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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 14:08

Editions Albin Michel

Le capitalisme n’est rien sans les capitalistes, autrement dit : quelle importance le capitalisme s’il ne se trouve personne pour le mettre en œuvre. J’ai toujours été frappé de cela : qu’on vilipende une doctrine en évitant de s’attacher concomitamment aux êtres humains qui l’exercent. C’est, à mon sens, pratiquer l’esquive. Peu me chaut le fascisme s’il n’y pas de fascistes, le capitalisme sans capitalistes. Conscient de cela, François Delapierre nommait, avec juste raison, les salopards qui avaient fait un sort à Chypre. La doctrine pouvait bien exister condamnant potentiellement ce pays à la faillite qu’elle était inféconde si des salopards n’avaient pas décidé de l’appliquer. Pareillement, la Grèce et son peuple ne subiraient pas le sort qui leur est fait, s’il ne se trouvait des Merkel, des Schauble, et des comparses, pour agir contre eux. Et puis, au tribunal, s’il en était un pour juger des conséquences du capitalisme, ce sont des individus qui seraient appelés à comparaître car les idées et leurs effets n’existent que des « humains ».

Ce n’est donc pas le capitalisme qui est primitivement porteur de l’instinct de mort, mais bien les créatures.

J’ai également été frappé de cette capacité qu’ont certains d’entre nous, soit par cupidité soit par désir de puissance soit par fanatisme, à aller jusqu’au bout, sachant pertinemment qu’au bout, à poursuivre leur soif inextinguible, ils trouveraient eux aussi la mort. Il n’est pas étonnant que José Millan-Astray ait pu lancer ces abjections : « Viva la muerte !», puis s’adressant à Miguel de Unamuno « A mort l’intelligence traitresse ». Il n’est pas étonnant que les Bush aient fait la guerre en Irak, Sarkozy en Libye, que Schauble se soit montré intransigeant, on dit psychorigide, vis-à-vis de la Grèce, ils ont tous, en eux, cette pulsion de mort qui les fait aller jusqu’au bout, jusqu’à ce bout qui inscrit notre destruction, et la leur.

J’ai donc lu le livre cité avec ce plaisir qui fait qu’on y va à la rencontre de ses propres idées qui ne valent pas un pet de nonne quand on est un ver de terre.

Il n’est pas tout à fait dans ce livre ce que vous venez de lire mais il y est question du capitalisme et de l’instinct de mort dans le croisement de la pensée de Keynes et de celle de Freud. On partagera du premier l’optimisme qui nous donne à penser que la Grèce et son peuple, aujourd’hui défaits, portent en ce moment un avenir plus humain et pour eux et pour nous, du second le pessimisme car, allez savoir pourquoi, il y aura toujours des salopards pour qui l’intelligence qui propose la vie sera toujours traitresse.

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