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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 07:09

Il est souvent dit qu’il est peu de jeunes gens et de jeunes adultes lors des réunions politiques. Peu également dans les partis. Autrement dit, ils ne s’intéresseraient pas à la politique tandis que les vieux oui.

Si on considère que la population qui se réunit est majoritairement âgée, on doit ajouter qu’elle est très âgée. Pour fixer les idées, sont là des personnes qui ont rarement moins de soixante ans, au point qu’on entend parfois, parlant de la structure partisane : ‘C’est un club de retraités’.

Imaginons un instant qu’à la raison naturelle ceux-ci disparaissent, ne resteront alors que des jeunes gens et des adultes jeunes répartis également… et fort peu nombreux ; ce qui pose un problème, celui de la survie de cet outil qu’est un parti.

Mais qui sont ces vieux ?

Pour la plupart, ils ont un passé politique ou associatif, ils sont issus d’un temps où l’engagement était de mise, pour le moins une forme d’engagement.

Les ‘vieux’ pratiquent l’engagement partidaire, alors que les ‘jeunes’, pour ceux qui s’engagent, le font sur des causes précises, volatiles et sans subir de contraintes. D’où cette conclusion lapidaire, il n’est guère de citoyens pour s’intéresser à la politique selon les procédures anciennes.

C’est l’esprit du moment qui veut que nul désormais ne consent à se sentir lié d’une quelconque manière, d’une part parce que l’éducation à l’individualisme est passé par là, d’autre part parce que les partis sont réputés avoir faillis et ne plus répondre aux aspirations des populations.

Le problème posé est celui de l’efficacité.

Que peut-on attendre de citoyens qui se réunissent « pour faire le coup » pour se défaire aussitôt celui-ci commis ? Que peut-on espérer de ceux qui agissent au nom d’un idéal pas vraiment formulé, d’un futur vaguement entrevu, mais qui ne se tiennent pas organisés entre eux et à long terme, à lier les problèmes les uns aux autres et à tenter de les porter dans un projet global et cohérent ? Pas grand-chose de conséquent à vrai dire.

En un tel paysage de manières politiques, ceux qui gouvernent ont jeu aisé pour perdurer car de ceux qui s’agrègent un instant pour se désagréger dans l’autre aucun ne prétend et ne peut prétendre conquérir le lieu de pouvoir où se décide et se fait la politique. C’est là une curieuse façon de faire de la politique et d’exister, c’est là un manque d’imagination et de réalisme que de rester à s’épuiser en combats sans fin comme si s’opposer était la seule chose concevable, la seule chose intelligente et honnête.

On est dans la société de consommation pourtant décriée. On consomme du Notre Dame des Landes, du barrage de Sivens, du gaz de schistes, …. qui ont à voir entre le Larzac devenu mythique et la rave-partie. On aimerait voir ces jeunes s’engager dans un parti, créer celui qui leur paraît adéquat, mais non, ils aiment la concentration, le feu de bois qui a du mal à prendre.

C’est que nous nous y prenons mal disait quelqu’un dans une réunion et alors que chacun communiait dans le constat qu’il n’était guère de jeunes dans les partis, pour preuve ajoutait-il, j’ai vu en Allemagne plus de 4000 d’entre eux rassemblés à écouter un leader. Mais il faut penser que les concerts à Bercy ou ailleurs rassemblent comme rassemblent, cela est dit plus haut, les rave-parties. Le véritable rassemblement, celui qui peut prétendre dans le temps à l’efficacité, est celui qui dure, qui ne se défait pas selon les humeurs et le concert terminé.

Il est là à se mobiliser pour Notre Dame des Landes,…., une activité citoyenne et démocratique ; bien sûr ! A ne pas négliger, bien sûr ! Mais cela ne va pas bien loin. Il est là des collectifs qui se montent, mais aucun sens du collectif.

Aussi, vais-je continuer à plaider en faveur des structures, qu’elles soient politiques ou syndicales. Des structures qui ne sont que des outils. Des outils qui ne valent que par ce qu’on en laisse faire ou ce qu’on en fait. Des outils indispensables, à cet instant et faute d’avoir trouvé mieux, pour que nous se soyons pas condamnés, ad vitam aeternam, à subir ceux qui n’ont pas d’opposition organisée susceptible de les remplacer.

Le rôle d’un parti est de rassembler sur des idées partagées. Il est aussi d’assurer sa pérennité en s’attachant à cette politique qu’est de faire venir à lui des ‘jeunes’ pour pourvoir au remplacement des ‘vieux’ ; qu’il ne s’astreigne pas à ce travail, il est mort, et le projet et la perspective politique qu’il porte sont morts avec lui.

Quant aux ‘jeunes’, s’ils pensent qu’il n’est d’autre salut que dans leur manière, ils se fourrent le doigt dans l’œil. Qu’ils pensent brièvement à la métamorphose qui a fait d’un agrégat d’Indignés un parti - Podemos – en passe de conquérir le pouvoir…. et de changer la donne.

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