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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 07:43

Qui restera-t-il de militants et que reste-t-il du socialisme au PS ?

Les leaders socialistes vident le Parti socialiste de ses militants à mesure que celui-ci se défait du socialisme en s’appropriant le capitalisme. Pour survivre à la concurrence de la droite LR et à celle du FN, il s’aligne sur les fondamentaux de ces 2 partis et fait siennes les méthodes pétainistes, la dernière en date : la déchéance de nationalité.

Vichy, avait décidé de cette mesure envers les juifs. 7000 français en furent atteints entre 1940 et 1944 avant d’être déportés ainsi que 110000 juifs d’Algérie en 1940 après l’abrogation du décret de 1870 leur attribuant la nationalité française.

Ce n’est plus là seulement reniement de la politique annoncée par Hollande au Bourget, le choix de la déchéance de nationalité est le marqueur du fascisme, celle d’un gouvernement qui s’engage dans la voie du totalitarisme. Jadis en furent atteint de Gaulle, Mendès-France, le maréchal Leclerc et bien d’autres, tandis que l’Allemagne nazie destituaient Albert Einstein et Willy Brand.

À cet instant, on perçoit l’importance de salubrité politique, l’esprit de mesure et de prudence à laquelle pourrait contraindre F. Hollande, nouveau Prince –Président, si le référendum révocatoire était constitutionnalisé.

Que le beau mot de socialisme soit ainsi sali a de quoi meurtrir ceux qui se réclament de l’humanisme. Voici le temps venu de savoir pour chacun de quel côté aller et se situer. Jean-Marie Darmian après 40 ans de Parti socialiste choisit.

Exergue

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http://www.jeanmariedarmian.fr/47596-2/

Il y a exactement 40 ans que je cotise au Parti socialiste. J’y suis arrivé avec l’espoir au cœur dans le sillage des Girondines et des Girondins qui partageaient les idées de Michel Rocard. Je vous annonce que dès aujourd’hui je me mets en congé du PS avec le sentiment que je ne peux plus rien apporter à l’actuel parti. Ma présence n’offre aucun intérêt et en plus je ne supporte plus les gouttes successives accumulées ces derniers temps dans un vase qui vient de déborder. Le liquide ressemble à de la ciguë pour ma conscience. Je ne veux pas voir mourir ce pacte signé avec un socialisme que j’avais façonné à ma façon. Je me retire donc avec mes regrets et mon passé. Je dirai que je suis de Gauche par simple opposition au FN et à l’ex-UMP et je n’irai pas voir ailleurs.

J’avais connu les salles enfumées sentant le Clan, l’Amsterdamer ou la Gitane Boyard du PSU dans lesquelles les discussions s’éternisaient autour de la définition d’un mot. J’avais aimé combattre le monde la finance avec Henri Souque qui prêchait déjà dans le vide pour un contrôle accru de l’évasion fiscale. J’avais croisé la route idéologique de Laure Lataste pasionaria de l’autogestion et première femme que j’ai vu s’engager dans la bataille électorale. J’avais aimé entendre Pierre Brana m’apprendre que « la politique n’est qu’un rapport de forces ». J’avais été disciple le de Philippe Madrelle l’infatigable laboureur de la Gironde et j’avais été le comparse de Pierre Garmendia le compagnon rude et exigeant de la vie la Rive-Droite. J’avais perdu mes illusions en juin 1968 après un mois de mai où je m’étais éclaté intellectuellement et physiquement et que je voulais retrouver. J’avais pourtant été mis en garde par mon instituteur formateur syndicaliste qui ne voulait pas que je mette un doigt dans la machine à broyer les esprits, d’un parti. J’avais écouté avec intérêt les déclarations de Mitterrand sur ce nouveau PS fort de ses courants fondateur. Habitué au fonctionnement identique du syndicat national des instituteurs j’avais bien aimé la notion de « diversité dans l’union ».

J’avais aussi rencontré à Créon des hommes prêts à mettre leur idéal similaire au mien en pratique. J’avais décidé de m’engager en cet an 1975 où naissaient localement des ambitions municipales personnelles qu’il fallait soutenir. J’avais envie de passer aux travaux pratiques (je mettrai dix ans pour m’y décider!). J’avais un amour immodéré pour les campagnes électorales et surtout les affrontements d’idées. J’avais trouvé un espace de liberté vite restreint pour m’exprimer mais qui me convenait. J’avais vite appris que l’on est mieux dans sa tête comme minoritaire convaincu que comme majoritaire passif. Je n’avais jamais choisi la facilité et je savais que je ne la choisirais jamais. Je n’avais donc pas encore en tête que je serai exclu du PS moins de deux ans plus tard et qu’à trois autres reprises, on me traduirait en commission des conflits pour ne pas savoir su retenir mes écrits !
J’avais vite appris à ne jamais renoncer et à ferrailler sur des convictions pour tenter de convaincre. Je n’avais aucune ambition personnelle de notabilité et il faudra 20 ans de ilitantisme avant d’entrer dans une fonction élective exécutive.
J’avais le sentiment que le parler-vrai, le respect des engagements pouvaient constituer la base d’une vie militante comme je l’avais appris au SNI. J’avais rencontré localement des gens reflétant une société désireuse d’espérer : cheminots, chauffeurs, fonctionnaires, ouvriers, enseignants, employés, cadres, techniciens… J’avais investi dans le monde associatif et vécu ce passage vers le politique comme logique et indispensable. J’avais confiance dans l’avenir et localement je n’ai d’ailleurs jamais perdu une élection sur mon nom atteignant même 82 % des exprimés aux cantonales.

J’ai souvent détourné le regard. J’ai parfois soutenu l’insoutenable. J’ai contenu mes révoltes. J’ai peiné à justifier des décisions prises par d’autres. J’ai payé cher le caractère atypique de mes positions. J’ai évité les combats qui ne me convenaient pas. J’ai dit tout haut ce que d’autres n’osaient même pas confier tout bas. J’ai eu un bonheur immense à voir triompher mes idées. Je me suis constitué un patrimoine fabuleux d’ami(e)s et de camarades. J’ai été fier et heureux d’être socialiste…

Depuis ce jour je tire un trait sur ces 40 ans jamais interrompus de mon fait. Je me retire pour me contenter de soutenir les proches qui me font encore confiance dans le quotidien. Je ne supporte plus cette course nationale absurde aux populisme facile au non de la rentabilité électorale. J’abandonne le champ de bataille. Je choisis d’être indépendant et ne plus avoir de comptes à rendre personne.

Petit-fils et fils d’immigrés je ne supporte pas que l’on mette en cause un tant soit peu le droit du sol sans lequel ma famille m’aurait jamais pu construire ce que je suis devenu, sans lequel je ne serais jamais…socialiste. Tant que cette proposition émanant d’un Président et d’un gouvernement se réclamant d’idées humanistes ne sera pas rapportée je suspends mes 40 ans d’appartenance au PS. Et si cette mesure est adoptée, ce serait la fin du chemin pour moi et j’en tirerai les conséquences. Je sais que ça ne bouleversera pas les équilibres politiques girondins et que personne à Paris ne s’en émouvra mais au moins, je me regarderai dans la glace en me rasant.

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commentaires

exergue 27/12/2015 07:36

http://www.les-crises.fr/eric-fassin-la-decheance-de-francois-hollande/

Jacques Heurtault 26/12/2015 10:51

Je constate que nous ne connaissons rien ou presque du projet de réforme constitutionnel puisque le texte exact qui sera soumis à la délibération successive des deux chambres n'est pas définitivement arrêté loin s'en faut.
Je constate également un insoutenable amalgame entre les mesures pétainistes dirigées contre les Juifs parce qu'ils ETAIENT juifs et des personnes définitivement condamnées pour avoir commis des crimes de terrorisme avérés qui, elles, se verront - peut-être - déchues de leur nationalité française comme conséquence de leur condamnation définitive.
Je constate que l'écrasante majorité des Français et des Françaises soutient la perspective de cette réforme constitutionnelle qui vise à permettre, si le Parlement en décide ainsi, qu'une loi portant modification du Code Pénal puisse permettre, sans contrevenir à la Constitution (puisqu'elle aura, préalablement, été modifiée à cette fin), qu'un tribunal puisse prononcer la déchéance de nationalité.

Où est donc le problème?

Si ça ne tenait qu'à moi, cette déchéance de nationalité devrait être prononcée pour tous les "Français" condamnés pour les mêmes raisons et pas seulement pour les seuls "binationaux".
Dans la mesure où un traité international n'est pas et ne peut pas avoir la portée d'une loi internationale (puisque le concept même de "loi internationale" n'existe pas attendu qu'aucun parlement international ne peut la voter puisqu'un tel Parlement international n'existe pas), il n'y a pas d'obstacle à l'adoption d'une telle mesure. La dénonciation des traités internationaux reste - heureusement - toujours possible dans tout ou partie des clauses dudit traité.

Il Rêve 26/12/2015 14:37

"Où est le problème? " écrit Jacques Heurtaut.
Il y en a en fait au moins deux.
Le premier réside dans la détermination de Jean Marie Darmian de vouloir poursuivre une route socialiste qui ne depasse pas la ligne blanche.
Le deuxième consiste à ne pas vouloir considérer la mesure de déchéance comme une proposition étrangère au camp socialiste.
On peut trouver sans difficulté un 3 ème problème qui se situe davantage au niveau de la stratégie adoptée par le président de la République. Il n'est pas dit que les représentants LR et FN se rangent du côté de la "déchéance version Hollande", pas plus que les représentants du PS, du moins dans leur majorité.
Mais ce ne sont que manoeuvres politiciennes momentanées qui ne tarderont à être rangées dans les oubliettes de l'histoire par ceux qui ont besoin de travail, d'un salaire, d'une bonne éducation pour eux mêmes et leurs enfants, et d'une véritable sécurité dans la liberté.

carol 26/12/2015 07:59

" Que se passera-t-il, demain, si un régime autoritaire qualifie très largement des opposants de "terroristes" ? »
http://m.lavoixdunord.fr/region/decheance-de-nationalite-marc-trevidic-sommes-nous-ia0b0n3238306

Pimpim 26/12/2015 11:37

En 1789, la révolution française faisait acte de deux types de citoyens les possédants et les possédés. Les premiers avaient le droit de vote. Deux sortes de citoyens français, et inegaux en droits. En 1792, la veritable révolution française, grace à Robespierre, on a déclaré qu'il n'y avait qu'un seul type de cityoen egaux en droit et devoir. De là est parti les valeurs de notre constitution, le ciment qui a permis à tout à chacun de construire notre démoncratie. Les lois constitutionnelles sont le socle de notre république. Dés que nous nous permettons de faire une distinction et de marquer un français du fait de son origine quelque soit le motif, on fait un pas en arriére, on s abaisse, on vomit sur tous ses hommes morts pour la France et ses idées. C'est honteux; Il n' est pas question de terrorisme, il s'agit tout d'abord qu'on introduit iin vitro le fait que certains français sont inegaux. On divise le troupeau. On ne peut batir une societe sereine en differenciant les personnes suivant leurs origines. Marquer cela dans la constitution c'est l inscrire dans le marbre.
Etre français, c'est un mariage à vie, et je vais dire c'est pour le meilleur et pour le pire. On ne refile pas ces brebis galeuses aux autres. On fait avec, on les combats etc...
J ajouterai que dans le code pénal les textes prévoient la déchéance de nationalité.
Le code pénal evolue. La constitution doit rester notre ciment parce qu"elle préserve tout à chacun... du moins elle doit etre innamovible sur certains piliers qui nous protégent tous.
Aprés à qui sera le tour, on y ajoutera une distinction homme, femme suivant les religions... Bref, on anneantira tout ce qui reste des valeurs essentielles qui ont fondées notre république;
Aprés au niveau éthique, vous avez un malade dans votre famille... Vous le refilez au voisin, bravo... Chapeau bas, la merde on l'envoit aux autres... Et bien moi je vous le dis, si cela est voté j aimerai bien que le maroc et l'algerie à titre d'exemple dechoit de leur nationalité des franco marocains... et les envoient en France...
Ce n'est pas comme cela qu'on régle les problémes, on ne refile pas le poison aux autres, On assume car on est responsable, fort des idées qui ont bati notre république.
On abdique pas au premier coup, en s'abaissant dans les idées nauséabondes. On combat, on n agit pas en làche..

SI l'on ne veut plus de binationalité en France, ceci est un autre débat et on peut le discuter mais inscrire une distinction entre français et le graver dans le marbe, cela est innaceptable.
Aprés, pour terminer un gars qui se fait exploser, je pense qu'il s'en fout un peu de tout cela. Mais en tout cas, ils gagnent en divisant notre socle;

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