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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 05:04

Arnaud porte beau, parle onctueux avec de la crème plein la bouche. Il a, reconnaissons le, cette manière séduisante qui donne à prendre des vessies pour des lanternes et fait de nous des gogos, autrement dit des cons.

L’article, ci-dessous, d’Aurélien Barnier est édifiant sur l’arnaque à la démondialisation d’Arnaud Montebourg.

On pourrait parler de cette autre arnaque qui consiste à proposer une 6ième république sans appeler le peuple à une participer à une constituante, en quelque sorte une constitution clé en main (pour quels intérêts ?), telle que celle dans laquelle nous sommes et que Michel Debré peaufina pour de Gaulle jusqu’à ce que ce dernier lui dise : c’est parfait mon petit.

Ou de cette autre arnaque qui consiste à dire pis que pendre de Hollande pour, finalement, participer à des primaires PS et mieux se rallier à Hollande.

Hypocrite ! Tartuffe !

Exergue

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Source : http://chapitre2.hautetfort.com/archive/2016/09/14/l-arnaque-a-la-demondialisation-d-arnaud-montebourg-5847843.html

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Le 21 août 2016, à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), Arnaud Montebourg prononçait son discours de candidature à la présidence de la République. On se souvient qu'en 2011, il avait concouru à la primaire du Parti socialiste avec le slogan « votez pour la démondialisation » et avait recueilli 17,19 % des suffrages. Avant le saccage ultime de la Grèce par ses créanciers. Avant le calamiteux mandat que François Hollande aura passé, du début à la fin, à plat ventre devant Angela Merkel. Avant que le président de la Commission européenne Jean-Claude Junker ne déclare, dans un entretien accordé au journal espagnol El País le 4 mars 2015, que « les élections ne modifient pas les traités. » On pouvait donc s'attendre, de la part d'Arnaud Montebourg, à un discours « ultra-démondialisateur » et particulièrement offensif sur l'Union européenne, qui est l'un des principaux piliers de l'ordre mondial libre-échangiste.


Et bien non. C'est même tout le contraire. Si Arnaud Montebourg critique toujours la mondialisation, le concept de démondialisation, qu'il avait emprunté aux altermondialistes Bernard Cassen et Walden Bello, a disparu de son propos. Le mot « protectionnisme » n'apparaît qu'une fois dans son intervention, dans la très courte partie consacrée à l'écologie. Il s'agirait d'un « protectionnisme raisonnable, utile et de bon aloi, décidé dans l'intérêt collectif des habitants de la planète » concrétisé par la simple mise en place d'une taxe carbone sur les importations. Mise en place par qui ? Arnaud Montebourg reste évasif : « L'Union européenne et la France doivent engager et conduire une telle réforme. » Si l'on se fie à la grammaire, « l'Union européenne ET la France » suppose que les deux avancent main dans la main, en parfait accord, pour réguler le commerce international.


Plus globalement, le projet d'Arnaud Montebourg repose sur l'idée centrale de réforme de l'Union européenne « de l'intérieur ». Dans un registre que ne renierait pas Pierre Gattaz, le candidat estime que « l'Union Européenne est dans la situation d'une entreprise en faillite qu'il faudrait restructurer pour la sauver. Si on ne réforme pas radicalement nous savons qu'elle mourra. Voilà pourquoi il faut bâtir avec nos partenaires européens une nouvelle Europe qui devra déboucher sur un nouveau Traité de Rome. » Au moins, ne promet-il pas le rasage gratuit pour demain, puisqu'il avoue que « ce sera un combat difficile, épuisant, de longue haleine. »


Alors que faire en attendant ? Comment concilier ce long chemin de croix avec la relance du « Made in France » ? Tout simplement en payant des amendes à la Commission européenne ! Arnaud Montebourg propose par exemple « de réserver pendant une période de huit ans [...] 80 % des marchés publics des collectivités locales, de l’État, de ses hôpitaux, aux PME travaillant sur le sol national ». Et comme il sait cette mesure contraire au droit communautaire, il précise : « si la Commission européenne prend des mesures de sanction contre la France, nous paierons les amendes, nous assumerons les sanctions, car je préfère payer des amendes plutôt que laisser mourir l'économie française. »


Même chez certains de ses anciens soutiens, la déception semble dure à surmonter. Il n'y a pourtant pas de quoi être réellement surpris. Ceux qui ont bien lu son livre-programme de 2011, titré « Votez pour la démondialisation ! », savaient à quoi s'en tenir1. « La démondialisation c’est d’abord la modération de la mondialisation. C’est-à-dire que l’on doit arriver à une régionalisation de l’économie mondiale où les grands ensembles continentaux vont continuer de commercer, mais vont le faire de façon plus raisonnable. » Pour parvenir à ce « commerce raisonnable », Arnaud Montebourg voulait déjà négocier avec l'Allemagne une réorientation des politiques de l'Union européenne : mise en place d'un « protectionnisme aux frontières de l’Union européenne », d'une « taxe harmonisée au plan européen sur le transport maritime », « instaurer par des traités bilatéraux un système de préférences commerciales au bénéfice des pays s’adaptant au mieux et au plus vite aux normes sociales et écologiques internationales ». Rien n'était dit sur la conduite à tenir en cas de refus des « partenaires » européens. Rien sur le contrôle pourtant indispensable des mouvements de capitaux. Aucune volonté de ne pas simplement adoucir la concurrence internationale pour la France ou l'Union européenne, mais de la dénoncer et de la refuser, en développant à la place des politiques de coopération. Au contraire, Arnaud Montebourg assumait totalement le fait de « constituer des champions industriels ayant la taille critique du marché mondial ». Cette « démondialisation », c'était déjà le conte pour enfants de « l'Europe sociale », chère au Parti socialiste, auquel on aurait ajouté du protectionnisme « aux frontières de l'Union européenne ».


Rien n'a donc fondamentalement changé entre 2011 et 2016 dans le projet du dissident socialiste. Mais soyons positifs. Maintenant qu'Arnaud Montebourg ne parle plus de démondialisation, le terme est dépollué. Il redevient totalement disponible pour ceux qui, à gauche, veulent refondre radicalement l'ordre international.

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commentaires

carol 19/09/2016 05:21

"Ou de cette autre arnaque qui consiste à dire pis que pendre de Hollande pour, finalement, participer à des primaires PS et mieux se rallier à Hollande.
Hypocrite ! Tartuffe !"

on ne saurait mieux dire: https://www.youtube.com/watch?v=cm1AQk30kFs

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