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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 06:06

Quel est le poids politique de Hamon?

 

Tout frais sorti de la primaire socialiste, n’ayant rassemblé personne on lui accorde tout le monde.

Pour l’instant, il avance masqué. Il est (H) Amon, ‘le caché’, ‘l’inconnaissable’. On ne sait sa vraie forme. Il est Hamon l’esbroufe. Celui qui étourdit.

Venu le temps de concéder aux uns car il y va de la survie du P(s) et d’en assurer la direction, il mécontentera les autres. Pour finir se videra comme baudruche. Alors on connaîtra son poids réel.

Exergue

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Source:  http://www.regards.fr/web/article/hamon-et-les-boulets-du-bilan

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Hamon et les boulets du bilan

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Contraint à la fois de s’affranchir du bilan du quinquennat et de ne pas le renier trop ouvertement, d’empêcher les départs vers Emmanuel Macron et de prendre des électeurs à Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon va devoir faire campagne sur un fil.

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Vainqueur de la primaire socialiste, Benoît Hamon est désormais engagé dans un délicat exercice de funambulisme : rassembler une famille socialiste divisée, tout en s’adressant à l’électorat de gauche qui rejette la politique gouvernementale. À bien des égards, cela relève de la quadrature du cercle et nécessite de maintenir en l’état bien des ambiguïtés, mais le candidat socialiste n’a guère d’autres choix.

Son objectif consiste à contenir tout mouvement de la droite du PS vers Macron, tout en essayant de siphonner l’électorat de Jean-Luc Mélenchon pour progresser. Sous nos yeux, se déroule donc une entreprise de haute voltige, parfois curieusement aidée par ses soutiens de la dernière heure.

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Le bilan, quel bilan ?

À peine élu par les électeurs de la primaire, Benoît Hamon a rencontré, le lundi 30 janvier, le premier ministre Bernard Cazeneuve qui lui a adressé une nette mise en garde : la gauche « ne réussira pas sans assumer le bilan du quinquennat de François Hollande, dont nous avons toutes les raisons d’être fiers des progrès qu’il aura grandement contribué à rendre possibles ».

Depuis, l’ancien ministre de l’Éducation louvoie et régate pour ne fâcher personne. Lors de la convention d’investiture, dimanche 5 février, il s’est attaché à défendre une partie du bilan du quinquennat, suscitant les applaudissements enthousiastes d’un Jean-Christophe Cambadélis tout sourire. Concernant ses critiques du quinquennat, il a été beaucoup plus timoré : « Ce bilan a laissé aussi des personnes mécontentes, qui le rejettent, qui le critiquent ». Effectivement, au vu des différentes raclées électorales subies par le PS ces dernières années, ces « personnes » ont l’air assez nombreuses. Concernant ces déçus du quinquennat, Benoît Hamon a ajouté : « Il faut tenir compte de ce qu’ils disent, de leur déception, de leurs inquiétudes, de leur mécontentement ». Comment ? En transformant cette colère « en une aspiration à construire quelque chose qui nous dépasse », nous répond le candidat socialiste.

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Najat Vallaud-Belkacem « soutient » Hamon

Certains à gauche semblent penser que le débat sur le bilan a été soldé par la non candidature de François Hollande et la défaite de Manuel Valls. C’est oublier un peu vite que, pour des millions de Français, la présidentielle commence à peine et que l’occasion de châtier la politique gouvernementale ne leur a pas encore été offerte. Or les faits sont là : pour la première fois, une expérience gouvernementale de gauche ne s’est traduite par aucune avancée sociale, aussi minime soit-elle, bien au contraire. Si assurément on ne gagne pas une présidentielle grâce au bilan, il ne fait aucun doute qu’on peut la perdre à cause de lui. La preuve par Nicolas Sarkozy.

Décidée à faire la campagne du candidat socialiste, Najat Vallaud-Belkacem a fait feu de tout bois le lundi 6 février : matinale de France Inter et interview de deux pages dans Libération. Il n’est cependant pas tout à fait certain que Benoît Hamon ait été pleinement satisfait par les propos de l’actuelle ministre de l’Éducation nationale. Cette dernière, qui défend le bilan du quinquennat « parce qu’il est bon », a tenu à souligner les différences entre le positionnement hostile d’Arnaud Montebourg et l’approche plus nuancée qu’en avait le vainqueur des primaires. Il est vrai que celui-ci, lors du premier débat télévisé, avait évoqué « un sentiment d’inachevé » là où l’homme à la marinière déclarait que le bilan était « difficile à défendre ».

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Les "équilibres" du pouvoir

La suite fut un peu plus originale, au point de valoir à Najat Vallaud Belkacem un article de fact-checking sur France Info. Qu’a-t-elle donc déclaré ? « Remarquez quand même que Benoît Hamon a voté tous les textes budgétaires par exemple. Que Benoît Hamon a bel et bien soutenu le CICE. Donc, il n’y a pas de sujet pour moi. » avant d’ajouter, de fait, que Benoît Hamon ne reviendrait pas sur la loi travail : « Si on parle de la loi Travail, par exemple, soyons clairs. Benoît Hamon, si vous lui posez la question aussi clairement que cela, ne vous dira jamais que la garantie jeune universalisée est un échec, ne vous dira jamais que le Compte personnel d’activité est une mauvaise chose. Il vous dira : "Sur telle ou telle disposition, je n’étais pas d’accord" ».

Et la ministre de rappeler le candidat aux "réalités" du pouvoir : « Lui-même, au fond, comment fera-t-il ? Il reprendra le dialogue social, puisque ce type de dispositions ne peut se faire que dans le dialogue social. Il se rendra compte à son tour que du dialogue social ressort de fait une série d’organisations qui soutiennent ces dispositions envers lesquelles il est si critique. Dans l’exercice de l’État, des responsabilités, il s’agit toujours de trouver des équilibres » (à réécouter ici).

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Le futur désirable et le passé honni

Il n’est pas sûr que Najat Vallaud-Belkacem ait rendu un immense service à “son” candidat. Mais il appartient aussi à celui-ci de démentir de tels propos et de lever les nombreuses ambiguïtés qui existent sur la politique économique.

Si, chez Macron, on est "et de gauche et de droite", chez Hamon il semble qu’on soit "et pour et contre" le bilan du quinquennat. Ces deux approches sont à l’évidence incompatibles et il ne peut exister de « futur désirable » qui fasse abstraction du “passé honni” de ces cinq dernières années. Le flou artistique ne peut perdurer, d’autant qu’une autre épine vient jeter un doute sur la sincérité de la campagne du candidat socialiste : la réalité des candidats PS investis pour les législatives. Outre la quinzaine de députés sortants ralliés à Macron et la vingtaine qui se tait, invoquant leur droit de retrait, l’écrasante majorité de celles et ceux qui sont investis font partie de cette majorité qui a tout voté. Pour le moins, il y a là de quoi jeter un sérieux doute sur la volonté, demain, de mener une autre politique.

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