise les formes traditionnelles pour prendre celles d’une université populaire.

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12.000 à Lyon, 6.000 à Paris. Jean-Luc Mélenchon gagne le match de la participation aux rassemblements politiques du week-end. L’enjeu n’était pas mince pour le candidat de la France insoumise en ce jour d’investiture de Benoît Hamon, candidat élu par la primaire du PS. Mais c’est évidemment la nouveauté du procédé d’un meeting avec hologramme qui remporte l’attention. Et c’est mérité. L’effet est absolument sidérant. Sans doute aussi puissant que les débuts du cinématographe. Une impression de vérité bluffante.

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La politique est un combat

Jean-Luc Mélenchon peut se dédoubler, se démultiplier à l’infini. La voix puis l’image enregistrée le permettent depuis longtemps. En innovant avec l’utilisation de l’hologramme, Mélenchon vise juste. Il met l’accent sur une dimension qu’il a toujours portée, celle de l’incarnation de la politique. Il s’est fait showman depuis longtemps, arpentant la scène, lisant peu ses notes, imposant sa présence corporelle. Cette présence physique entre en résonance avec son idée de la politique et de l’engagement. Parfois au prix de dérapages, qu’il assume aussi. En 2011, il affirmait déjà qu’on ne peut voter pour « un poisson pané ». Il théorisait déjà son refus de l’être policé et lisse… La politique est un combat, on s’emporte, on crie, on bouge, on manifeste. Cela doit s’assumer.

Ce double meeting raconte aussi un rêve de Mélenchon. Tel un Hercule il veut, lui, remettre sur pied une gauche à la renverse, cette gauche à laquelle il s’identifie et qu’il veut prolonger. Il emboite le pas des "glorieux révolutionnaires" de 1789, de Hugo, de Zola, des canuts. Mélenchon s’enflamme. Prenant acte de la crise de toutes les formes d’organisation de la gauche et du mouvement ouvrier, contre les partis, contre les appareils, s’écartant du militantisme patient et quotidien, il investit les réseaux sociaux pour créer la plateforme France insoumise.

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En direct avec chacun et avec le peuple

Il n’a pas d’organisation : YouTube portera la bonne parole. Et ce n’est pas sans effet. 200.000 personnes le suivent sur sa chaîne. Il multiplie les rendez-vous, où il apparait seul, décontracté, jouant de connivence avec celui qui le regarde. Mélenchon se veut en direct avec chacun et avec le peuple. Il se représente comme un instituteur du peuple, que sa blouse grise boutonnée était chargée de raconter cet après-midi. Ces discours sont suivis sur les réseaux autant que dans les salles, parce qu’ils sont toujours riches d’explications, d’informations et de passion. Refusant qu’une organisation se manifeste de façon trop visible, Mélenchon interdit la présence de drapeaux. L’ambiance de ses meetings en est transformée : les cornes de brumes sont remisées, l’assistance est assez silencieuse : chacun écoute un cours d’une université populaire.

La campagne de Jean-Luc Mélenchon est l’alliage d’un classicisme dans les références, d’un modernisme dans les formes et les thématiques. Elle atteint un niveau de cohérence entre le fond et ses formes qui lui donne une puissance réelle. Elle s’inscrit dans la rupture de confiance d’avec la politique instituée. La forme choisie par Jean-Luc Mélenchon dynamise sa campagne, mais ouvre deux questions. D’une part que les médiations actuelles soient en crise ne signifie pas qu’il ne faut pas de médiations collectives, démocratiques, inscrites dans la durée. D’autre part, l’efficacité du discours d’un individu s’adressant à la foule laisse peu de place au bazar créatif, à la diversité et à la pluralité d’une époque de changement radical. Mélenchon n’a pas réponse à tout. Et ce n’est pas grave.

 

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