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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 16:14

S’il est bien une fête qui se prépare, c’est Noël. Que l’on soit athée, agnostique, de religion chrétienne (ou pas), rares sont ceux qui y échappent.

Noël c’est pour beaucoup la fête de famille, avant qu’elle ne cède (que nous cédions) à la pression du commerce.

Jadis on échangeait des cadeaux - don/contre-don - histoire d’offrir dans la réciprocité de soi aux autres.

Désormais l’usage est de proposer à l’autre ce qu’il désire, avec cette possibilité nouvelle que, s’il ne se trouve pas satisfait (on aurait pu dire heureux) du cadeau qui lui est fait, il peut l’échanger pour obtenir quelque chose à son goût, quand ça ne va pas jusqu’à dire : « Tiens ! Voici, tu te paieras ce qui te fera plaisir » (pour cela préférez l’enveloppe, ce qui vous évitera de lire le désagrément sur la figure de votre interlocuteur ou d’entendre le remerciement précipité d’hypocrisie).

Désormais on sait à combien nous estiment ou nous aiment parents et amis : au coût financier du cadeau. Il en est ainsi depuis que l’argent a pignon sur rue, depuis que l’on s’apprécie à l’aune de ce que l’on gagne davantage qu’à celle du courage, du travail, de la réflexion, ou de l’humanité.

Peu aimés sont donc les enfants des pauvres qui ne reçoivent de leur parents qu’un seul et maigre cadeau (quand ils en reçoivent un), tandis que ceux des riches s’en vont croulant sous l’amour manifesté et débordant de mille choses qui, pour la plupart, la boite ouverte, le papier déchiré, sans plus d’attention, iront remplir le placard de l’oubli et du gâchis.

Cette année, comme à l’habitude, je vais offrir des cadeaux. Et comme d’habitude : littérature et musique. Je m’y prépare. C’est que la chose est sérieuse. De la culture. Et non pas de la mode. La première intergénérationnelle, la seconde intra-générationnelle. L’une du lien, l’autre de la différenciation.

Ayant fait le constat qu’il n’est plus aujourd’hui en politique de grands récits portés par les partis politiques (à l’exception qui confirme ce que je dis) ou de grands projets gouvernementaux, que le peuple est à l’émiettement en autant de sujets qu’il est d’individus, que les romans actuels sont, comment dire, narcissiques ou fictionnels, il m’a paru intéressant de puiser dans la littérature passée, d’une part pour restituer le passé dans la construction du futur, d’autre part pour que la grande fresque populaire face pièce à l’individualisme. Ainsi Les Misérables d’Hugo, La terre de Zola, et d’autres du genre (avec Tolstoï, Dickens,…), sans oublier Les Fables de La Fontaine dans lesquelles il y a tant à puiser. Voici pour les petits. Les grands, quant à eux, auront quelques livres de réflexion, L’enseignement de l’ignorance de Michéa et quelques autres dont j’ai fait la promo dernièrement sur le blog ; et tant pis s’ils n’y vont pas alimenter leur entendement (mais ils y vont pour honorer l’ancêtre), j’aurai fait mon devoir.

Du côté musical, j’irai, comme les années précédentes, faire choix en classique et jazz, peut-être même quelques ballets filmés, du côté de Carlos Saura et d’Antonio Gades, ballets bien trempés afin que de la force qu’ils dégagent ils servent de détonateurs.

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Il Rève 10/11/2014 19:08

On trouve toujours de bons conseils en lisant Exergue. Notamment à propos des cadeaux à faire lors de cette saison favorable. N'oublions pas que Noël est à l'origine le solstice d'hiver que nos ancêtres ont bien avant nos arrières grands parents honoré. Nous poursuivons la tradition en y mêlant plus ou moins consciemment, le mensonge du père noël, l'hypothèse de la naissance d'un christ, et le souhait d'une offre marchande satisfaisante. Un mille feuille en réduction en quelque sorte. Mais lourd de conséquences. Car après, le lendemain, à l'âge de raison ou plus tard encore le taraudage existe encore. Et la question demeure : "Le réel a t il vraiment existé?"(cf Michel Onfray). Mais nous ne pouvons plus nous contenter de dire "non", au père noël, pas plus que nous ne le pouvons en ce qui concerne ce christ et l'économie marchande. Nous le regrettons. Et nous nous en indignons. Tout en sachant que lorsque nous donnons, quelqu'un qui nous est cher ou qui va le devenir va recevoir, et s'il est humain en retour il rendra (cf. Marcel Mauss). L'homme construit sa vie et son bonheur avec ce qu'il lui reste d'imagination après sa journée de travail ou de chômage.
Alors d'accord avec Exergue pour avancer quelques suggestions culturelles : "Le tour du monde en 80 jours" de Jules Verne. "Des souris et des hommes" de John Steinbeck. "Le maitre ignorant" de Jacques Rancière. "Eloge des frontières" de Régis Debray. Les 2 premiers ouvrages pouvant être lus à tous les âges, de 7 à 77 ans.

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