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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 06:52

Autrefois, observait Annick Cojean du journal Le Monde lors de cette soirée de gala qui clôturait sur A2 la marche vespérale et dominicale « Je suis Charlie », lorsqu’un journaliste se voyait refusé un article il claquait la porte et allait le proposer à un autre journal, aujourd’hui il le remet dans sa musette car quitter un journal c’est se fermer la porte de tous les autres et aller pointer au chômage. C’est dire que la liberté de la presse n’est pas seulement liée aux menaces et à la peur des attentats, qu’il y a une étrange solidarité entre les patrons de presse et une non moins étrange obéissance à ces derniers dont ne profite pas à la libre expression.

A l’occasion de ce même cette même soirée, le secrétaire général de Reporter sans frontière, Christophe Deloire, est monté sur ses grands chevaux pour proposer une charte à faire signer aux responsables religieux de tous les cultes par laquelle ils accepteraient le droit de blasphème cependant qu’il ne lui est pas venu à l’idée de faire signer une charte aux patrons de presse pour qu’ils n’usent pas de leur pouvoir financier pour museler la libre expression. C’est dire qu’il est plus aisé de brasser du vent que de dénoncer et de s’attaquer au véritable problème auquel est confrontée la presse pour qu’elle soit libre.

Faut-il le rappeler, le blasphème n’existe plus en France depuis la révolution, il n’est donc pas besoin d’en rajouter. Par contre, le cadre juridique issu du Conseil National de la Résistance garantissant une presse libre a été progressivement déconstruit permettant la concentration des titres entre les mains de quelques financiers et pour les conséquences que l’on sait : une presse quasiment univoque et majoritairement à la solde de l’oligarchie politico-financière, de cela les journalistes devraient prendre la mesure et s’émouvoir.

Avant-hier, qu’ils ne s’en étonnent pas, la liberté d’expression a été célébrée mais point salués les journalistes, rares à honorer cette phrase d’Albert Londres : « Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus que de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie ».

Le métier de journaliste n’est pas de se montrer servile, d’avoir un maître et de lui plaire, et c’est bien la raison pour laquelle les journalistes auraient tort de croire que la défense de la liberté d’expression qui s’est manifestée était un hommage que leur était rendu, il faudrait pour cela qu’ils aient quelques mérites qu’à cet instant nous ne percevons pas chez eux. Nous ne leur demandons pas de mourir, seulement de faire leur travail honnêtement.

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Il Rève 13/01/2015 07:31

Exergue a écrit : "Marche vespérale et dominicale" à propos de la manifestation en plus de 200 villes de 3 700 000 citoyens.
D'après Larousse vespéral vient du bas latin vesperalis, ou du latin classique
vesper, pour signifier : "le soir".
dominical toujours définit par Larousse vient du latin dominicalis qui signifie "seigneur" mais aussi Dimanche, dans l'expression : "repos dominical"..
Hors tout le monde a pu constater que Dimanche 11 Janvier n'a pas été "le soir", encore moins "le grand soir". Et qu'il a bien fallu une bonne partie de la nuit de sommeil et du Lundi qui a suivi pour récupérer de cette longue journée de Dimanche (à marches non forcées) non pas consacrée au(x) Seigneur(s) des croyants mais aux principes sacré de la liberté d'expression. Journée donc pleines de contradictions 'vespérales". Qui a rompu avec la tradition "dominicale". Un grand moment dont les suites annoncent des aurores "espérantes".

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