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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 14:44

Source : http://www.regards.fr/web/article/marie-george-buffet-le-choix-d-une-candidature-communiste-nous-isolerait

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Marie-George Buffet a pris parti pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon. La députée communiste estime que le PCF doit lui aussi prendre cette option, seule susceptible de faire barrage aussi bien au libéralisme qu’à la droite et à l’extrême droite.

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Regards. Le Conseil national du PCF a privilégié un recours à une candidature communiste contre un soutien à la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. C’est une surprise ?

Marie-George Buffet. Oui, parce que ça n’est pas le discours que nous avons tenu, nous communistes, depuis des mois. Nous appelons au rassemblement des forces alternatives à gauche, précisément pour faire gagner la gauche. Le choix d’une candidature communiste alors qu’il existe une dynamique autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, nous isolerait. Je suis donc surprise, et inquiète pour l’avenir de mon parti. Mais surtout inquiète pour le mouvement populaire, pour celles et ceux qui souffrent au quotidien de la précarité. Je ne me résous pas à l’idée que l’élection présidentielle soit gagnée par la droite extrême ou l’extrême droite.

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Les militants peuvent-ils renverser cette tendance ?

Je l’espère, parce qu’il y a urgence. Nous devons faire le choix du soutien à Jean-Luc Mélenchon, du partenariat avec France insoumise. Ce choix est le seul, aujourd’hui, en capacité de réunir largement et de gagner à gauche pour battre la droite et l’extrême droite. Je sais aussi qu’il y a des militants qui pensent qu’un candidat communiste à l’élection présidentielle est nécessaire pour faire vivre notre parti et ses propositions. À ces camarades, je demande : pourquoi nous battons-nous au quotidien ? Nous devons partir de là pour faire un choix juste pour notre pays. Et si l’on se bat, c’est pour changer, améliorer les conditions de vie de tous et toutes.

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C’est la stratégie de Pierre Laurent qui a été mise en échec, d’après vous ?

Non. Il y a des responsabilités de part et d’autre. La charte de la France insoumise, par exemple, me semble contestable sur le fond comme sur la forme. Quand il est écrit que les députés du groupe de la France insoumise devront s’imposer une discipline de vote, je dis non. En tant que députée, je tiens à ma liberté de vote. Mais tout ça se discute, ça ne doit pas nous empêcher de rejoindre la dynamique, et de débattre. Par ailleurs, la décision de Pierre Laurent, à la veille du Conseil national, a été très courageuse. Il a toujours milité pour le rassemblement. À partir du moment où les écologistes ont leur candidat et que les frondeurs font campagne dans la primaire socialiste, la question se posait différemment. D’où cet appel à soutenir Mélenchon.

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Si Arnaud Montebourg venait à gagner la primaire socialiste, Pierre Laurent a dit que cela changerait la donne à gauche. Vous partagez cette analyse ?

Je crois pour ma part que sur le fond, les candidatures au sein de la primaire socialiste d’Arnaud Montebourg et de de Benoît Hamon ne conduisent pas à en faire des candidats de la gauche alternative. Et puis, je suis l’actualité politique. Tout se prépare pour que ce soit François Hollande ou Manuel Valls qui portent les couleurs des socialistes. Donc je pense que c’est une illusion de croire qu’il nous faut attendre le résultat des primaires socialistes pour nous prononcer sur notre stratégie pour les échéances de 2017.

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On vous pose la question souvent, à la veille des élections notamment, mais pensez-vous que le PCF joue sa survie dans cette future élection ?

C’est vrai que nous avons été affaiblis au cours des dernières échéances présidentielles, de 6,76% en 1988 à 1,93% en 2007. Nous avons aussi perdu des collectivités même si, et cela est intéressant, nous en avons gagné ou regagné quelques autres. Lorsque nous avons créé le Front de gauche, nous avons engagé une nouvelle dynamique qui a profité au parti – précisément parce que nous avions fait le choix du rassemblement et de l’ouverture. Je me souviens de l’enthousiasme de cette campagne de 2012. Si aujourd’hui nous nous isolons encore, nous connaîtrons, je le crains, un nouvel affaiblissement.

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Depuis l’élection de Trump, l’impensable étant désormais possible, que dites-vous à ceux qui à gauche, vous accusent de faire le jeu de Marine Le Pen ?

Ce ne sont pas les propos de de Jean-Christophe Cambadélis [ndlr : « La Gauche est prévenue ! Continuons nos enfantillages irresponsables et ça sera Marine Le Pen »] qui va nous permettre de battre la droite et l’extrême droite. Les choix libéraux du gouvernement sont les premiers responsables de l’échec de la gauche. Nous avons une responsabilité à gauche, nous ne pourrons faire barrage à la droite extrême et l’extrême droite qu’en étant contre. Nous avons besoin d’une levée progressiste de l’électorat populaire. Ce qui me terrifie, c’est quand des gens de gauche, désespérés, me disent qu’il faut voter Juppé plutôt que Sarkozy. On ne peut accepter ce choix illusoire et contraint. Pour faire barrage à tous les libéraux et réactionnaires, il faut retrouver espoir, perspective, alternative à gauche. Dans le contexte de la présidentielle, pour être crédible, cela appelle une candidature de rassemblement.

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Est-ce que Jean-Luc Mélenchon peut gagner l’élection présidentielle ?

Si nous parvenons à créer une dynamique plus large encore autour de sa candidature, nous pouvons y arriver. Il ne s’agit pas de faire de prophétie, mais quand on s’engage dans un combat, pour un idéal, pour ses convictions, c’est pour gagner. Pas pour témoigner. Il y a trop de misère et de pauvreté. Et les urgences sont nombreuses. Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre.

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Qu’allez-vous faire pour que cette dynamique autour de Mélenchon soit plus large encore ?

Nous devons convaincre. Et je compte sur les communistes pour cela. Le choix que nous ferons le 24 et 25 novembre sera très important. Parce que si nous validons le soutien à Jean-Luc Mélenchon, de nombreux autres, parmi les frondeurs, les écologistes, du mouvement social, vont se dire que c’est de ce côté-ci que se passe la dynamique à gauche. Ce qu’a dit Noël Mamère à votre journal, à propos de la candidature de Jean-Luc Mélenchon [« candidature de combat de Mélenchon contre candidature de témoignage des écologistes »], va également dans ce sens. C’est partagé chez d’autres écologistes. C’est pour ça que notre décision sera décisive. Elle aura sans doute un effet positif chez d’autres hommes et femmes de gauche tentés par cette dynamique porteuse d’espoir.

 

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