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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 09:21

Edition Les Arènes

Préface de Thomas Piketty

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Une longue critique d’universitaire reproche à ce livre de ne pas être suffisamment annoté en bas de page, comme une thèse le serait ; c’est que ce livre est fait pour donner des munitions politiques en temps de crise aux citoyens et combattre le parti de Wall Street qui regroupe, puisque nous sommes en France, les partis du PS aux LR.

Livre important pour les citoyens espagnols, bien sûr. Il devrait l’être pour les citoyens français, particulièrement pour les militants (et les partis) de la gauche réelle car ils y liront leurs propres préoccupations et difficultés, accompagnées d’une réflexion qui ne cède ni à la puérilité ni au romantisme politique.

A la lecture, on est surpris de la maturité, de l’intelligence politique de Pablo Iglésias tant nous imaginons ‘les politiques’ vieux, en costume 3 pièces, le col amidonné plutôt que jeunes, en chemise blanche ouverte et les cheveux noués et formant une coleta. Cette surprise ne fait que refléter la bêtise lorsqu'on s’attache aux apparences.

Si Pablo Iglésias cite Gramsci, Perry Anderson, Zizek, fait référence à la Révolution française, et à bien d’autres choses, tandis qu’il renvoie dans les buts Habermas, retrace à grands traits l’histoire politique de l’Espagne sur un siècle, liée parfois à celle de l’Europe, ce n’est pas pour encombrer de sa science mais pour éclairer.

Il est question de maturité politique. Elle lui permet d’avertir et d’alerter contre les maladies infantiles (le gauchisme) que dénoncent d’ailleurs ceux-là mêmes qui ne se savent pas affectés des maladies séniles (l’instinct stratégique conservateur – selon la formule de Perry Anderson) et qui habitent, malheureusement, certains vieux partis de gauche et parfois même des stratèges locaux de la gauche radicale. Maturité politique encore que de rappeler cette déclaration d’Allende : « Nous avons le gouvernement, mais nous n’avons pas encore le pouvoir », deux choses bien différentes sur lesquelles il faut méditer pour ne pas être pris de court le moment venu.

La surprise vient encore de l’image politique de l’Espagne que l’on a de France, cela même si on lit ici et là quelques articles. Là aussi cette surprise ne reflète que la suffisance qui nous étreint. Aussi aurait-on intérêt à voir ce qui se fait là-bas, comment ils s’en sortent, non pour effectuer un copié-collé, mais pour découvrir des pistes ignorées et de l’inspiration.

Ces lignes n’épuisent pas le contenu du livre qui tient aussi discours sur la Grève, l’Allemagne, la France,…

Il est également question de stratégie, formulée ainsi : Jeu d’échec ou combat de boxe ? « Il est évident que la politique est une partie d’échec entamée depuis longtemps où, à partir de quelques règles de base et avec des pièces inégalement réparties, les joueurs doivent faire preuve d’habileté et même de ruse pour faire avancer leurs pions. Aujourd’hui, dans l’Europe du Sud, il est pratiquement impossible de concevoir la politique autrement, mais on ne doit jamais perdre de vue que les puissants ne renoncent jamais à leurs privilèges quand ils perdent une partie d’échec, mais plutôt lorsqu’ils sortent KO du ring de boxe ».

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