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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 20:04

J’ai toujours pensé qu’être intelligent n’empêchait pas d’être d’une profonde bêtise. Quelque chose d’abyssal.

A entendre le propos, vient à l’esprit cette image : celle d’une femme marchant 2 pas derrière son époux.

Vient aussi celle de l’insulte faite à cette femme : sa mère. La mienne. La vôtre. A l’épouse, la compagne. A la femme.

Que ne propose-t-il pas de payer les femmes au tarif des hommes, les hommes à celui des femmes.

Poursuivons le raisonnement. Par extension, si c’est le salaire qui fait exploser les entreprises, il faut bien comprendre qu’on doit les réduire… tous. Même celui des hommes. Même celui de Barbier. Même celui de Carlos Ghosn (1), voir l’analyse.

Ah ! Quand on est chien de garde on ne s’en départit pas.

On lira ci-dessous l’article paru dans Marianne de Raphaëlle Leleu, porte parole d’Osez le Féminisme ! Article bien tendre à mon goût car Barbier n’a pas pour angle mort : les femmes, il a surtout un angle bien vivant : le libéralisme et le capitalisme.

Finalement, je reviens sur mon propos : le gars n’est pas bête. C’est pire.

Exergue

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http://www.marianne.net/agora-reponse-christophe-barbier-si-on-payait-les-femmes-femmes-100249141.html

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Jeudi 12 Janvier 2017 à 17:32

Raphaëlle Rémy-Leleu

Porte-parole d'Osez le Féminisme !

Réponse à Christophe Barbier : et si on payait les femmes... comme des femmes ?

 

Tout le monde veut l’égalité salariale. Mais Christophe Barbier a l’obligeance de nous expliquer pourquoi tout le monde a tort. Car si l’idée est bien “jolie”, elle est dangereuse pour notre économie… Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole d’Osez le Féminisme ! veut expliquer à Christophe Barbier que le véritable danger est de défendre un système violent et inique, le patriarcat.

Mardi 10 janvier, Christophe Barbier déclenchait la polémique en déclarant à propos de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes : « Les entreprises vont avoir beaucoup de mal à encaisser ce surcoût de main d’œuvre ». Il qualifiait même cette idée « d’utopiste », qui, si elle était mise en œuvre, obligerait les entreprises à licencier. En bon chien de garde, Christophe Barbier a essayé de défendre le modèle dans lequel il a prospéré : celui d’une économie patriarcale. C’est à dire un système où la surexploitation des femmes est source de valeur.

>> Pour Christophe Barbier, l'égalité salariale femmes-hommes serait un problème... pour l'économie !

Je pourrais m’arrêter et considérer que répondre plus en détails reviendrait à perdre mon temps. Sauf qu’en tant que femme, et en tant que féministe, j’en ai marre d’entendre et de lire que nous sommes responsables de tous les maux de la terre.

L’égalité salariale est une utopie ? Ça veut dire qu’on vous fait perdre votre temps. L’égalité salariale conduirait à des licenciements ? En fait, c’est ça notre plan machiavélique. D’ailleurs on a oublié de vous le dire, mais le chômage c’est de notre faute aussi : si on retournait à la maison, on libérerait des emplois. C’est peut-être ce que croit Christophe Barbier, au fond.

Alors avant même de démonter son raisonnement, j’aimerais m’étonner de la première phrase qu’il a prononcée pour introduire le sujet : “Si on paye les femmes comme des hommes, à compétences égales, et tout le monde le souhaite...”

Quel besoin avait-il de dire cela ? Alors que son propos visait justement à montrer le contraire ? Voulait-il se draper de bonnes intentions ? Se prémunir de la critique ? Anesthésier l’analyse féministe ?

Le souhait d'égalité n'est pas une pirouette rhétorique. La vague de réactions sur les réseaux sociaux a montré l’inefficacité du procédé. Le souhait d’égalité ne peut pas être brandi à tout bout de champ, ça n’est pas un talisman, ni une pirouette rhétorique. On le réaffirme dans la nouvelle campagne d’Osez le Féminisme ! : “L’égalité n’est pas une promesse. C’est notre combat.”

Il faut rappeler que le principe de l’égalité salariale est inscrit dans la loi depuis 1972, renforcée par différentes lois sur l’égalité professionnelle (Loi Roudy de 1983, loi de 2006). Et pourtant les écarts de rémunération restent énormes : 26% de différence de revenu entre les femmes et les hommes, 13% à poste égal, et 42% au moment de la retraite. Ces discriminations sont inacceptables et surtout illégales au regard des textes en vigueur depuis 45 ans. On ne dit donc pas “d’un seul coup” qu’il faut l’égalité salariale. L’égalité salariale n’est pas une utopie, c’est la loi. Ou quand les féministes défendent l’ordre juridique face à un éditorialiste anarchiste sévissant à l’Express

L'égalité salariale n'est pas une utopie, c'est la loiMaintenant, petite révision d’économie : les salaires ne sont pas un coût. Il faut sortir le nez du compte de résultat et se souvenir que les salaires sont la transaction qui permet à l’entreprise d’accéder à un travail, un travail qui lui permet de créer de la richesse. Et tant que l’on n’aura pas prouvé que la productivité d’un-e salarié-e ne dépend pas de la présence ou non d’un pénis dans son pantalon, embaucher une femme et la payer moins cher que son collègue masculin permet purement et simplement à l’entreprise d’augmenter cyniquement sa marge sur le dos des femmes. Ces inégalités salariales sont donc une manne qui permet mécaniquement aux entreprises de gonfler les salaires des hommes, et de grossir leurs bénéfices. Les supprimer n’est que justice.

Lors de cette intervention, Christophe Barbier réagissait à des propos de Jean-Luc Mélenchon. Il a résumé le tout en disant que ces “propositions sont assez jolies, assez utopistes, et finalement participent à une amélioration de l’humanité et ne tiennent pas la route quand on veut les appliquer”. Il fallait s’arrêter à “amélioration de l’humanité”. Quand on reconnaît que l’égalité salariale permet un tel progrès, il faut se donner les moyens de la réaliser. Agir autrement ça n’est pas seulement renoncer, c’est se compromettre. On ne peut s’empêcher de penser à la gamme d’arguments déployée par les états du sud des Etats-Unis, à l’époque où l’abolition de l’esclavage était à leurs yeux une terrible menace sur leur système économique.

Christophe Barbier a un angle mort, celui des femmes. Christophe Barbier est en fait plongé dans une dystopie effrayante qui l’empêche de réfléchir de manière rationnelle. Il semble convaincu que le système actuel est viable, et qu’il peut perdurer. Comme beaucoup d’autres, il a un angle mort, celui des femmes. Grâce à cela il est aveugle aux violences économiques que nous subissons de plein fouet, il ignore la précarisation spécifique à laquelle nous faisons face.

Payer les femmes comme des hommes n’est pas un surcoût. Nous ne voulons pas être payées comme des hommes. Nous voulons être payées, comme des femmes. Nous voulons êtes payées, tout simplement.

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  1. http://www.gaullistelibre.com/2015/03/carlo-ghosn-lhomme-qui-vaut-400-smics.html

 

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