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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 18:30

chez Fayard

Un livre d’analyses et de réflexions politiques ainsi commenté par l’auteur lui même : « Je ne dis pas que ces lignes sont un modèle de littérature. Mais elles ont l’avantage de dire beaucoup de choses en peu de mots ».

Oui, beaucoup de choses. Pour nourrir la réflexion des femmes et hommes de bonne volonté, pour piquer la curiosité de ceux pour qui la politique c’est…. en fait le savent-ils ? Pour ré-apprivoiser ceux qui s’en sont écartés (et on les comprend !).

Je m’attarde plus particulièrement (pour des raisons personnelles) sur le chapitre 5, ainsi intitulé : Le nouvel ordre du temps.

Le temps ! Que vient-il faire en politique ?

Dans Les lieux de mémoires, sous la direction de Pierre Nora, aux tomes intitulés les France, il est raconté la « guerre » à laquelle se sont livrés l’Eglise et la République lorsque cette dernière à procédé à la création des communes, destituant ainsi les paroisses. Qui du maire ou du curé sonnerait les cloches, c'est-à-dire dirait le temps, organiserait la journée des individus en société ?

Cela prêterait à sourire si derrière cela ne se profilait pas la question du pouvoir.

Sait-on qu’en milieu carcéral le temps est aboli ? Nulle horloge dans les parties communes pour donner référence et contrainte à tous (personnels et détenus), et à égalité de droits et de devoirs.

Pour l’anecdote, lorsque j’étais enseignant en ce milieu, j’ai porté et fait aboutir un projet d’installation de pendules…..il a duré le temps que durent les piles. Amusant et révélateur. L’Administration pénitentiaire avait cédé sur l’argument, elle s’était rattrapée en n’en assurant pas l’entretien. L’autorité ne s’y trompe pas : qui détient le temps détient le pouvoir sur les autres.

Ce n’est pas pour rien que le temps est un des objets d’étude des philosophes, qu’il en est question en littérature (Le Petit Prince), en peinture (Les montres molles,…..

Le temps est structurant.

J-L Mélenchon, de ce dernier, en souligne l’enjeu. Je cite : « Le temps est une propriété de l’univers social », « Aujourd’hui il y a un temps dominant : le temps court », « Le temps est-il une propriété publique ou une marchandise ? », etc… « Le choix du temps long, celui de la planification écologique, n’est pas seulement un choix d’efficacité sur le long terme. C’est aussi celui qui permet de reprendre en main la coordination des temps sociaux autour d’objectifs communs, parce que c’est celui qui permet de décider en commun. Les deux fonctions, coordination et démocratie, sont liées au temps long. Le temps court est forcément une dictature. Il rend impossible la délibération et le contrôle collectif ».

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commentaires

Groupe d'analyse des pratiques 14/10/2014 04:51

Je vous complimente pour votre critique. c'est un vrai travail d'écriture. Continuez

Il Rève 13/10/2014 19:32

A peine sommes nous revenus du débat entre J Julliard et JC Michéa que Exergue nous relance sur JL Mélenchon. Le temps se rétrécie qui permettrait d'aller plus au fond des choses, et reconnaître que ni l'un ni l'autre on pu dire en quoi des femmes et des hommes formaient "le peuple". Ce dernier n'est pourtant pas dissout (cf. B. Brecht). Alors il nous faudra prendre le temps de lire l'ouvrage de JLM. D'autant plus que les deux dernières phrases citées par Exergue : "Le temps court est forcément une dictature. Il rend impossible la délibération et le contrôle collectif" y incitent temporairement..

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