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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 06:45

L’autorité PROFESSIONNELLE de régulation de la publicité (ARPP) juge que la campagne de Médecins du Monde pourrait nuire aux intérêts des laboratoires pharmaceutiques.

Cela appelle plusieurs observations :

  • Cette autorité ne juge pas que cette campagne publicitaire puisse être bénéfique aux malades qui pourraient avoir accès à des traitements moins onéreux. Elle fait le choix du profit contre celui de l’intérêt humain.
  • L’argument est émis que les publicitaires craignent de ne plus bénéficier des sommes considérables données par les entreprises pharmaceutiques pour assurer la promotion de leurs produits. Foutaise ! Les entreprises pharmaceutiques ne peuvent se passer des agences de publicité. Aussi, répétons-le : les publicitaires font le choix de l’argent contre l’humain, le choix de leurs pairs et de quelques-uns contre celui du grand nombre.

Il est dit que … les entreprises ainsi mises en causes pourraient estimer qu’une telle campagne porte atteinte à leur image et leur cause un grave préjudice et décider d’agir en ce sens.”

Traduisons. De ce fait, ces entreprises pourraient ester en justice contre ceux qui dénoncent leurs agissements. Selon le même raisonnement, on imagine que le malfrat pourrait faire pareillement contre celui qui a dénoncé son vol au prétexte que de cette dénonciation il perd le fruit de son vol.

Par ailleurs cela n’est pas sans avertir sur le comportement de ces entreprises qui mettent au tribunal des états parce que ces derniers ont l’audace de changer de politique pour satisfaire l’intérêt général, changement de politique qui met à mal leurs intérêts privés.

Ci-dessous : un article paru dans les Inrocks, suivis de divers liens sur le sujet.

Exergue

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Source :

http://www.lesinrocks.com/2016/06/13/actualite/a-11845050/#.V16Mjg4T2S1.twitter

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Une campagne de Médecins du Monde censurée pour ne pas déplaire aux laboratoires pharmaceutiques

13/06/2016 | 09h35

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L’ONG Médecins du Monde aurait dû lancer une campagne choc, ce lundi 13 juin choc contre le prix de certains médicaments. Mais il n’en sera rien, elle a été “bloquée” par l’Autorité professionnelle de régulation de la publicité (ARPP) qui juge qu’elle pourrait nuire aux laboratoires pharmaceutiques.

Et si dans un futur très proche, les laboratoires pharmaceutiques n’avaient plus besoin de faire pression ou d’exercer un lobbying assidu pour éviter que l’on ne plonge le nez dans leurs bilans financiers ? Eh bien ce futur est peut-être encore plus proche qu’on le croit. L’ONG Médecins du Monde (MDM) aurait dû, en théorie, lancer une grande campagne d’affichage, ce lundi 13 juin, pour dénoncer le prix prohibitifs de certains médicaments contre des maladies comme l’hépatite C, le mélanome ou la leucémie. Une campagne “choc” comme l’ont signalé plusieurs médias lundi matin.

Mais il n’en sera rien. Tout simplement car aucun diffuseur n’a voulu prendre le risque de l’afficher – et par extension de se fâcher éventuellement avec un grand laboratoire. Tel est l’extrait du “conseil” transmis par l’Autorité professionnelle de régulation de la publicité (ARPP) à la société Médiatransports, que nous nous sommes procuré.

Le zèle de l’ARPP

MDM et Médiatransports ont pourtant travaillé ensemble à plusieurs reprises. Ils ont même remporté un prix ensemble, il y a moins d’un an. Comme de coutume, pour cette campagne, l’ONG a envoyé les visuels de sa nouvelle campagne à la régie commerciale du “leader de l’affichage transport”. Ces derniers vont étonnamment demander conseil à l’ARPP qui n’a qu’un avis consultatif, en aucun cas contraignant, comme dans le domaine audiovisuel.

L’ARPP pointe trois raisons : la “référence a des maladies graves” qui “pourrait être perçue comme choquante par le public”, des “allégations chiffrés” qui ne sont pas sourcées sur les affiches et , surtout, l’ARPP écrit en première justification :

“Nous attirons tout particulièrement votre attention sur le risque de réactions négatives que pourrait susciter l’axe de communication choisi, de la part des représentants de l’industrie pharmaceutique. En effet les entreprises ainsi mises en causes pourraient estimer qu’une telle campagne porte atteinte à leur image et leur cause un grave préjudice et décider d’agir en ce sens.”

Suite à l’avis défavorable de l’ARPP, Médiatransports renvoie un avis négatif à Médecins du Monde. Mais cela ne s’arrête pas là. L’ONG va alors solliciter d’autres afficheurs, parmi lesquels JC Decaux ou le réseau d’affichage Insert. Aucun ne donnera suite et pour cause: le “conseil” de l’ARPP a été “circularisé”, c’est-à-dire envoyé à toutes les sociétés. Une pratique habituelle, mais qui aurait pu être bloquée par Médiatransports.

“Le prix de la vie”

Pour sa campagne intitulée “Le prix de la vie”, MDM voulait, au travers de dix affiches, alerter sur les prix prohibitifs de certains médicaments et mettre l’accent sur la méthode des laboratoires pour en fixer les prix.

Cliquez ici pour accéder aux dix visuels de la campagne “Le prix de la vie” de Médecins du Monde

Selon MDM, les prix des médicaments sont fixés en fonction de la capacité maximale des Etats à payer pour avoir accès au traitement. En gros, plus un Etat est riche, plus le prix du médicament sera élevé. Pour justifier ces tarifs parfois hallucinants (le Glivec, utilisé pour soigner la leucémie est vendu 40 000 euros par an et par patient), les laboratoires avancent trois explications : la recherche coûte cher, le bénéfice thérapeutique est grand, et les coûts de production sont importants.

Or, pour MDM, aucun de ces arguments ne tient la route.

”Les coûts de recherche et développement sont surestimés et les montants réels restent confidentiels et une grande partie est de toute façon financée par l’argent public à travers des bourses ou des crédits d’impôt de recherche.”

Concernant le deuxième argument, MDM explique que 74 % des médicaments mis sur le marché lors des 20 dernières années n’apportaient que peu de bénéfices thérapeutiques et ironise en expliquant qu'”un airbag vaudrait dans ce cas le prix d’une vie“. Enfin pour le troisième argument, MDM s’appuie sur une équipe de chercheurs de Liverpool qui a estimé que le coût de production du sofosbuvir (traitement contre l’hépatite C) s’élevait à 75 euros pour 3 mois avec un prix de revente de 41 000 euros annuel, soit 400 fois plus cher.

Cette situation fait que les médecins sont parfois obligés de confier aux malades qu’il existe des médicaments pour les soigner mais que les traitements coûtent trop cher. L’Etat est donc obligé de “sélectionner” à partir de quel stade il peut prendre en compte un traitement, souvent lorsque la maladie est presque trop avancée. A cet égard, le 25 mai dernier, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre les hépatites, le ministère de la Santé a annoncé l’accès prochain à un traitement pour tous.

Une pétition adressée à Marisol Touraine

Une pétition va être adressée au même moment par l’ONG, à la ministre de la Santé Marisol Touraine, disponible ici.

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Compléments :

-La campagne de Médecin du Monde ou le prix de la vie : https://leprixdelavie.medecinsdumonde.org/fr/

-Le Monde : http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/06/14/la-guerilla-marketing-de-medecins-du-monde-pour-denoncer-les-prix-des-medicaments_4950220_3224.html

-Télérama : http://www.telerama.fr/medias/sa-campagne-de-pub-censuree-medecins-du-monde-compte-sur-les-benevoles-et-le-streetmarketing,143988.php

-France 2 : http://www.france24.com/fr/20160613-medecins-monde-censure-pas-heurter-lobby-pharmaceutique-medicament-cancer-transport-affiche

-Osons causer : https://www.youtube.com/watch?v=0M-5d_kcWXI

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