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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 05:34

https://blogs.mediapart.fr/boudinovitch/blog/181215/parti-de-gauche-encore-un-gros-effort-pour-devenir-un-vrai-parti?utm_source=twitter&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-67

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Survolons rapidement quelques questions.

a) Faut il tenter de reconstruire une vraie gauche, ou aider le PS a participer au second tour en 2017 ? On suppose ici que tout le monde adopte le premier choix de l'alternative.

b) La reconstruction d'une vraie gauche concerne-t-elle les militants et les organisations, ou plutôt le mouvement social ? Les deux, mon Capitaine. Mais entre militants on ne peut traiter que du premier point car le mouvement social ne dépend de la volonté d'aucun militant, d'aucun groupe, d'aucun parti.

c) Ni Dieu, ni César, ni Tribun, donc les personnalités, on s'en fiche ? Que nenni. Le mouvement s'est toujours servi des personnalités. Bien sûr, si une personnalité parvient à se servir du mouvement, c'est regrettable. Contre ce danger, il n'existe hélas pas de vaccin.

La voie est dégagée, le lecteur de ce billet a compris de quoi je vais traiter : de cuisine politique. J'espère d'ailleurs que dans notre pays "Cuisine" n'est pas un mot déplaisant. Je n'ai pas écrit "cuisine politicienne".

Encore très brièvement, avant d'en venir au point particulier qui m'intéresse aujourd'hui : je pense qu'il faut bâtir une représentation politique aujourd'hui absente du paysage : une opposition de gauche. Oui, le mot "gauche" est usé, ambigü, vieillot. Mais tant qu'on n'en a pas un meilleur ? On peut également (comme fait Noel Mamère) parler d'émancipation. Mouvement pour l'émancipation, ce n'est pas mal non plus. Mais la connotation est moins forte : gardons en mémoire le cas de Podemos qui s'est voulu "ni droite, ni gauche"... et qui se déglingue, d'avoir voulu être trop malin...

J'avance. Dans le dispositif qui pourrait constituer une "Opposition de Gauche", il y a des associations, des syndicats, des partis, et des hommes. Par "hommes" je pense bien sûr aux citoyens, mais aussi aux leaders. Pardon de choquer certains, mais je crois que les leaders sont importants. Plus exactement, je sais, comme tout le monde sauf ceux qui par fanatisme veulent nier l'évidence, que les leaders sont très importants.

Dans notre gauche, des leaders il n'y en a pas beaucoup. On peut citer Pierre Larroutourou, Paul Laurent, Jean-Luc Mélenchon, Cécile Duflot, Clémentine Autain, Olivier Besancenot. Les citoyens n'en connaissent guère actuellement que deux : Duflot et Mélenchon. Le baromètre de popularité IPSOS des hommes politiques ne cite que ces deux-là. Il met Mélenchon en moyenne au dessus de 30% d'opinion favorables (32%) et Duflot au dessus de 20% (23%).

Les partis qui existent dans notre gauche sont assez nombreux, en particulier du fait de nombreux petits groupes issus du NPA ou du PCF, membres ou non du "Front de Gauche". Les principaux sont les PCF, le PG et EELV. On me dira que mettre "à gauche", EELV (et Cécile Duflot) c'est loin d'être évident. Je dirais pour ma défense que c'est aussi le cas du PCF (et de Pierre Laurent). Chacun sait tout ce que l'on peut dire à ce sujet.

Vous voyez où me mène ma façon de raisonner. Le seul parti clairement à gauche, c'est le Parti de Gauche. Le seul leader politique lucide, honnête, loyal, c'est Mélenchon. Rebâtir le mouvement pour l'émancipation, est-ce possible en faisant l'impasse sur le PG et sur JLM ? Certains le pensent, peut-être. Alain Badiou, par exemple, explique, avec quelques d'autres, sans préciser outre mesure, qu'il faut bâtir, dans la durée, un mouvement authentiquement communiste (ce que n'est certes pas le PG) avec une petite cohorte cohérente et politiquement très formée. Noël Mamère, d'un point de vue certainement très éloigné, dit aussi qu'il faut bâtir, dans la durée, et suivent un processus lent, quelque chose au sujet duquel il ne nous dit rien.

Je note ces positions, sans les mépriser, mais je ne les suis pas. En particulier, je pense que les anciens staliniens comme Alain Badiou, quelque soit par ailleurs leur bonne volonté actuelle et la valeur de leur intelligence, ne sont pas armés pour faire le premier pas : leur bagage théorique est, à mes yeux, très pauvre et souvent fondé sur de très anciens mensonges.

J'en arrive au PG, et à JLM, qui devraient, selon mon schéma, être au centre de la reconstruction. Hélas, cela peut difficilement être le cas aujourd'hui.

Je prétends que toute une série de préjugés petits bourgeois grèvent cette organisation dans ses fondements. Je les liste : (1) la méconnaissance du rôle d'un dirigeant (2) la méconnaissance du rôle de la discipline (3) une conception fausse du féminisme. A cela, j'ajoute un point beaucoup plus politique : (4) l'absence d'une stratégie de construction.

Toujours à toute vitesse, mes éléments de preuve.

Pour le (1), ce fut et cela reste une erreur, une faute, de la part de JLM, de se mettre à part et de ne pas être le dirigeant du PG. Beaucoup de gens, d'ailleurs, pensent que c'est du flan et que, de manière occulte, il dirige le PG. Hélas, ce n'est pas du flan. JLM est le seul qui a la carrure d'un dirigeant, et, pour de mauvaises raisons, il ne dirige pas.

(2). Lorsqu'on m'a dit (j'ai adhéré au PG en Juin 2015) que dans ce parti il y avait un principe "une seule consigne, pas de consigne", j'ai cru à une blague (douteuse). Hélas, c'est vrai. Au PG, chacun fait comme il veut. JLM avait demandé avec insistance, publiquement, que les listes d'union portent un nom unique au plan national. On sait, a posteriori, l'importance de ce "détail". Cette bataille n'a pas été menée. Chacun, régionalement, a fait selon son inspiration et le sens du vent. Résultat, c'est EELV qui a imposé sa ligne. Autre résultat, dans certains départements, les dirigeants et la quasi totalité des militants se sont mis "en congé". L'accord d'union ne leur plaisait pas trop... Je connais un cas où celui qui va rendre compte de la campagne au CN du PG de janvier n'y a pas participé : il n'est pas sorti de chez lui...

(3) Au PG, le "principe de parité" s'applique à tous les échelons. Pas seulement ce qui est imposé par la loi, beaucoup plus. Tous les comités, toutes les délégations, sont "paritaires". Ce principe a été dénoncé par de nombreux et nombreuses féministes. Il est insultant pour les femmes, puisqu'il pose qu'elles ne peuvent participer par leur talent et leur valeur.

Le quatrième et dernier point est politique. J'ai autour de moi au moins vingt amis qui pourraient adhérer au PG dès demain. Mais pour y faire quoi ? Il existe de nombreux témoignages de gens qui ont adhéré, payent une assez forte cotisation, et ne sont contactés par personne pendant des mois.

Le PG n'a pas prévu de se construire, il a tout attendu, depuis 2012, du développement du FdG, pourtant rendu impossible par l'attitude du PCF. Il n'existe qu'une manière de construire une organisation. Il faut une volonté et un suivi nationaux de la direction, et une présence régulière sur les marchés et dans les cités, au porte-à-porte. Il faut "aller au masses" comme le demandait, dans les années vingt, l'internationale communiste au petit parti communiste français.

J'ai certainement été trop long. Je résume. Il n'y aura pas de formation de l'opposition de gauche en France sans mise à l'écart, au PCF, des dirigeants déloyaux comme Pierre Laurent. Sans poursuite de la clarification au sein de EELV, renvoyant vers le PS ceux qui sacrifient au dogme libéral, et sans refonte complète, sur le plan organisationnel, du PG.

Lourde tâche, pour ce qui concerne le PG. Mélenchon doit s'engager plus directement. S'il fait le choix, au contraire, de se distancier pour acquérir une meilleur stature de candidat présidentiel, ce sera à nouveau un mauvais choix. Bien sûr que JLM est le meilleur candidat de la vraie gauche. En fait il est le seul. Il faut faire les deux : reprendre en main le PG et le construire avec audace, et préparer la présidentielle.

Mais ce parti a de grands atouts, en particulier un programme politique très bien fait, spécialement pour ce qui concerne la position relative à l'Euro et à l'UE (position excellemment présentée sur Médiapart par Jacques Généreux il y a quelques mois).

Je ne suis ni optimiste, ni pessimiste. Les difficultés sont grandes. Mais la nécessité est forte.

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