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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 10:51

Est-ce la ‘faute’ à Trump d’avoir gagné les élections ou celle d’Hillary Clinton de les avoir perdues ?

Le peuple est une construction.

Le peuple émerge aux Etats-Unis, ou plutôt deux peuples émergent. Celui des laissés-pour-compte d’Hillary Clinton dans le fil de la politique d’Obama, qui a trouvé un exutoire en Trump. Celui des manifestants anti-Trump, réputés démocrates, qui se réveillent ingénument au constat que de la boite à voter est sorti le diable.

Dans les 2 cas c’est Trump qui les fait se manifester, soit par ‘adhésion’, soit par répulsion. Pas Hillary Clinton.

Ne pas vouloir Trump signifie vouloir Hillary Clinton, fusse par défaut, défaut qui aurait été supporté, son programme politique n’ayant pas été interrogé.

Les laissés-pour-compte mettaient en œuvre le ‘eux’ et le ‘nous’, les manifestants le ‘lui’ et le ‘nous’. Le ‘eux’ renvoyant à la caste, le ‘lui’ à un individu et aux idées peu reluisantes qui l’habitent. Deux ‘nous’ qui s’ignorent, ne communiquent pas tant celui des laissés-pour compte n’a que faire des états d’âme des seconds, celui des manifestants étant indifférent à la détresse des premiers.

Deux peuples c’est certainement un de trop.

 *

Le  peuple des anti-Trump avait le choix. Il pouvait, lors des primaires, se porter massivement sur Bernie Sanders. Que ne l’a-t-il pas fait ? Peut-être n’en serait-il pas là, aujourd’hui, à manifester sa colère.

Pour ne pas avoir permis à Bernie Sanders de gagner la primaire, le sort des laissés-pour-compte n’étant pas de première urgence, satisfaits de la politique libérale proposée par Hillary Clinton, les démocrates ont jeté ces derniers dans les bras de Trump.

Deux ‘nous’ qui se fondent différemment, deux peuples dont l’un ignore la détresse de l’autre et n’entend pas l’observer, ce n’est pas bon. Ça sent l’affrontement possible.

 *

Imaginons Trump battu. On se dit que le peuple des laissés-pour-compte serait rentré chez lui comme il en a l’habitude. Le peuple des manifestants, quant à lui, serait resté à sa virtualité et n’aurait même pas eu le sentiment de l’existence de celle-ci. C’est dire qu’il est une catégorie de démocrates qui sont démocrates tant que l’exercice démocratique accomplit leur dessein, quasiment leur désir.

Avouons que c’est une bien curieuse conception de la démocratie que d’admettre le résultat des élections que lorsqu’il est favorable. Une conception qui a cependant tendance à se répandre. Qu’on en juge.

Lorsque le Brexit a été approuvé par une majorité de britanniques, quelques uns se sont demandés s’il ne fallait pas rejouer les élections jusqu’à ce qu’infirmation s’en suive ; ils ont même pétitionné pour cela. Peu de temps auparavant, le peuple grec ayant voté contre un mémorandum s’était vu contesté son vote démocratique par un Yuncker qui avait fait savoir qu’ « il ne pouvait y avoir de vote démocratique contre les traités ». Et, en 2005, en France, le TCE rejeté par le vote populaire, l’oligarchie démocrate de ce pays, réunie en Congrès a démis le peuple. Et il n’est pas jusqu’aux USA et à leur alliés, soucieux de longue histoire de démocratie, à se faire un devoir de l’exporter en Irak ou ailleurs, en Amérique latine aux travers de putschs salvateurs. Alors pourquoi ne manifesterait-on pas aux States même pour contester le vote populaire ? Hein ! pourquoi ?

Ah ! démocratie quand tu nous tiens, que ne ferait-on pas en ton nom ?

*

Il est temps d’en venir sur les élections présidentielles françaises prochaines.

D’abord dire que si le FN gagne les élections présidentielles, pour ma part, la rage au ventre, je n’en contesterai pas le résultat. Les électeurs l’auront majoritairement choisi, qu’ils en dégustent la politique jusqu’à satiété. Qu’ils en soient goinfrés. Idem, s’il advient que le choix se porte sur un candidat LR ou P(s) dont on connait pourtant la soupe. C’est ainsi qu’on apprend : à ses dépends, après s’être dit, évoquant les uns, sans regarder plus loin que le bout de son nez : « On va les essayer », ou qu’on reste chez soi par écœurement, le tout sans faire l’effort d’observer qu’il y la France insoumise.

Mon petit doigt me dit, qu’en France, dans le cas d’une victoire du FN, il n’y aura pas de manifs. Parce que le FN absorbe comme une éponge et LR et le P(s). Parce que le FN accédant au pouvoir termine sa longue marche pour intégrer le système. Parce que M. Le Pen a été progressivement dédiabolisée par tous tandis qu’on diabolisait Mélenchon. Tout au plus, au second tour, en cas de duel entre le FN et LR/P(s), un appel au célèbre Front républicain, dont je doute au cas où ce serait un duel entre le FN et la France insoumise.

Par contre s’il y a des manifs, elles seront contre la France insoumise ayant accédé au pouvoir et venu troubler l’ordre ‘oligarco-démocratique’, pour finir une magnifique manif réactionnaire descendant les Champs élyséens.

 

 

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commentaires

AUPETITGENDRE JF 16/11/2016 09:34

Depuis l'élection de Trump, le "peuple" est souvent invoqué. Il serait bon de rappeler que le peuple en question, celui qui a élu Trump c'est moins de 30% des Américains. Avec 48% d'abstentions, il serait plus juste de dire que le "peuple" n'a voté ni pour ou contre Trump ou Clinton, mais contre le système, contre l'establishment politique. Il serait plus juste de se demander qui est le peuple de Trump plutôt que de se demander comment le "peuple" l'a élu...JFA

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