Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 15:13

A cet instant le terrain est pareil à une vaste plaine fumante après la bataille qui n’a pas été livrée dans toute son ampleur ; vaste plaine fumante car les citoyens, qu’ils aient voté ou non, ont le sentiment d’un immense gâchis.

***

Et chacun, pourtant, au Parti de Gauche et plus largement, s’était écrié : « il faut faire de l’éducation populaire » et, s’étant écrié, avait pensé l’avoir réalisée, comme s’il suffisait de donner le titre à un livre pour en avoir écrit le contenu.

Le seul à avoir fait de l’éducation populaire est Jean-Luc Mélenchon, à un niveau qui embrasse les grands problèmes auquel est confronté le pays ; pouvait-il faire autrement ? Témoignent de cela ses meetings et qui ont rassemblé toujours plus de monde.

Les autres, les militants, bien souvent sans imagination, ont usé des pratiques connues –nécessaire tractage, affichage ; mais insuffisantes car ce n’est pas un slogan qui diffuse la pensée élaborée et complexe. Ils se sont mis à jouer des scénettes sans jamais penser un instant qu’on n’éduque pas en s’amusant comme l’observait Alain.

Jamais n’a été conduite une réflexion sur : comment faire de l’éducation populaire ? auprès de qui ? quelles populations doit-on cibler ? faut-il attendre que les citoyens viennent à nous ou faut-il se rendre à leur rencontre ?...

Jamais, concernant le département, n’a été prise en compte cette réalité qu’il est, démographiquement parlant, mi-rural mi-urbain et que de cela il ne pouvait en être fait l’impasse, les mœurs et les difficultés n’étant pas égales que l’on soit ici ou que l’on soit là.

Pas plus que n’a été prise en compte cette dimension qu’est le temps, l’activité qu’est l’éducation ne pouvant s’y soustraire.

Pour faire récolte, il faut connaître le terrain, effectuer cette préparation qu’on appelle le labour, semer les graines appropriées au sol, revenir à sarcler pour parfaire le développement de la plante, attendre patiemment le mûrissement. Cela a été oublié. Comme a été oublié que la politique, là paraphrasant Jean Jaurès, est la capacité à dire des choses simples simplement, d’user le doute comme on fatigue la salade.

Trop de précipitation, d’improvisation, d’amateurisme, a nui à l’affaire.

Mais partout où le travail de fond a été fait, d’Alzonne à Limoux en passant par Alet et d’autres lieux, les résultats, parfois spectaculaires, ont été au rendez-vous. Et s’il n’en a pas été ailleurs de même on doit s’interroger : qu’est-ce qui n’a pas été fait et qui aurait dû l’être ?

L’esprit du jour est citadin, aussi est-ce en ville que tout s’organise et se passe. Et tandis qu’on critique la désertification qu’entrainera la métropolisation dans nos comportements elle est mise en œuvre.

En ville sont les réunions, les projections de films, les conférences,… qui réunissent toujours les mêmes, soit une quarantaine de personnes, parfois plus, souvent moins, individus qui s’auto-informent, s’auto-satisfont comme s’il était nécessaire d’un happening masturbatoire pour avoir bénéfice.

Qu’on établisse l’observation suivante et qu’on juge de 40 individus qui sont à se connaître rendus à une population de 50000 habitants et de celui de 10 pour 500. Le rapport n’est pas le même, d’autant qu’il sera dans les villages des citoyens qui, enfin sollicités et informés, diffuseront peu à peu auprès de leurs voisins tandis qu’à la ville chacun s’ignore superbement.

Qu’on s’en aille également à des quartiers urbains, considérant que ceux-ci sont semblables à des villages, alors on agira différemment qu’on ne le fait, ou plutôt qu’on ne le fait pas.

Il est à faire l’inventaire de pistes à exploiter, et l’ayant fait à hierarchiser le travail.

Il conviendrait de s’inspirer de F. G Lorca qui est allé, avec La Barraca, à la rencontre des villages d’Espagne avec le projet pédagogique éduquer le peuple au théâtre.

D’un tel travail, fait lentement, en profondeur, en étant attentif aux problèmes des citoyens plutôt que d’importer de la chaire politique des problèmes lointains et peu concernant, nous aurions eu progressivement des élus, individus qui, reconnus dans les villages, auraient servi de référence et auraient permis notre implantation.

De la sorte aurions davantage de militants ; parmi eux, la relève.

J’entends dire que pour conduire ce travail il faut des militants. Certes ! Problématique d’apparence insoluble dite par la fable de l’œuf et de la poule.

Pour cela commençons !

Des militants et non des indignés. De ceux qui paient de leur personne et non de ceux que l’on materne, car s’il faut commencer par fortifier la troupe de ceux qui se sont engagés, il est alors à craindre le combat ainsi que nous l’avons vécue.

Militer, militaire, ont la même racine latine. Il s’agit de conduire la lutte afin de convaincre. Cela ne se fait pas à la maison et non plus, le cul rivé au siège, via Internet.

Du travail auprès des citoyens nous aurons des militants et du nombre accru de ceux-ci nous travaillerons mieux et avec plus d’efficacité. Il n’est pas d’entreprise qui commence grande.

Cela est possible.

Commencer après avoir perdu du temps ne peut nous faire regretter qu’il ait été perdu. Mais il faut tenir pour possible la récolte à venir.

***

On s’étonnera du titre « re-conquérir » le terrain ; c’est que nous sommes en terre socialiste, et que ce jour, alors que le parti du nom a perdu ses électeurs que nous reconnaissons pour nôtres pour avoir été du nombre, nous aurions engrangé ceux qui sont partis à l’abstention ou ailleurs.

***

Il est là ci-dessous quelques liens utiles à la réflexion, mais qu’on y prenne garde, pour aussi pertinente que leur contenu puisse être, cela vaut pour le général et non le particulier qui fait qu’une bataille s’inscrit dans le singulier du terrain qui n’est pas semblable ici à ce qu’il est ailleurs.

http://www.reseaueducationpopulaire.info/?p=554

http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/25-mai-2014-desastre-des-gauches-en-france-que-faire-%E2%80%8B/81862

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Il Rève 15/06/2014 07:03

C'est dans un style très personnel que nous lisons les pensées pertinentes d'Exergue. Ah que la forme est belle mais que le fond est loin. Jean - Luc Mélenchon a t il vraiment fait de l'éducation populaire ? Et Federico Garcia Lorca a t il fait œuvre politique en apportant le théâtre au village ? Et l'âne ne boira pas qui n'a pas besoin d'eau. Certes la situation est grave mais pas désespérée. Et c'est dans la douleur que nous comprenons que Jaurès ne mobilise plus. Que Victor Hugo n'est pas entendu. Il ne s'agit plus de scénettes, de porte à porte, de distributions sur les marchés ou d'affichages. Il s'agit de trouver la bonne direction. Et celle ci passe inévitablement par la compréhension d'un vote plusieurs fois majoritaire : l'abstention, le retrait, la suspension, l'ignorance, le refus. D'un peuple divisé en diverses organisations, internet, face book et autre twitter en ont fait un peuple individualisé qui se rassemble plus souvent pour les spectacles du cirque futebal (allusion à la décadence romaine) que pour l'expression politique du vote démocratique. Alors quand le peuple tourne le dos à cette structure démocratique il en signifie son manque de confiance, son inutilité pour lui même. Et se tourne vers le plaisir immédiat du spectacle sportif vécu comme une tragédie politico sociale où la vie perd son sens pour le confier au rêve, à l'illusion, au factice. Tandis qu'un président et un ministre dit premier unissent leurs efforts pour faire arrêter un mouvement de grève refusant la destruction d'une des plus belle conquête du mouvement ouvrier : la S N C F. Maurice T. et Georges S.en leur temps avaient fait de même. Là est à chercher, aussi, les raisons d'une fausse désertion.

nuria 15/06/2014 09:01

" Du pain et des jeux "
des jeux c'est à profusion. Par contre la ration de pain diminue ..les pays du sud ont des places avec jet d'eau rafraichissants et tous les soirs chacun se promène en famille ..A carthagène, Madrid barcelone etc.. (Espagne) quelques soirs certaines places sont occupées par "Podemos".. et les gens viennent chaque fois plus nombreux débattre et comprendre ... c'est cela aussi l'éducation populaire...
.

nuria 14/06/2014 17:24

" Ils se sont mis à jouer des scénettes sans jamais penser un instant qu’on n’éduque pas en s’amusant"
je suis convaincue du contraire! le théâtre est une preuve qu' apprendre en s'amusant est une bonne chose c'est ainsi que les chinois ont renversé le régime impérial.
les intermittents si attaqués sont une preuve flagrante.
par le le rire, on retient mieux! j'en veux pour preuve que nous avons bien intégré que nous ne voulons pas du poulet chloré et du porc aux hormones! référence à la conf de Carcassonne avec RMJennar
nous sommes dans une civilisation en transition et les oligarques ont, comme toujours, une avance sur nous. les réseaux sont utiles et indispensables.Car ils modèrent les médias ambiants du journal quotidien aux informations télévisées qui matraquent sans cesse. Pour faire de
l'éducation populaire il faudrait d'abord , que les citoyens aient envie de se déplacer. les réunions ou assemblées citoyennes sont désertés par ceux là même que nous voulons toucher.. que faire? je ne sais pas .



par contre je ne suis pas convaincue du porte à porte

Présentation

  • : Exergue
  • Exergue
  • : réflexions sur l'actualité politique, sociale...et autres considérations
  • Contact

Recherche