Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 07:59

L’article ci-dessous se termine par ce conseil à J-L Mélenchon : « Mon conseil, ce serait qu'il continue comme ça. Mais qu'il ne s'envole pas trop loin non plus, car à viser trop haut, avec un projet si ambitieux et un mot si large que l’humain, le risque est de ne pouvoir en faire que moins ».

Evidemment ! le risque est de ne pouvoir en faire que moins que la situation l’exige, cependant que la situation exige impérativement un projet ambitieux sous peine de ne pouvoir y faire face correctement. Ajoutons que dorénavant, contrairement à 30 ou 50 ans en arrière, la situation dans laquelle nous nous trouvons s’analyse et ne peut être affrontée que globalement, d’où la nécessité d’un projet nécessairement ambitieux ; comment faire autrement !

Autre chose. S’adressant à J-L Mélenchon, le conseil s’inscrit dans un cadre où tout procède de et tient par un seul homme. Serait-on contraint à cela par les canons du jour qui personnalisent de la vie politique, ne peut-on imaginer un projet collectif ? Ainsi, changeons de lunettes et imaginons qu’ « un projet si ambitieux et un mot si large que l’humain » peut aboutir si tous les citoyens se mettent à la tâche. D’ailleurs, avons-nous un autre choix ? Nous sommes condamnés au projet ambitieux et au succès, dans le cas contraire à périr.

Cela dit, aller de préférence au document sonore (source).

Exergue

*

*

Source : http://www.franceculture.fr/emissions/petit-precis-de-philosophie-lusage-des-candidats/jean-luc-melenchon-face-rousseau-lart#

*

*

J-L Mélenchon face à Rousseau : l'art d'être en vert et avec tous

*

Après Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy, et en vertu d'une certaine alternance, c'est un conseil aujourd'hui pour Jean-Luc Mélenchon qui ne prône pas seulement son slogan d'une France insoumise, mais aussi celui de l'intérêt général humain.

*

A la différence des quarante et quelques candidats à l'élection présidentielle de 2017, Jean-Luc Mélenchon n'a pas perdu de temps pour se déclarer - c'est chose faite depuis février dernier-, et à la différence d'une vingtaine de ceux-là, il ne perd pas non plus de temps avec des primaires : le candidat de son parti, le Front de gauche, c'est lui et lui seul.

Mais seul, Jean-Luc Mélenchon ne l'est pas non plus complètement, puisque le week-end dernier, pour le rendez-vous annuel de la Fête de l'Humanité, il a justement visé l'humanité...

« L'intérêt général humain » : tel est donc le fil conducteur de Jean-Luc Mélenchon.

Et si l'intérêt général peut d'emblée évoquer Jean-Jacques Rousseau et son contrat social, inscrivant ainsi Jean-Luc Mélenchon dans une filiation républicaine, le terme d'humain est beaucoup plus énigmatique. Car on ne doit qu'à Jean-Luc Mélenchon cette expression, et on ne la trouve nulle part chez Rousseau.

Que peut donc bien ajouter ce terme d'humain à l'intérêt général ? Comment la volonté générale qui le vise, ce fruit de l'association de tous les hommes en « un corps moral et collectif », pourrait-elle ne pas ou ne plus être humaine ? Qu'est-ce qui fait que l'intérêt général semble manquer l'humain, pour avoir à lui adjoindre ce terme ?

Il lui manque au moins deux choses, deux sens que l'humanité exprime et que n'a pas manqué pour sa part Jean-Luc Mélenchon avec son mot d'ordre :

-l'humanité, en effet, c'est ce que partagent les hommes, par rapport à d'autres espèces : ce sont leurs traits et leurs biens naturels communs, et à cet égard, il est toujours bon de le rappeler et de faire justement preuve d'humanité face aux inégalités

-mais l'humanité, c'est aussi et d'abord, l'ensemble des caractères communs à tous les hommes, et là, non pas en rupture mais en continuité avec les autres espèces, telles la vie et l'animalité. Ce que Mélenchon a mentionné d'emblée et qu'il a approfondi ensuite

Animal, végétal, écosystème, projet global... Jean-Luc Mélenchon, avec son intérêt général humain, est beaucoup plus vert qu'on ne le pense, mais serait-il encore plus rousseauiste que Rousseau ? On l'a dit, pas d'intérêt général humain chez le philosophe du Contrat social, mais il y a bien, en revanche, chez lui une pensée et même un amour de la nature. Dans ses Rêveries du promeneur solitaire, 7ème promenade, Rousseau critique ainsi ceux qui, à leurs propres fins, physiques ou intellectuelles, puisent dans l'environnement comme dans une nature morte, ceux qui, je cite, « la déchire, la désosse, fouille à loisir dans ses entrailles palpitantes ».

Mais Jean-Luc Mélenchon, lui, va beaucoup plus loin encore que Rousseau : il ne critique pas seulement ceux qui fouillent ses entrailles palpitantes, il ne célèbre pas seulement la nature d'un côté, et le contrat social de l'autre, non il fait les deux ensemble, grâce à une chanson qu’il emprunte à Laurent Voulzy et Alain Souchon.

Mieux donc que d'aimer la nature, Jean-Luc Mélenchon, petit oiseau malin, se fond en elle. Et mieux encore, il repense l'humanité en s'inspirant d'elle... et non le contraire.

*

UN CONSEIL

Mon conseil, ce serait qu'il continue comme ça. Mais qu'il ne s'envole pas trop loin non plus, car à viser trop haut, avec un projet si ambitieux et un mot si large que l’humain, le risque est de ne pouvoir en faire que moins.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Exergue
  • Exergue
  • : réflexions sur l'actualité politique, sociale...et autres considérations
  • Contact

Recherche