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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 08:34

E. Coquerel propose, ci-dessous, quelques explications sur la charte (projet pouvant être amélioré) à laquelle devront souscrire les candidats de la France insoumise aux législatives, charte fort utile car elle évitera les errements qui ont fait voler en éclats le Front de Gauche aux législatives et aux régionales.

Pour ce qui concerne les députés fraîchement élus, la ligne de conduite fixée et acceptée, il ne devrait pas y avoir de difficulté particulière. Qu’en sera-t-il pour les élus régionaux, alors que la charte n’existait pas ? Par souci de cohérence on doit supposer que, dès lors qu’ils souscrivent à la France insoumise, cette charte s’impose à eux, ce qui prohibera des alliances à géométrie variable, contre-nature, surtout dans les régions où le P(s) tient la présidence et joue des uns contre les autres.

Exergue  

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Source : http://www.eric-coquerel.fr/node/548

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2 Novembre 2016

 

Quelques explications sur le projet de Charte politique pour les candidats investis par la France Insoumise aux élections législatives avant la rencontre de l'espace politique avec le PCF

Ce mercredi une délégation de l’espace politique de France Insoumise rencontrera officiellement le PCF. Cette réunion fait suite à la demande de Pierre Laurent de rencontrer Jean-Luc Mélenchon en tant que candidat à la présidentielle. A ce stade, au vu de débats, il est apparu plus logique et efficace qu’une délégation de l’espace de la campagne composé justement des représentants des partis et courants qui soutiennent Jean-Luc Mélenchon (Leila Chaibi, Christian Audouin et Françoise Quainquard (communistes insoumis), Danièle Obono (Ensemble Insoumis), Roger Tropéano (NGS) et moi-même pour le PG), discutent avec la représentation d’un autre parti susceptible de les rejoindre.

Lors de cette rencontre, nous présenterons une charte politique issue des travaux de la direction de la campagne, des enseignements tirés des ateliers qui ont eu lieu sur ce thème à la première convention des insoumis à Lille et des réflexions de l’espace politique. Cette charte a connu plusieurs versions. Elle peut naturellement être encore discutée pour être précisée si nécessaire. Mais ses points clefs ont déjà été amplement débattus dans les cadres cités au dessus. Ils ne peuvent donc être rabotés car ils engagent la nature du projet que contient le label commun « France Insoumise ». Le document sera finalisé après l’approbation des signataires de France Insoumise. Mais comme elle est déjà commentée dans la presse, qui plus est à partir d’une version ancienne, et que ce mercredi elle sera montrée à la direction du PCF, il est devenu nécessaire d’en expliquer les principales caractéristiques, tâche dont je m’acquitte dans cette note.

Elle part d’un principe simple : les élections législatives sont plus que jamais liées à l'élection présidentielle. Il n'y a pas 577 élections ayant chacune sa propre dynamique et sa propre stratégie électorale. Chacun comprendra que c’est une obligation si nous voulons une majorité à l’assemblée en cas d’élection à la présidence. C’est bien l’objectif.  Dans tous les cas, c’est nécessaire pour avoir le plus possible de député-e-s pour mener la bataille pour nos idées dans l’hémicycle et dans la société.

C’est si évident que pas un des candidats visant la victoire en 2017, et son parti ou mouvement qui le présente, n’ignore cette règle de bon sens. Pourtant, le FDG l’a méconnu dans le passé..

A bien des égards, cette charte tire d’ailleurs les enseignements des erreurs commises par le FDG après les 4 millions de voix obtenus par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. Quelques semaines après, lors des législatives, l’ensemble des partis qui composaient cette alliance réunirent moins de la moitié des voix de son candidat à la présidentielle faute de véritable campagne nationale. La suite fut pire encore.

On ne recommence donc pas les mêmes erreurs.

La charte part d’un candidat commun à la présidentielle, d’un programme « l’avenir en commun » qui a réclamé des mois de travail, d’auditions, de contributions individuelles ou de partis soit bien plus que « l’humain d’abord » dont il est issu.

Ensuite elle donne donc les garanties d’une campagne liant présidentielle et législatives. Ce qui signifie que dans les 577 circonscriptions, les candidat-e-s investis par France seront identifiés par le même label national présent dans le matériel de campagne. C’est un gage d’efficacité pour une élection qui, doit-on le rappeler, n’est pas locale mais justement nationale.

Au soir des élections, hors de question de prendre le risque de voir déformé notre résultat. Il n’y a jamais eu meilleure (pire en fait) démonstration du caractère maintenu de cartel du FDG que ces soirées électorales réduisant son résultat à X % pour le PCF, X% pour le PG quand ne s’invitait pas aussi un % rangé en DVG ! Chacun là aussi comprendra à quel point cet éparpillement a été préjudiciable à la progression d’un FDG incapable de totaliser ses voix.

Pour cela, tous les candidat-e-s doivent être rattaché-e-s à la même étiquette politique « La France insoumise » lors du dépôt de candidature et donc à la même association de financement. J’ai bien compris que cette question, qui touche au financement des partis, est la plus sensible. On vient de voir pourquoi cette mécanique est indispensable pour ne pas revenir aux errements du passé. Pour autant, il n’est évidemment pas exigé d’un parti désireux de soutenir Jean-Luc Mélenchon et la démarche France Insoumise qu’il se dissolve. Un mécanisme d'accords de reversement entre cette association de financement et les candidats aux législatives ou le groupement politique particulier qu’ils désigneront est donc prévu. Pour la première comme pour la seconde fraction du financement public. On sait que cela fonctionne car figurez-vous que ce n’est pas chose nouvelle : pour les législatives de 2012, une association de financement commune, nommée « Force de gauche », a été créé entre le PG, Gauche Unitaire et une composante de l’actuel parti « Ensemble » ! Elle fonctionne d’ailleurs toujours et a permis le reversement des finances publiques depuis toutes ses années aux composantes de l’accord. De même, une association commune a prévu un pareil reversement pour la 2ème fraction du financement public (celle des déput-é-es élu-e-s). Bon prince, le PG avait même accepté que ce soit celle du PCF… Pour le PG, elle a fonctionné tant que son unique député élu, Marc Dolez, est resté membre de notre parti. Pourquoi ce qui a fonctionné ne serait-il plus possible ?

Enfin, parmi les exigences demandées aux candidat-e-s investie-e-s par France Insoumise figurent ce qui était considéré comme un minimum d’engagement collectif naguère. Et d’abord celle-ci : une fois élu-e il respecte la discipline de vote du groupe lorsqu’une décision collective a été prise conformément au programme l'Avenir en commun ! Respecter le programme c’est un minimum ! Ensuite que chaque élu assume au nom du groupe au moins deux réunions publiques par an hors de sa circonscription pour faire un compte rendu de mandat. Enfin la charte prévoit de  respecter, pour le coup je cite, « une coopération politique avec le mouvement France insoumise, quelle que soit la forme que les signataires lui auront donné alors, afin d'examiner ensemble les projets de loi les plus importants, s'accorder sur les propositions à porter aux débats de l'assemblée nationale et le consulter pour chaque vote important et notamment celui du budget de l’Etat et de la sécurité sociale ». Je cite car j’ai cru comprendre que pour André Chassaigne il s’agissait là du « retour au fonctionnement de la IIIe Internationale, avec un chef qui dicte la décision ». Je laisse au député du Puy-de-Dôme la responsabilité de ses critiques de celle qui fut l’Internationale de son parti, chacun comprendra que je ne souhaite pas m’immiscer dans un débat peut-être interne. Mais à la lecture de cet extrait de la charte on constatera qu’il est difficile de réduire une « coopération politique » au diktat d’un « chef » à ses député-e-s. Seulement là aussi chat échaudé craint l’eau froide : depuis 2012, toutes les composantes du FDG ont dû accepter que son groupe d’élus lui « dicte ses décisions ».  Que le PCF ait pris pour règle une totale autonomie de ses élus le regarde évidemment mais ce n’était pas nécessairement celles des autres partis qui composaient le FDG. Pourtant tous ont du s’y résoudre ! Se donner des garanties pour que dans l’avenir il y ait au moins une coopération sur les principales lois entre les élu-e-s groupe et celles et ceux qui ont fait campagne pour les élire paraît quand même loin de la dictature de Staline. C’est tout simplement la logique pour un mouvement reposant sur une citoyenneté active et participative.

Enfin, en plus d’engagements évidents sur le comportement exemplaire que doit avoir un élu-e qui promeut la 6ème République, la Charte rappelle que France Insoumise reprend le fil originel de ce que voulait être le FDG en mettant en place des structures d’adhésions directes permettant à toute personne, appartenant ou pas à un parti, de peser dans les processus de décisions collectives. D’où le lien et le travail entre des assemblées citoyennes de circonscription formées pour l’occasion et un comité électoral national. Il sera représentatif de ce qu’est la campagne de France Insoumise. Cette méthode a été jugée par l'équipe de direction de campagne de France Insoumise, les composantes de l'espace politique et notre candidat comme le seul moyen de garantir que soit réellement respectée une stricte parité des candidatures, la diversité sociale du pays et la diversité politique des signataires de la France Insoumise. 

 

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