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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 13:23

http://www.wmaker.net/emancipation66/Paul-Krugman-Je-voterais-non_a399.html

L’économiste américain ne lâche pas l’affaire grecque : sur son blog, il estime que la Troïka a délibérément fait à Tsipras une offre qu’il ne pouvait pas accepter, et qu’elle a commis "un acte de folie monstrueuse" en aggravant la crise.

Economiste américain qui a obtenu le « prix Nobel d'économie » 2008 pour avoir montré « les effets des économies d'échelle sur les modèles du commerce.

Grisis

[...] OK ! Voilà qui est devenu réalité : les banques grecques fermées, les contrôles de capitaux imposés. Grexit n’est plus si loin – la mère redoutée de tous les paniques bancaires est presque là, ce qui signifie, maintenant, que l’analyse coût-bénéfice de la sortie de l’euro est beaucoup plus favorable à celle-ci qu’elle ne l’a jamais été auparavant.

Il est clair, cependant, que certaines décisions doivent maintenant attendre le référendum. Je voterais "non" pour deux raisons.

Tout d’abord, même si la perspective de sortie de l’euro effraie tout le monde – moi y compris – la Troïka exige maintenant effectivement que la politique des cinq dernières années se poursuive indéfiniment. Où est l’espoir dans tout cela ?
Peut-être, et seulement peut-être, l’affirmation de la volonté que cela cesse va inspirer une refonte. Mais probablement pas. Auquel cas, la dévaluation ne pourrait pas entraîner beaucoup plus de chaos que celui qui existe déjà, et elle pourrait ouvrir la voie à un éventuel rétablissement, tout comme elle l’a fait dans de nombreux autres temps et autres lieux. La Grèce n’est pas si différente.
En second lieu, les implications politiques d’un vote Oui seraient profondément inquiétantes. De toute évidence, la Troïka a fait une Corleone à l’envers .Elle a fait à Tsipras une offre qu’il ne pouvait pas accepter, et elle l’a, sans doute, fait en connaissance de cause. L’ultimatum était donc une manœuvre pour remplacer le gouvernement grec. Et même si l’on n’aime pas Syriza, cela a de quoi inquiéter tous ceux qui croient dans les idéaux européens.[...]
s'exprimant sur la Grèce, Paul Krugman avait déjà écrit:

[...]

Le moment de vérité pour l’Europe

Jusqu’à présent, chacune des alertes concernant une rupture imminente de l’euro s’est révélée fausse. Les gouvernants, quoi qu’ils aient promis lors d’élections, ont cédé aux exigences de la Troïka ; en même temps, la BCE agissait pour calmer les marchés. Ce processus a maintenu la monnaie, mais a perpétué une austérité profondément destructrice. Il ne s’agit pas de quelques trimestres de croissance modestes pour certains débiteurs, mais de l’immense coût de cinq ans de chômage de masse.

Sur le plan politique, les grands perdants de ce processus ont été les partis de centre-gauche, pour lesquels le consentement à une sévère austérité et donc l’abandon de tout ce qu’ils sont censés défendre a fait beaucoup plus de dégâts que des politiques similaires pour le centre-droit.

Il me semble que la Troïka (je pense qu’il est temps d’arrêter de prétendre que quelque chose a changé, et qu’il faut revenir à l’ancien nom) s’attendait, ou du moins espérait que la Grèce serait une copie conforme de cette histoire. Soit Tsipras ferait comme les autres, abandonnant une grande partie de sa coalition et étant probablement contraint à une alliance avec le centre-droit, soit le gouvernement Syriza chuterait. Et cela peut encore se produire.
Mais, du moins jusqu’à aujourd’hui, Tsipras ne semble pas disposé à se faire hara-kiri. Au lieu de cela, face à l’ultimatum de la Troïka, il organise un référendum pour décider de l’accepter ou non. En réalité, il fait ce qu’il faut faire. Et ce pour deux raisons.

Tout d’abord, s’il gagne le référendum, le gouvernement grec sera renforcé par la légitimité démocratique qui, je pense, compte encore en Europe. Et s’il ne le gagne pas, nous avons besoin, aussi, de le savoir.

Deuxièmement, jusqu’à présent Syriza a été dans une position politique délicate. Ses électeurs sont à la fois furieux des exigences pour accroître l’austérité et en même temps, ils ne veulent pas quitter l’euro. Il a toujours été difficile de voir comment ces souhaits pouvaient se concilier. C’est encore plus difficile maintenant. Le référendum permettra aux électeurs de choisir leur priorité, et de donner à Tsipras le mandat de faire ce qu’il doit, si la Troïka va jusqu’au bout.
Pour dire ce que je pense, cela a été un acte de folie monstrueuse de la part des gouvernements créanciers et des institutions de pousser les choses là où elles en sont. Mais ils l’ont fait, et je ne peux certainement pas blâmer Tsipras de se tourner vers les électeurs, au lieu de se tourner vers eux.

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commentaires

Il Rève 01/07/2015 14:38

Il est important d'avoir un regard critique sur tout ce que peuvent écrire des américains, surtout si ils sont économistes, surtout quand ils écrivent sur l'état de la Grèce. Il est incontestable que le montage économique qui est construit autour de la dette grecque constitue un pari important pour l'économie américaine. Celle ci ne se lamenterait pas d'un échec des négociations impliquant la Grèce. Les banques américaines, dont on connait bien évidemment la solidité, sont disposées à prêter autant d'argent qu'il faudrait pour stabiliser la situation. L'Europe, incapable de part les intransigeances aveugles de la BCE et de la commission, serait sauvée momentanément par les avoirs américains; Que peut rêver de mieux un banquier américain dans ces conditions; Pourtant il ne s'agit que de 1 milliard 500 millions euros que la Grèce doit au FMI. Mais alors que deviennent les 1 milliards 900 millions que la Grèce a versé à la BCE ? Tout cela semble bien mal engagé pour une résolution négociée du problème. Simplement parce que d'une part le FMI sait très bien que la Grèce ne pourra jamais rembourser sa dette et que d'autre part la Grèce va se prononcer démocratiquement pour savoir si oui ou non les grecs doivent accepter les dernières propositions. Geste démocratique que ne peut pas accepter les responsables du FMI. Les fondements de l'économie de marché ne se trouvant nulle part dans terreau démocratique. Les banques grecques sont fermées. Les bureaux de vote vont ouvrir. Et si ils n'ouvrent pas. La catastrophe politique est toute proche.

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