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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 18:50

INTERVIEW « 20 Minutes » a rencontré Jean-Luc Mélenchon quelques jours après l’annonce de sa candidature à la présidentielle…

le 16 février 2016

Propos recueillis par Thibaut Le Gal

*

Jean-Luc Mélenchon est de nouveau candidat à la présidentielle. Cette fois, le député européen n’est pas certain de pouvoir compter sur ses anciens alliés communistes, favorables à une primaire à gauche. Le candidat espère récolter un maximum de soutiens sur sa plateforme numérique pour incarner en 2017 la « France insoumise ». 20 Minutes l’a rencontré.

Pourquoi vous lancer « si tôt » ?

Le temps politique s’est accéléré quand quatre candidats à la primaire de droite déjà extrêmement actifs et madame Le Pen sont entrés en campagne. Notre voix avait disparu. Et nous étions menacés d’être paralysés par une « primaire de toute la gauche » dont le dénouement est reporté à novembre prochain. C’est-à-dire après huit mois de bagarre interne et de querelle de personnes. Voilà pourquoi je suis passé à l’action. Je suis un déclencheur. Il y a une tâche à accomplir, et dans le moment, je suis le mieux placé.

Vous dites vouloir représenter la « France insoumise », qui est-elle ?

Quiconque ne s’est pas résigné à subir et passe à l’action. La France insoumise, c’est toute personne qui, dans sa vie, résiste à l’abaissement. Ce sont les lanceurs d’alerte, les syndicalistes qui se battent pour défendre leur emploi. C’est aussi le pays face au monde. La France insoumise va de l’individu à la nation.

Le PS et LR sont d’accord, avec madame Le Pen, pour « apaiser » la juste colère contre la caste et faire durer le système. Je veux incarner la rébellion et l’insoumission nécessaires pour faire naître un monde nouveau. Il faut utiliser 2017 et non l’enjamber. Sinon comment chasser la caste des privilégiés, abolir la monarchie présidentielle, trancher nos liens avec les traités européens et passer à un autre mode de production par la planification écologique ?

Pourquoi se présenter « hors cadre des partis » ? Le Parti communiste a été surpris de votre décision…

Le PCF et d’autres partis du Front de Gauche ont décidé de s’engager dans la primaire avec le PS et EELV. Personne ne m’a demandé mon avis. J’étais très étonné que le PCF accepte de prendre le risque de disparaître en y participant. C’est son affaire. A mon tour, je m’avance sans avoir demandé la permission à personne. J’appelle les gens, sans leur demander s’ils ont une carte de parti, à se rassembler pour agir grâce au site jlm2017.fr C’est la manière de faire la plus collective.

Le Front de Gauche a donc vécu ?

Le porte-parole du PCF l’a déclaré « cliniquement mort » il y a un mois. J’étais très choqué de cette formule. Depuis, les seuls coups qui ont été adressés contre ma candidature sont venus de mes anciens alliés. C’est douloureux. J’espérais une attitude plus fraternelle. Mais je ne me résigne pas à cette fin du Front de Gauche. Les personnes qui se sont reconnues dedans sont bienvenues dans « la France insoumise ». Plusieurs milliers de militants l’ont déjà rejoint.

N’y a-t-il pas un risque tout de même de se couper de la force militante du PCF, ne serait-ce que pour les 500 signatures ?

Le mythe des grands appareils verticaux donnant des consignes à des armées de robots est mort. Nous avons fait vivre autre chose en 2012. La campagne a été accomplie par des dizaines de milliers d’anonymes non encartés. Je crois en l’auto-organisation et aux réseaux sociaux. Mon programme « L’Humain d’abord » a déjà recueilli 4 millions de voix en 2012. Il est en cours de réécriture collective sur le site.

Pour recueillir les 500 signatures, je compte sur les 200 groupes d’appuis et les 40.000 personnes qui nous ont rejoints en une semaine. Leur nombre ne cesse d’augmenter. Il faut accepter de payer le prix de l’insoumission. Si je n’y arrive pas, qui en portera la responsabilité ? Pas moi, mais ceux qui se seront acharnés à me barrer la route. L’insoumission est un combat, pas une rente.

Les questions identitaires et religieuses ne vont-elles pas prendre le pas sur les questions sociales en 2017 ?

Le débat sur les questions identitaires est un hallucinogène. Pendant qu’on y perd son temps, la masse des Français doit supporter 6 millions de chômeurs, 2.000 personnes qui meurent dans la rue, 3 millions de mal-logés dans un pays pourtant riche. La réalité sociale est effacée au profit de compétitions religieuses et ethniques qui ne concernent qu’un très petit nombre de gens.

*

Source : http://www.20minutes.fr/politique/1788187-20160217-presidentielle-2017-veux-incarner-rebellion-insoumission

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