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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 03:50

Dans le cadre de la 5ième république, présidentielles et législatives sont indissociables (n’en déplaisent à certains), cependant on est heureux d’apprendre, enfin ! que ne seront pas répétées les erreurs du passé qui ont consisté en alliances à géométrie variable au seul but de siéger, cela n’a pas été seulement le cas pour les législatives mais également pour les régionales. Les résultats servent de leçon : pourvu que ça dure ! Il est vrai que le Ps, réduit à sa plus simple expression, ne sera pas partageux, cela contribuera à maintenir une ligne claire.

Exergue

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Source : http://www.regards.fr/web/article/eric-coquerel-il-n-y-a-pas-de-troisieme-voie-serieuse-entre-le-ps-et-melenchon

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Il n’y a aucune discussion en cours. Par ailleurs, au PG, nous estimons que nous ne pouvons pas refaire les erreurs du passé. Le score de Mélenchon a été divisé par deux aux législatives de 2012. Pourquoi ? Parce que nous n’avons pas mené la même campagne partout en France. Nous avons manqué d’unité et de visibilité. Nous étions inaudibles. La suite de l’histoire du Front de gauche a été du même tonneau, en empirant : absence de stratégie nationale allant jusqu’à des alliances à géométrie variable, pas de label commun, et à la fin pas de dynamique nationale. En 2017, on ne séparera pas présidentielle et législative. C’est la même élection : il faudra un candidat à la présidentielle commun, un programme commun pour les deux scrutins, un label et une étiquette communs et un certain nombre de conditions pour les investitures qu’accordera France Insoumise.

Intentions de vote, alliances, programme, Europe : Éric Coquerel, co-coordinateur du Parti de gauche et conseiller régional d’Ile-de-France, analyse les perspectives de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle. Et n’exclut pas de le voir au second tour.

Regards. 24% des Français estiment que Jean-Luc Mélenchon est le mieux placé pour représenter la gauche en 2017. Pour autant, les intentions de vote oscillent entre 10 et 14,5% - pas encore de quoi passer le second tour. Comment expliquez-vous cette contradiction ?

Éric Coquerel. C’est une bonne base de départ, non ? Il y a toujours un décalage entre le premier sondage qui résulte d’une question ouverte sur les "préférences" – et elle est sacrément intéressante puisque Jean-Luc Mélenchon y est la personnalité largement préférée par les électeurs de "gauche" – et le second qui mesure les intentions de vote des Français. En septembre 2011, les sondages mettaient Jean-Luc Mélenchon à peine au dessus de la barre des 5%. Aujourd’hui, alors que la campagne n’a pas réellement commencé et que le tableau des candidats présentés est virtuel (il mélange candidats à la présidentielle et aux primaires), les intentions de vote le placent au-dessus du résultat obtenu en 2012. C’est là une assise confortable sur laquelle s’appuyer. Il faut maintenant convaincre que sa candidature est la seule alternative possible, et crédible, au système. Il peut être qualifié pour le second tour. Il peut dès lors remporter l’élection présidentielle l’année prochaine. C’est un trou de souris, mais il existe.

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Comment allez-vous vous adresser aux Français et renouer avec les classes populaires ?

Nous disposons déjà d’un camp de base solide : pour aller vite, une bonne part de celles et ceux qui ont combattu la loi El Khomri. Pour tous ceux-là, heureusement que Jean-Luc s’est présenté vite afin de prouver qu’il y avait une autre issue politique que celle, mortifère, des primaires. Ensuite, je suis certain qu’il reste dans ce pays une disponibilité très large contre les dégâts du libéralisme. Cela s’est exprimé par exemple dans le refus, resté majoritaire jusqu’au bout, des Français à la loi travail. Mais cette très grande masse de nos concitoyens, le "peuple", n’a pas toujours une conscience claire de ses intérêts communs, tellement la société a été atomisée par la précarité, le chômage, l’ubérisation, les discriminations spatiales, les replis identitaires et communautaires agités par certains comme des refuges… En quelques mois, nous devons aller convaincre ces populations éclatées en partant de leurs préoccupations concrètes.

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« Pour un homme seul, Jean-Luc Mélenchon est de plus en plus accompagné ! »

Comment atteindre ces électeurs ?

Quand, dans son discours de la fête de l’humanité, Jean-Luc Mélenchon parle des millions de Français qui vivent sous le seuil de pauvreté en nous invitant à voir le monde à travers leurs yeux, il montre que l’origine de leurs maux et de la dégradation de leur condition est la même que ceux dont souffre le reste du peuple : moins de mécanismes de solidarité du fait de l’austérité, moins de services publics, l’inégalité grandissante des richesses... C’est sur le même principe que Danielle Simonnet soutient les chauffeurs de taxi contre l’ubérisation. Leurs intérêts sont similaires que ceux de la masse des salariés ou artisans confrontés à la dérèglementation de la loi Macron. C’est cela, fédérer le peuple : lui désigner son adversaire commun – la rente, l’oligarchie financière – et donc son intérêt commun à renverser par les urnes ce système qui met en concurrence les biens et les personnes.

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Jean-Luc Mélenchon se présente en candidat du peuple sans passer par la case primaire. D’après vous, pourquoi l’idée d’une primaire de la gauche non gouvernementale n’était-elle pas possible ?

Je ne crois pas au système des primaires. Ce système importé des États-Unis ne peut pas être un modèle pour la France – sans compter qu’il a conduit à faire disparaître la gauche en Italie. Les primaires aggravent les tares de la Ve République et personnifient le scrutin à outrance. Elles sont une machine à développer les égos. Par ailleurs, on a vu par le passé que les primaires n’attiraient pas les classes populaires. Il y a un côté censitaire dans l’idée même de primaires. Parce que les catégories CSP/CSP+ y sont surreprésentées. Enfin, si l’on regarde encore par le passé, en 2007, les collectifs antilibéraux avaient organisé une sorte de primaire de la gauche antilibérale. C’est Marie-George Buffet qui avait recueilli le plus de suffrages, mais ce résultat arithmétique n’avait pas suffi à convaincre l’ensemble des participants de la légitimité politique d’une candidature issue du PCF. Et donc à empêcher la division : au final, trois candidats se partagèrent cet espace politique avec le succès que l’on sait.

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La situation n’a-t-elle pas changé, depuis ?

Elle est bien plus grave qu’en 2007, avec un fort risque d’une victoire de la réaction la plus dure, sans même exclure celle du FN, et un PS qui, heureusement, ne sera pas en capacité de nous jouer le vote utile après son bilan catastrophique. Franchement, a-t-on le temps et le droit de tergiverser quand il nous reste peu d’atouts ? Et sauf à se voiler la face dans un sectarisme irresponsable, il est évident que Jean-Luc Mélenchon en est un atout de taille. Il est le candidat le mieux placé. Il n’y a pas de troisième voie sérieuse entre le PS et lui. D’ailleurs, j’observe qu’en plus des bons sondages, avec près de 130.000 citoyens qui ont signé la plate-forme de la campagne France insoumise, des milliers de groupes d’appuis, de militants syndicaux et écologistes s’y sont déjà engagés, des partis et groupes ont rejoint l’espace politique de FI – auxquels s’ajoutent tous ceux qui, depuis la fête de l’Huma, ont dit soutenir à leur tour Jean-Luc Mélenchon : syndicalistes, intellectuels, membres du PC et d’Ensemble. C’est un homme seul de plus en plus accompagné ! Bien plus en tous cas qu’il ne l’était à la même époque en 2011.

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« En 2017, on ne séparera pas présidentielle et législative. Il faudra un candidat à la présidentielle commun, un programme commun pour les deux élections. »

Il y a quelques jours, Jean-Luc Mélenchon a répondu à une militante communiste qui défendait l’idée d’une candidature unique : « Nous ne serions pas crédibles si vous décidiez tout à coup de me soutenir (…) ne faites rien avec moi ». Peut-il réellement se passer des communistes dans cette campagne ?

Ce n’est pas "juste" une "militante" communiste, mais une attaque personnelle et violente de plus de la part d’une dirigeante du PCF. Jean-Luc Mélenchon choisit donc de ne pas l’ignorer et de lui répondre. À elle et donc à la partie du PC qu’elle représente ou qui se reconnaît en elle. Il a raison : on ne va pas obliger cette partie du PCF à faire campagne contre son gré. On s’en passera. Mais je préfère m’intéresser à d’autre signaux positifs envoyés par des milliers de communistes, et non des moindres comme Francis Parny, Christian Audouin et leurs amis, ainsi que par des élus de terrain et de grandes figures du Parti communiste telle ma camarade Marie-George Buffet. C’est autrement plus fort et symbolique. On sait le PCF divisé. Mon sentiment malgré tout, c’est qu’on se retrouve déjà ou qu’on va se retrouver, quoi qu’il arrive, avec un très très grand nombre de militants et sympathisants communistes : ceux avec qui nous battons le pavé dans les cortèges contre la loi El Khomri ou la défense des libertés syndicales si malmenées ; celles et ceux, dont beaucoup d’élus des villes des quartiers populaires, qui sont au contact de la réalité sociale du pays, tous ces militant-e-s qui se battent au quotidien et font un boulot remarquable. Je m’en réjouis. Jusqu’où ira ce mouvement dans le PCF ? On verra. Par contre, nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre, donc nous avançons, nous travaillons.

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Des discussions sont-elles engagées avec le PCF pour les législatives ?

Il n’y a aucune discussion en cours. Par ailleurs, au PG, nous estimons que nous ne pouvons pas refaire les erreurs du passé. Le score de Mélenchon a été divisé par deux aux législatives de 2012. Pourquoi ? Parce que nous n’avons pas mené la même campagne partout en France. Nous avons manqué d’unité et de visibilité. Nous étions inaudibles. La suite de l’histoire du Front de gauche a été du même tonneau, en empirant : absence de stratégie nationale allant jusqu’à des alliances à géométrie variable, pas de label commun, et à la fin pas de dynamique nationale. En 2017, on ne séparera pas présidentielle et législative. C’est la même élection : il faudra un candidat à la présidentielle commun, un programme commun pour les deux scrutins, un label et une étiquette communs et un certain nombre de conditions pour les investitures qu’accordera France Insoumise. Il appartiendra à toutes celles et ceux qui sont engagés dans France Insoumise d’en définir les quelques règles et méthodes.

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Comment rallier d’autres soutiens, élargir l’assise ?

Je souhaite entamer un dialogue fraternel avec les signataires de l’appel Front commun. Il est important et positif, c’est un grand pas en avant, j’y ai de très nombreux amis avec qui j’ai partagé l’ambition d’un Front de gauche non cartellisé et ouvert aux adhésions directes. Je leur dis : c’est justement cela qui conduit le Parti de gauche à participer à France insoumise ; il n’est pas question d’additionner un parti aux autres partis, mais d’une campagne embrassant dans un même mouvement présidentielle et législative et reposant en définitive sur des adhésions directes et non réduit à un accord de cartel. Est-ce que nous prolongerons et accentuerons ensuite cette mise en commun après les élections ? Au PG nous le souhaitons, c’est dans notre ADN de vouloir notre dépassement dans une force politique nouvelle, mais de cela nous en déciderons ensemble. Ce n’est en rien la condition à la porte d’entrée. Plus généralement on verra par la suite qui décide de rejoindre ou pas cette campagne. Bien sûr, plus on est, mieux ça sera. Mais, et chacun le comprendra, ça ne peut conduire à se soumettre aux conditions de ceux qui arriveraient en dernier.

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« Il est vain d’espérer réformer l’UE. Il faut sortir des traités, c’est la condition pour espérer rebâtir un projet européen »

Vous travaillez sur le programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon. Y a-t-il d’après vous des désaccords d’ordre programmatique avec le PCF ?

Ce sera un programme présidentiel et législatif. Je voudrais d’abord rappeler que le programme "L’Humain d’abord" pour 2012 a été présenté à la Fête de l’Humanité de septembre 2011. Nous n’avons donc pas de temps à perdre. Par ailleurs, le programme des insoumis puise justement ses racines dans ce programme de 2012. Nous ne partons pas de rien. Nous partageons depuis longtemps, depuis la bataille contre le TCE en 2005, des combats et des espaces de réflexion au sein desquels on se connait bien les uns et les autres. Et en la matière, il n’y a pas de désaccords majeurs. Après, sur des questions comme l’écologie par exemple, nous avons la conviction au Parti de gauche qu’il faut passer un cran. Après le terrible épisode de Fukushima, nous devons nous prononcer pour une sortie programmée du nucléaire, tout en planifiant une transition énergétique, et pas seulement sur un référendum. C’est aussi le cas sur l’UE, qui a prouvé depuis 2012 combien il était vain d’espérer la réformer. Il faut donc sortir des traités, c’est la condition pour espérer rebâtir un projet européen.

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Votre candidat a été très attaqué sur sa gauche à propos de ses déclarations sur la politique migratoire qu’il conduirait s’il était en responsabilité. A-t-il définitivement tourné la page du discours de Marseille ?

Cécile Duflot, David Cormand et, je le regrette, Olivier Besancenot, ne sont pas honnêtes lorsqu’ils critiquent Mélenchon sur ce point en le comparant à l’extrême droite ! Et ils le savent. Dans son interview du Monde, il affirme sans ambigüité qu’il est pour la régularisation des travailleurs sans-papiers et pour l’accueil digne des migrants, que la France peut faire bien mieux en matière de droit d’asile. Il n’a eu de cesse de critiquer la mise en place de Frontex en lieu et place de Mare Nostrum. Vous connaissez un autre candidat à plus de 10% dans les sondages qui affirme cela ? Il faut sortir des caricatures. La politique du Front de gauche en matière de migrations n’a jamais été de dire que « la France doit ouvrir complètement ses frontières ». Le Jean-Luc Mélenchon de Marseille est bien vivant. Mais dans une situation dramatique, avant tout pour les centaines de milliers de migrants obligés de fuir leur pays au risque de leur vie, il faut faire des propositions concrètes si l’on aspire à gouverner le pays.

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Quelles sont-elles, au Parti de gauche ?

Les solutions que nous préconisons n’ont pas varié : il faut agir très vite sur les causes géopolitiques et les causes liées au libre-échange qui conduisent les gens à quitter leur pays d’origine. À ce titre, la France et l’Europe tout entière ont une grande responsabilité. Il faut revenir à des méthodes de coopération type Mare Nostrum et dénoncer des accords comme celui qui, en échange d’une mansuétude vis-à-vis du régime d’Erdogan, a fait de la Turquie une gare de triage. Il faut ensuite créer des conditions dignes d’accueil des migrants présents et élargir les conditions d’accès au droit d’asile. Enfin, il faut régler le problème très concret de gens qui passent par la France pour rejoindre l’Angleterre et qu’on empêche de le faire du fait des accords du Touquet. D’un point de vue économique, toute personne qui travaille aujourd’hui en France doit être régularisée et bénéficier du même contrat de travail. C’est la revendication juste des toutes les grèves des travailleurs sans papiers. Nous devons être à la hauteur de ces enjeux si l’on veut gérer le pays, demain, et offrir un avenir en commun à toutes celles et ceux qui y vivent.

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