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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 03:42

Bratislava. L’Union est ‘dans une situation critique’ pour Merkel, ‘menacée de dislocation’ déclare Hollande. Tiens donc ! Tandis que Matteo Renzi prend la tangente, disant : «je refuse de suivre un scénario visant à faire croire aux citoyens que nous sommes d’accord sur tout». Il serait temps de s’intéresser aux citoyens ! Car l’Europe n’est pas celle des peuples ; des Etats et des oligarques et de la caste assurément.

Ce constat fait, il faudra voter en 2017. Populisme de droite et de gauche s’affrontent. Le premier s’incarne héréditairement dans une famille, celle des Le Pen qui se refilent le parti, tout en parlant de démocratie, du peuple ; « Le Pen est mort. Vive ! Le Pen » pourrait-on dire. C’est le jeu des 7 familles. Vous avez le père, la fille, et la nièce en attendant d’autres héritiers. Style monarchique on ne fait pas mieux. Le second s’incarne dans la France insoumise où chacun participe au projet et où le porte-parole, J-L Mélenchon, annonce que la nouvelle constitution élaborée et votée par le peuple et non octroyée (ça c’est le style Montebourg très 5ieme république finalement) il se retire.

Revenons à Merkel et Hollande, et à Bratislava. Il avait dit, nouvelle fanfaronnade à l’adresse des français, concernant le Tafta : « la position de la France est claire » (1) « aucun accord ne sera signé » (2), et voilà-t-il pas que, fidèle à sa politique du compromis, il rompt, se déculotte, une fois encore, devant Merkel qui lui donne la fessée (1). Qu’il aime ça le bougre c’est son problème, qu’il nous entraine à la recevoir c’est le nôtre. Pour se faire une idée, si elle n’est pas faite, des enjeux du Tafta et au Ceta, on lira : ‘Tafta et Ceta : Hollande et Fekl jouent notre souveraineté démocratique à Bratislava’ (4). Mais en attendant, cet article :

Source : http://eric-verhaeghe.entreprise.news/2016/09/17/ue-merkel-passer-tafta-force-hollande-opine/

Exergue

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Au sommet de l’UE à Bratislava, les citoyens européens ont encore assisté à une belle pantalonnade, émaillée d’une fessée déculottée pour François Hollande, et d’une série de quiproquo qui risquent d’être lourds de sens pour l’Union.

TAFTA et la fessée déculottée de Hollande

Premier point: à Bratislava, Merkel a obtenu un maintien de la ligne européenne sur le TAFTA, malgré les annonces de Hollande sur l’arrêt des négociations. Voici ce qu’en dit le communiqué final: lors du Conseil européen d’octobre, examiner les moyens de mettre en place une politique commerciale robuste qui tire parti de marchés ouverts tout en tenant compte des préoccupations des citoyens. Cette formule alambiquée annonce qu’en octobre, l’Union décidera officiellement de signer le TAFTA, que cela plaise ou non à la France. Il s’agit donc d’une superbe humiliation pour un Président qui annonçait, dans son discours de Wagram, qu’il ne laisserait pas la place de la France être contestée en Europe. Une fois de plus, les rodomontades parisiennes donnent lieu à un écrasement en bonne et due forme dès que les frontières sont franchies.

Mais jusqu’à quand allons-nous tolérer d’être le paillasson de la Prusse?

Les hallucinantes déclarations sur les réfugiés

La même Merkel a obtenu, du sommet de Bratislava, des mentions dont on se demande quel être humain normalement constitué a pu les écrire et les soutenir en conférence de presse. Par exemple:

Ne jamais permettre que se reproduisent les flux incontrôlés que nous avons connus l’année dernière et réduire encore le nombre de migrants en situation irrégulière.

Oui, oui, c’est bien Angela Merkel qui a défendu cette déclaration en conférence de presse. Là même qui, il y a près de dix-huit mois, déclarait unilatéralement l’Allemagne prête à accueillir en 2016 un million de réfugiés. À cette pantalonnade, il faut ajouter cette impressionnante phrase d’introduction à la déclaration:

Nous devons mieux communiquer les uns avec les autres – entre États membres, avec les institutions de l’UE, mais aussi, et c’est le plus important, avec nos citoyens. Nous devrions apporter plus de clarté à nos décisions. Utiliser un langage clair et honnête. Nous concentrer sur les attentes des citoyens, en ayant réellement le courage de nous élever contre les solutions simplistes des forces politiques extrémistes ou populistes.

Peut-être que la première façon de lutter contre les « solutions simplistes » serait d’arrêter de prendre les Européens pour des simplets à qui on peut servir n’importe quelle soupe.

Aucune politique économique dans l’Union

Pour le reste, l’Allemagne a maintenu le cap d’une rigueur budgétaire mortifère pour l’Union. Alors que le pauvre Juncker, sans doute inspiré par des puissances gouvernant une autre planète, avait proposé une augmentation du Fonds d’investissement dont personne ne voit la couleur, Merkel a maintenu le lock-out complet sur le sujet:

en décembre, compte tenu de l’évaluation qui aura été faite, prendre une décision sur l’extension du Fonds européen pour les investissements stratégiques

Dans le meilleur des cas, les mesures nouvelles d’investissement interviendront en décembre. D’ici là, on continue comme avant, avec une Europe au service des grands groupes qui pratiquent l’évasion fiscale: lors du Conseil européen du printemps 2017, faire le point sur les progrès réalisés en ce qui concerne les différentes stratégies pour le marché unique (y compris le marché unique numérique, l’union des marchés des capitaux et l’union de l’énergie)

On retrouve ici notamment le principe d’une adoption à marche forcée de la directive sur les droits d’auteur.

L’Italie quitte le bateau ivre franco-allemand

François Hollande a obtenu de s’afficher seul, lors de la conférence de

presse, avec Angela Merkel (en échange d’un renoncement à toutes ses ambitions ou promesses, comme d’habitude). Matteo Renzi, l’Italien, n’a guère apprécié l’opération, d’autant qu’il repart la queue entre les pattes.

Renzi est arrivé, en effet, avec deux objectifs de guerre: une tolérance budgétaire de l’Union pour ses écarts, et un amendement l’accord avec la Turquie sur les migrants, qu’il trouve trop raide (et accessoirement défavorable à l’Italie, puisqu’il ne concerne que la Grèce). Merkel, qui avait un temps joué Renzi contre Hollande, vient donc de perdre un allié.

De l’Europe, il ne restera donc bientôt plus que le couple croupion franco-allemand. La Grande-Bretagne s’en va, l’Italie boude, et plus personne ne croit en rien. Ou comment les bureaucraties finissent. Sur ce point, on reste confondu par la rigide cécité de l’Allemagne qui, une fois de plus, démontre son incapacité à dépasser sa vision prussienne de l’Europe.

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  1. http://www.europe1.fr/economie/traite-tafta-la-position-de-la-france-est-claire-retorque-hollande-a-juncker-2838127
  2. http://bfmbusiness.bfmtv.com/france/tafta-pour-hollande-aucun-accord-ne-sera-trouve-d-ici-la-fin-2016-1031406.html
  3. http://eric-verhaeghe.entreprise.news/2016/09/17/ue-merkel-passer-tafta-force-hollande-opine/
  4. http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article32350

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