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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 06:05

Nul n’était besoin de questionner au travers d’un QCM pour savoir que les gens veulent ‘un meilleur salaire et de meilleurs revenus’. S’il était nécessaire d’avoir un ‘socle programmatique’, il en était un : celui de l’Humain d’abord auquel le PCF a contribué. Tout ça, c’est du foutage de gueule, comme on dit maintenant. Les citoyens ne s’y sont pas trompés, on attendait 500 000 questionnés, ils étaient 65 000 en arrivant au port.

Toute cette foire serait sans importance si elle n’avait pas d’incidence sur les résultats de la gauche alternative aux élections présidentielles, si elle ne laissait pas le champ libre à ‘un duel droite-extrême droite au second tour’ comme le souligne M. Cohen-Séat, ex dirigeant du PCF.

Exergue

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Source :http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2016/10/08/a-defaut-de-candidat-pour-2017-le-pcf-elabore-son-programme_5010352_4854003.html?utm_content=buffercbdba&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer#xtor=RSS-3208

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Occuper le terrain pour gagner du temps. Tavailler un programme en attendant de trouver un candidat pour 2017. « Samedi, on entre en campagne ! », affirme Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti communiste. Le PCF devait rendre public, samedi 8 octobre, le bilan d’une consultation lancée en avril. A l’époque, la formation dirigée par Pierre Laurent avait lancé un QCM intitulé « Que demande le peuple ? » avec l’objectif de le faire remplir par 500 000 personnes pour en faire le « socle programmatique » d’une candidature unique de la gauche non gouvernementale.

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Depuis, le PCF a revu ses ambitions à la baisse mais assure que 65 000 personnes ont accepté de répondre. Les résultats, que le parti a communiqués au Monde, sont sans surprise au vu des questions posées : 78 % des sondés jugent ainsi que « les responsables de la crise sont les banques, les grands actionnaires et la finance », 69 % estiment qu’il faut « renégocier les traités européens pour stopper l’austérité » et 38 % vouloir « un meilleur salaire, de meilleurs revenus ». A l’issue de cette restitution, M. Laurent devait, selon son entourage, « lancer un appel à cesser les divisions » et à « pétitionner dans tout le pays pour une candidature commune de la gauche alternative ».

Une ligne que tient de plus en plus difficilement le secrétaire national du PCF qui multiplie – en vain pour l’heure – les appels à l’unité. Plus les semaines passent, plus l’atterrissage semble compliqué pour la Place du Colonel-Fabien, qui joue gros aux législatives. Les 25 et 26 septembre, un conseil national a rajouté de la confusion en proposant trois scénarios pour la présidentielle qui devraient être finalisés le 5 novembre et sur lesquels les communistes seront appelés à se prononcer. La décision finale du PCF ne devrait donc pas intervenir à cette date mais une fois le vote des militants passé.

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« Course à l’attente »

Et encore. Car la première des trois hypothèses, qui n’avait pas été évoquée jusqu’à présent, consiste… à ne rien trancher le 5 novembre afin de « prendre de nouvelles initiatives de rassemblement ». « Tout est très mouvant, indique M. Dartigolles. L’idée est de voir la situation de l’automne et peut-être celle du premier semestre 2017. » Traduction de Patrice Cohen-Séat, un ex-dirigeant du parti : « Ça revient à attendre fin janvier et le résultat de la primaire du PS. » Ce dernier, qui s’était opposé lors du dernier congrès à la stratégie de Pierre Laurent, s’interroge sur les intentions de l’exécutif national vis-à-vis du socialiste Arnaud Montebourg. « Même si la fumée blanche le désignait, il y aurait du coup une candidature sociale-libérale de Macron ou de Valls, souligne M. Cohen-Séat. Par rapport à la volonté affichée d’éviter un duel droite-extrême droite au second tour, ce serait un échec total. »

Le second choix propose de lancer « un appel à voter Jean-Luc Mélenchon en affirmant l’autonomie du PCF ». Les relations entre la direction du parti et leur ancien candidat à la présidentielle n’ont cessé de se dégrader ces derniers mois et cette solution, prévient M. Dartigolles, ne reviendrait pas à ressusciter feu le Front de gauche. « Ce ne serait en aucun cas un ralliement à La France insoumise [le nouveau mouvement de M. Mélenchon], précise-t-il. Ça consisterait à partager des points de vue mais aussi à dire que certaines options défendues ne sont pas les nôtres. » La dernière alternative serait « une candidature issue du PCF ». Même si M. Laurent n’y est pas favorable pour le moment, André Chassaigne, président du groupe Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale, a fait savoir, le 28 septembre sur le site du magazine Regards, qu’il pourrait jouer ce rôle mais « uniquement à la demande de la direction du parti ».

Roger Martelli, un ex-dirigeant qui a quitté le PCF, est perplexe : « Tout cela ressemble à une course à l’attente. » M. Cohen-Séat, lui, est inquiet. « C’est l’impasse totale, se désole celui qui a apporté son soutien à M. Mélenchon. On est devant une catastrophe et je ne sais pas comment ça va se solder. » Réponse de M. Dartigolles : « A ceux qui assurent que le PCF se divise, je dis que le climat n’est pas délétère et que les communistes travaillent. Ce n’est quand même pas le supplice chinois ! » Cela pourrait, cependant, rapidement y ressembler.

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