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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 05:53

Ci-dessous un article (1) qui peut répondre aux interrogations de certains quant à la Troïka ; certainement faudrait-il en faire un pour chacune des composantes de la Troïka. Qui sait comprend mieux les objectifs qui correspondent ici à une vision libérale politique et économique de l’Europe et des rapports humains, cette précision n’est pas sans importance car elle signale la possibilité d’effectuer d’autres choix.

On insistera aussi sur ce point essentiel : la Troïka correspond à mettre sous tutelle un pays et un peuple, c'est-à-dire à mettre hors la loi la démocratie après qu’un mémorandum ait été signé le révolver sur la tempe et non négocié. Pour bien comprendre il est nécessaire de se mettre en situation. Accepterions-nous, nous citoyens français, de ne plus avoir le droit à l’exercice démocratique et d'être placés sous tutelle ? Est-ce concevable et acceptable ?

Exergue

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C’est quoi la Troïka?

Le terme russe « troïka » désigne à l’origine un attelage de trois chevaux, mais il peut être utilisé pour qualifier tout type de collaboration tripartite. Dans le cadre de la crise européenne, la Troïka comprend trois institutions :

  • la Commission Européenne (CE)
  • la Banque centrale européenne (BCE)
  • le Fonds monétaire international (FMI)

En quelques mots, le rôle de la Troïka est d’assurer le suivi des pays confrontés à d’importantes difficultés économiques et qui bénéficient de prêts accordés par l’Union Européenne et le Fonds monétaire international. Ces prêts, bien qu’à des taux d’intérêt inférieurs à ceux du marché, ne visent pas vraiment à sortir les pays de leurs difficultés économiques.

Bien sûr, il ne faut pas sous-évaluer les problèmes nationaux à l’origine de ces difficultés (comme la corruption ou des taux d’imposition très bas), mais la Troïka n’a d’intérêt que pour eux, alors que les problèmes systémiques aux niveaux européen et mondial sont plus importants. De plus, les cibles privilégiées de la Troïka sont les salaires, le temps de travail et les dépenses sociales – ce qui préserve une fois encore les intérêts des plus riches.

En outre, le transfert de la dette aux autorités publiques organisé par la Troïka qui n’a pour but que de préserver les intérêts des créanciers privés, des banques et des institutions financières, tout en la consolidant et en la relevant à des niveaux insoutenables, lui permet d’exiger des réformes économiques et des mesures d’austérité extrêmement lourdes.

Ces mesures et ces réformes, qui représentent les conditions que les pays doivent remplir pour continuer à percevoir des fonds, sont définies dans une sorte de contrat, appelé mémorandum (ou protocole d’accord). La Troïka organise des visites d’inspection dans les pays signataires et peut décider de retarder le paiement de la tranche suivante, si elle constate que les efforts demandés en échange de l’argent n’ont pas été accomplis. La Troïka a donc une influence considérable sur les politiques économiques et financières intérieures des pays soumis à son contrôle.

La Troïka est intervenue pour la première fois en Grèce en 2010. La situation économique et financière du pays s’avéra moins brillante qu’elle avait pu le laisser croire au cours des années précédentes. Finalement, en mai 2010, le pays demanda un soutien financier aux institutions internationales. La Commission européenne, la BCE et le FMI s’engagèrent donc dans une mission conjointe à Athènes et, quelques jours plus tard, proposèrent un programme de prêts en échange d’un premier protocole d’accord. Ainsi commença la spirale infernale de diminution des retraites, des salaires, d’augmentation des impôts, des licenciements et des privatisations : la Troïka avait pris possession des lieux.

Après la Grèce, trois autres pays européens furent placés sous son contrôle : l’Irlande en décembre 2010 (elle quitta le programme en décembre 2013, tout du moins officiellement), le Portugal en mai 2011 et Chypre en avril 2013. D’autres pays, comme l’Espagne, qui a signé un mémorandum pour obtenir des prêts pour ses banques ou l’Italie, qui n’a signé aucun protocole d’accord, ne sont pas officiellement sous son joug, mais ils subissent également une pression importante pour instaurer des réformes et des mesures d’austérité.

Finalement, la Troïka garantit que le citoyen lambda paiera pour régler les problèmes systémiques de l’économie et les erreurs faites par les institutions financières, qui sont les véritables causes de la crise. Dans le même temps, au cours des dernières années, les législateurs européens n’ont eu de cesse d’assouplir les règles et les contrôles appliqués aux institutions financières et aux grandes entreprises. Insensé? Effectivement. Pourtant, d’un point de vue néo-libéral, tout cela est parfaitement logique.

La Troïka et ses politiques néo-libérales ne doivent donc pas être considérées comme un problème isolé, mais plutôt comme un instrument utilisé en période de crise systémique, et qui s’inscrit dans une tendance générale de mesures et de réformes néo-libérales partout en Europe. Ces mesures et ces règles, baptisées « gouvernance économique », instaurent un contrôle néo-libéral de plus en plus important, favorisant ainsi les grandes entreprises et les marchés financiers tout en mettant en péril les valeurs démocratiques et les acquis sociaux obtenus de haute lutte.

  1. http://www.troikawatch.net/fr/cest-quoi-la-troika/

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