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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 08:20

‘Si le radical, c’est l’idéal, oui, je suis radical. …… Dans ma pensée, Les Misérables ne sont autre chose qu’un livre ayant la fraternité pour base et le progrès pour cime. Maintenant jugez-moi ».  Victor Hugo, lettre à Lamartine.

Exergue vous invite à prendre connaissance des lignes ci-dessous extraites du livre Le choix de l’insoumission de J-L Mélenchon, puis à ouvrir le lien de la vidéo, partie du discours tenu à Toulouse, où il est traité du même sujet : des pauvres et de l’indifférence dans laquelle on les tient.

La pauvreté est une figure habituelle du discours politique, il faut y satisfaire pour témoigner devant les citoyens de son humanité, puis bien vite passer de ce sujet marginal à autre chose car ce n’est pas le point de départ ou le cœur de la politique.

S’il en est quelques uns pour s’abandonner un instant fugace, élection oblige, à cette rhétorique politicienne, il en est d’autres qui ne prennent même pas cette peine, ainsi Fillon, assuré que les derniers ici seront les premiers au paradis, et dont les propositions acculent le pauvre à davantage de pauvreté ; à cet effet, j’insiste, allez écouter son grand oral devant les patrons : http://exergue.over-blog.com/2016/12/le-grand-oral-de-fillon-devant-les-patrons.html

C’est un renversement de perspective qui est proposé par la France insoumise : regarder le monde avec ‘l’œil du pauvre’ pour bâtir ‘une méthode concrète de gouvernement’.    

A l’instant de choisir un titre, Victor Hugo a préféré ‘Les Misérables’ à ‘La Misère’. Un choix non neutre, pour mettre en évidence qu’avant tout il est question d’êtres humains.

Le sceptique ne croit en rien, hormis en son scepticisme. Il pense que rien n’est possible au seul fait qu’il n’a jamais rêvé du possible ou qu’il est déçu. Il se méfie de tout et de tous ; plaise au diable qu’il se méfie un jour de lui, alors jugera-t-il que le monde peut-être changé s’il donne sa chance à cette autre politique qui regarde avec l’œil du pauvre.

Exergue

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‘Regardons (..) avec l’œil du pauvre’. ‘Une méthode concrète de gouvernement’- ‘La pauvreté ce n’est pas la marge du système… c’est son cœur’.

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 p18 à 24 - Le choix de l’insoumission – J-L Mélenchon

«  En jargon actuel je dirais : le pauvre n’est pas objet de charité, mais sujet de combat commun...C’est précisément parce que nous sommes semblables que sa souffrance (est) insupportable ! Et non parce qu’il (est) là pour souffrir et mettre à l’épreuve ma charité… Je me souviens quand….. j’étais allé au forum social de Porto Allegre….le ministre de l’Enseignement supérieur… du parti de Lula…. explique : ‘nous allons réformer toute la politique de l’université et voilà comment nous allons faire : regardons l’université avec l’œil du pauvre’. …. Une analyse fulgurante pour moi…. cet homme en faisait une méthode concrète de gouvernement, et c’était formidable.… On avance beaucoup si on part de la condition du plus empêché.…. Dorénavant la pauvreté prend un autre sens dans mon regard sur la société… Trop longtemps je l’avais sous-évaluée. Comme un bon marxiste traditionnel, je l’avais mise sur le bord de l’assiette. Dans cette tradition politique, le pauvre, c’est la marge du système, c’est l’endroit où les divers dégâts des rouages de la société capitaliste s’accumulent et font un petit tas de débris sans rôle historique et ça s’appelle ‘les pauvres’ à la limite d’une catégorie très mal vue, le ‘lumpenprolétariat’, une sorte de caste d’intouchables.… et je finis par comprendre que je n’ai rien compris ! Que la pauvreté n’est pas la marge du système, que c’est son cœur. Que c’est aussi la peur de basculer dans le dénuement qui taraude centralement les classes moyennes et les passagers de l’ascenseur social en panne. Qu’un pauvre, chez nous, c’est un ancien inclus, quelqu’un qui a perdu tout ce qu’il avait. Notez : chez nous, dans les sociétés riches, l’essentiel des pauvres sont des gens qui se déclassent….Le déclassement social est le cœur de la nouvelle dynamique interne du capitalisme, où la richesse se concentre à un bout, et se retire de tout le reste du corps de la société. Les extrémités sont les premières à tomber dans le vide, mais tout le reste du corps s’anémie, et chacun se sent à la frontière du basculement social….Pour moi … (la pauvreté) est une question qui concerne la théorie politique, bien sûr, mais pas seulement. Cela me parle par sa dimension humaine. Il y a deux mille personnes par an qui meurent dans la rue. Ce n’est pas juste une statistique. Je vois des visages.… La vue des pauvres, le spectacle de leur humiliation est un exercice de dressage à l’égoïsme dont dépend la stabilité de cette société.… Au final, votre cœur s’endurcit, vous vous habituez à voir la pauvreté extrême… le système parvient à nous convaincre que les pauvres ‘l’ont bien cherché’, et qu’ils sont responsables de leur situation. Et donc le cœur des gens, dans la société du commun des mortels, se blinde à la souffrance des autres. Et c’est le début d’un processus intime qui n’a pas de fin…. Et puis après, ça va être les travailleurs pauvres, parce que, bon, ‘ils n’ont qu’à se débrouiller avec ce qu’ils ont’, et ainsi de suite. Et curieusement, autour de nous je vois qu’on s’identifie davantage au dominant qu’au dominé, à l’exploiteur qu’à l’exploité. Bien sur des gens se disent ‘oh, ce grand patron, il est beaucoup payé’…. . Mais bon, ces protestations ont surtout un sens moral. Personne ne se dit vraiment : ce type coûte beaucoup trop cher pour ce qu’il fait. Par contre, dès qu’il s’agit d’augmenter le salaire des ouvriers, hurlement d’effroi : ‘économiquement impossible’…. L’éradication de la pauvreté passe parfois par une dangereuse utopie parce que le commun se dit qu’il n’y a pas moyen de se payer ça. Pas un instant l’apport à la collectivité que serait le retour d’un pauvre à une vie sociale épanouie n’est envisagé. La leçon politique est qu’on peut commettre bien des fautes en politique mais qu’on est sûr de n’en commettre aucune en faisant le choix d’être du côté des pauvres… ».

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Mélenchon: «Il faut que quelqu'un parle des pauvres, dans cette élection !»

Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=eJ-SiQwbEiQ

 

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commentaires

carol 09/01/2017 21:50

Pour compléter, visionner le 8e épisode de «Pas vu à la télé», Jean-Luc Mélenchon reçoit Christophe Robert, délégué général et porte-parole de la Fondation Abbé Pierre​ pour parler de la pauvreté et de la précarité.https://www.youtube.com/watch?v=bdcMbUVfWRA

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