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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 08:25

Les primaires de la droite, on comprend. On comprend parce qu’il est dans les gènes de la droite de se donner un chef. Vous n’avez jamais vu ou entendu parler de militants de droite plancher sur un programme. Pour la droite le chef et le programme ne font qu’un, si bien qu’on peut dire : le chef ‘est’ le programme.

A droite, on ne discute pas, on suit. Reste qu’il faut choisir le chef. Il doit plaire. Il  peut y avoir bataille entre divers prétendants, celui qui demeure est celui qui s’impose aux autres par la force ou la séduction, c’est le dominant qui fait sa place dans une harde.

Paradoxalement, en France, c’est le P(s) qui a mis les primaires à la mode. On peut comprendre dans cet évènement la marque de la droitisation de ce parti. Ce dernier n’étant plus en mesure d’établir un projet raisonné et collectif, n’a d’autre choix, l’individualisme ayant fait œuvre, que de proposer le choix entre différentes ambitions.

La primaire vient du fait qu’il y a pléthore de chefs. On devrait dire de chefaillons, car s’il était un chef il n’y aurait pas de chefs, signe de la médiocrité du moment où la gestion décérébrée l’emporte sur la vision, l’intérêt immédiat tue la perspective. Il faut les observer derrière le pupitre, élèves ridicules, l’œil fixe, soumis à la question, passer l’oral avec l’espoir d’être retenus.

Contrairement à l’apparence, dans la primaire le peuple ne prend pas place. On lui donne a choisir entre tel individu-programme et tel autre, tel brouet ou tel autre. C’est sa seule participation, alors même que le discours de tous, sur l’échiquier politique, est de dénoncer la rupture entre le peuple et les oligarques politiques.

Jadis, lorsque le PS n’était pas le P(s), la raison et la démocratie voulaient le programme élaboré collectivement par le peuple militant au travers de toute une procédure, puis porté par son 1er secrétaire. C’est la marque du socialisme que de socialiser la réflexion et la proposition. Ce parti, s’étant débarrassé de ses militants, réduit à être un appareil d’élus, devenu dans sa structure semblable à un parti de droite, la forme induisant le fond, est devenu un parti de droite, aussi ce qui paraissait paradoxal au début, à savoir que la primaire correspond à l’esprit de la droite, ne l’est pas pour le P(s).

Ainsi, l’invitation qui est faite au peuple-citoyen de participer à la primaire n’est qu’un leurre qui lui donne à penser qu’il choisit. Il ne choisit rien, sinon entre quelques vaniteux, quelques fiers à bras, et après avoir délégué la réflexion. En conséquence, le peuple-citoyen ne doit pas s’étonner que le chef étant désigné, puis élu, n’en fasse après qu’à sa tête puisqu’il est le programme.

L’esprit de gauche est tout autre. L’esprit de gauche ne se donne pas des candidats mais un programme. Pour cela, il met en œuvre une démarche de construction du projet authentiquement démocratique. L’esprit de gauche considère que l’individu est citoyen efficient dès lors qu’il contribue à la formation du programme et pas seulement au moment éphémère du vote. C’est là, une différence essentielle qui distingue entre la gauche et la droite, car il y en a bien d’autres, ainsi au niveau économique, social,…

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