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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 16:33

Sensée apporter la paix, l’Europe propose la guerre, et la fait.

Quasiment 60 ans après l’amorce de ce qui va devenir l’Union européenne, c’est la guerre en Europe. Car c’est bien une guerre qui est conduite en Europe avec d’un côté une coalition de gouvernements libéraux et antidémocratiques et de l’autre un gouvernement, le gouvernement grec, qui a fait le choix de défendre son peuple et de refuser de laisser le pays sous tutelle, administré comme un protectorat.

Étonnant non, qu’on puisse parler de guerre sans assister à des mouvements de troupes ?

Bien sûr, vous ne verrez pas des chars, pas de troufions, la guerre moderne est bien plus subtile. Elle se mène au feutré des cabinets, à la bourse, en maints lieux. Mais c’est bien une guerre.

De la Grèce ou de la coalition libérale qui va gagner ? Car, il y aura un gagnant qui sortira, comme il en sort un dans toutes les guerres, mais dans quel état ! Mais il y aura toujours le même perdant : le peuple qu’il soit qualifié de grec, d’espagnol, de français,…

Cela se passe en Europe, cependant que l’affaire est bien plus large, que la planète en offre la scène mondialisée, le libéralisme financier faisant progresser ses tentacules partout, toujours plus loin, tandis que recule partout la démocratie et que sont dévastées terres et populations.

C’est une guerre entre une minorité de riches et une immense majorité de pauvres, non parce que les pauvres l’ont voulue et entendent devenir milliardaires comme l’imagine l’imbécile qui mesure les autres à sa propre aune, mais parce que les riches entendent l’être toujours davantage et pour cela l’imposent.

Ce ne sont jamais les pauvres qui décident de la guerre, quand ils se mettent en mouvement c’est pour la révolution pour autant qu’ils y soient acculés, sinon ils préfèrent la plage, le peu qu’on consent à leur donner.

Mais nous sommes européens, et pour cela, et parce que l’Europe est un gros morceau dans le monde, nous nous intéressons à elle.

Pour tout vous dire, concernant les peuples et leur capacité à se révolter, je suis dans l’expectative. Tenant le blog dans lequel vous lisez ce mot je peux observer chaque jour quels sont les articles les plus lus et, d’une certaine façon, me faire une opinion quant aux sujets qui paraissent concerner mes concitoyens. Alors que les propos tenus sur le GMT et autres sujets avaient leur audience, ce qui est écrit sur la Grèce n’en a pas, ce qui, je dois vous l’avouer me fait flipper. On peut penser que la Grèce est loin, sans bien se rendre compte que « La frontière française se défend à la frontière grecque » (1)

« La guerre, selon Clausewitz, est un acte de violence dont l’objectif est de contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté » (2). Comment mieux qualifier l’attitude de la coalition libérale européenne que de dire qu’elle conduit la guerre contre les peuples et, à cet instant, plus particulièrement contre les grecs au travers de négociations dans lesquelles elle ne cède jamais rien et se montre toujours plus exigeante, et jamais abaissant le pistolet financier qu’elle tient sur la tempe.

Encore un mot. J’ai écrit par deux fois dans le blog cette idée un peu fada, comme on émet un vœu, de voir un jour condamnés ceux qui ont mis en place un tel système et qui l’activent. Condamnés devant des tribunaux comme ce fut le cas dans des procès parallèles à celui de Nuremberg, car il y a matière à condamnation que ce soit pour avoir mis en place une dette illégitime, illégale, odieuse, que ce soit pour avoir détruit des structures étatiques, que ce soit en ne respectant pas les règles ainsi que l’a fait la BCE,…., que ce soit en faisant ressortir tous ces morts dus aux mesures imposées par les créanciers. Et voilà que je vois passer un message, d’un individu avec qui je n’ai aucune relation, et qui brièvement fait la même proposition. Alors, je me dis, que la situation est tellement abjecte que, peut-être, quelque chose se dessine dans les esprits de cet ordre là.

Et puis encore un mot. Si les mots et les expressions sont un sens, il faut y être attentif. On parle de la Grèce, je l’ai fait là, de la crise grecque, de l’affaire grecque. Ne serait-ce pas plutôt de la crise européenne dont il conviendrait de parler, histoire d’user de la bonne focale et de remettre les choses à leur place ?

Voudrait-on tuer l’Europe qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

  1. http://www.wmaker.net/emancipation66/Grece-La-France-doit-prendre-l-initiative_a400.html
  2. http://la-philosophie.com/guerre-continuation-politique-clausewitz

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commentaires

Il Rève 01/07/2015 18:36

Oui "les mots et les expressions sont un sens" comme l'écrit si bien Exergue. Les mots que l'on utilise pour décrire, par exemple, la situation politico économique de la Grèce sont le sens que celui qui les prononce donne à la perception qu'il a de la situation. C'est ainsi que les journalistes, de concert avec le FMI la BCE et l'Union Européenne ont affirmé que "la Grèce est en cessation de paiement". Tandis que Mélenchon affirmait que la BCE détenait 1 milliard 900 millions d'Euros que la Grèce lui avait versé et que de cette façon elle avait su honorer comme il convient sa dette. Tandis que des grecs parlent quant à eux des efforts énormes qu'ils ont fait pour sauver leur pays. Les mots et les expressions sont vraiment le sens des choses. Nous devons cependant rester persuadés que le peuple ne sera pas "éternellement" celui qui paie de son sur travail les bénéfices des grands patrons et autres richissimes actionnaires.

luciani m;j 01/07/2015 17:56

Tout à fait d'accord avec tes idées et tes doutes sur la gouvernance européenne !

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