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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 19:16

‘François Hollande perd jusqu'au soutien du patron du Parti socialiste’ lit-on en titre de l’analyse de S. Attal (voir ci-dessous). Le ‘jusqu’au’ ne manque d’éloquence.

Sur qui vont se reporter les faveurs lors des primaires solfériniennes ? Nous le saurons, à l’occasion de la nuit des longs couteaux.

Ça a quand même du bon les primaires !

Exergue

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Source : http://www.france24.com/fr/20161024-cambadelis-valls-presidentielle-francois-hollande-soutien-patron-parti-socialiste-ps

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Sur France Inter lundi, Jean-Christophe Cambadélis a reconnu qu’aujourd’hui, aucun socialiste ne serait en mesure de figurer au second tour. Il ne cache plus que Manuel Valls incarne le meilleur espoir du PS à la présidentielle.

Jean-Christophe Cambadelis a choisi ses mots, mais le message est limpide. S’il soutient encore François Hollande, c’est comme la corde soutient le pendu. Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) a résisté à ceux qui envisageaient un putsch. Sans doute un accès de décence et de respect pour les institutions qui le poussent à ne pas simplement prier un président de la République, issu de ses rangs, de ne pas se représenter. Néanmoins, interrogé lundi 24 octobre sur France Inter, il a été parfaitement clair : si aucun socialiste ne paraît en mesure, on ne dit même pas de gagner mais simplement de figurer au second tour, "Manuel Valls est celui qui a aujourd’hui le plus de possibilités."

Cambadélis, Valls lui-même, qui a juré loyauté au président qui l’a nommé, et toute la "hollandie" marchent sur des œufs. Mais la sortie du livre "Un président ne devrait pas dire cela" (entretiens de François Hollande avec les deux journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme), a servi, selon Cambadélis, de "catalyseur" : "Il y avait beaucoup de préventions avant et ce livre a permis de les cristalliser, alors qu’elles étaient tues à l’intérieur de la gauche." Traduisez : Hollande annoncera sa décision quand il le voudra (en décembre), elle lui appartient, mais personne ne se sent plus lié par une attitude que beaucoup jugent "suicidaire".

S’il n’y avait que le livre et les 15 % de cote de confiance. Même la branche à laquelle Hollande se raccrochait, soit la présence de Nocolas Sarkozy à la présidentielle, paraît de plus en plus fragile, alors qu’à quelques semaines de la primaire de la droite, Juppé prend le large dans les sondages.

Bref, toute la famille constate que François Hollande est en phase terminale. On reste dignes, on peut même avoir du chagrin. Lui seul peut décider d’abréger ses souffrances, mais la vie continue.

Meilleur indicateur, l’avocat Jean-Pierre Mignard, qui n’est pas un cadre du PS, mais néanmoins un ami intime du chef de l’État, veut lui éviter une "humiliation".

Reste à sauver si possible l’honneur du PS, ou au moins les meubles. Car après la présidentielle, il y a des législatives et, comme l’a expliqué le 20 octobre Manuel Valls à Tours, et que répète son allié "Camba", le risque n’est pas tant la défaite, que chacun sait inévitable, mais plutôt de voir l’opposition socialiste disparaitre pendant 10 ou 15 ans. Celle-ci pourrait être remplacée au Parlement par un Front national qui aurait réussi à propulser sa candidate à la première place du premier tour, et dans la rue, par l’ultra- gauche anti-capitaliste, qui s’est notamment illustrée dans le feuilleton de la Loi travail.

Valls tente de mettre un peu de rouge

Valls avait sans doute fait une croix sur 2017, se réservant pour 2022 dans de bien meilleures conditions. Il semble que le Premier ministre se soit finalement décidé à faire ce sacrifice. Il sait parfaitement que ses chances d’être élu sont infimes. Mais s’il souhaite ardemment entrer un jour en patron à l’Élysée, il pourrait trouver avantage à défendre les couleurs de la gauche réformiste, social-démocrate, qui est en passe d’être tout simplement avalée sur son aile gauche par Jean-Luc Mélenchon, sur son aile droite par Emmanuel Macron, ou même par Alain Juppé pour lequel un certain nombre d’électeurs du centre gauche sont tentés de voter dès la primaire de la droite.

À ce jeu-là, le PS, ou ce qu’il en resterait, pourrait bien se retrouver "corbynisé", comme le Parti travailliste britannique. S’il est celui qui limite la casse et préserve la dignité des électeurs de la gauche modérée, cela peut s’avérer un bon investissement.

Cambadélis s’est donc décidé à épauler l’opération "reconquête" du PS du Premier ministre. Elle est pourtant tout sauf assurée d’aboutir. Pour nombre de socialistes, à commencer par les frondeurs, Valls est jugé trop droitier. Il n’a même pas bronché devant le projet de déchéance de nationalité qui est resté en travers de beaucoup de gorges. Valls tente donc de mettre un peu de rouge. Et aussi un peu d’eau dans sa laïcité de combat.

Il sait sa personnalité clivante, mais en posant l’urgence de l’unité des socialistes (sous-entendu derrière lui), il tente de convaincre que l’heure est trop grave pour les stratégies personnelles.

En effet, s’il incarne sans doute encore une ligne majoritaire au PS, Valls n’est pas assuré de remporter la primaire, qui peut tourner au jeu de massacre si la gauche "anti-libérale" se mobilise contre lui. Il tentera donc de convaincre Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Marie-Noëlle Lieneman, qui occupent tous le même créneau critique du hollandisme, qu’ils ne feraient pas le poids face à un Mélenchon, car ce dernier a l’avantage de ne jamais avoir soutenu le président.

Mais les trois candidats de la gauche du PS ne laisseront pas facilement la place. Ils objecteront que Valls n’est pas le mieux placé pour sortir le PS du trou puisqu’il devra répondre d’une partie du bilan du quinquennat.

Valls doit aussi convaincre le dernier carré de la "hollandie" (des ministres comme Le Foll, Le Drian ou Royal) de le rallier. Pour l’heure, ils se taisent. Mais ils ne doivent plus être très motivés pour aller au carnage avec leur ami.

Tout cela a des allures de veille de congrès socialiste. Bien malin qui saura faire la synthèse puisque l’on ne peut même plus demander au spécialiste qu’était François Hollande. Il n’est pas sûr que cela amuse beaucoup les électeurs de gauche qui se sentent de plus en plus orphelins.

 

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