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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 16:30

En ce début du mois de mai, c’est la foire à Tarascon sur Ariège, comme il en est une à Espezel sur le plateau perché de Sault, géographiquement situé entre Aude et Ariège, où les hérétiques d’antan sont appelés à devenir les mohicans de demain, réforme régionale oblige.

Chevaux de Mérens et de Castillon côtoient vaches locales dites des Pyrénées, grises et robustes, le poil ras, garanties bio, le bétail ici ayant fait pétition pour paître nonchalamment à l’alpage et non en stabulation comme il est ailleurs en fermes américaines de 1000 vaches et bientôt de 3000. Blondes d’Aquitaine, Limousines et Salers sont venues en voisines, point de racisme, ce qui laisserait supposer que les bêtes le sont moins que les êtres humains. Il est aussi des moutons et des chèvres, tous 2 de race Tarasconnaise ; des chèvres, un troupeau d’une dizaine de têtes lâché à la nature il y a quelques années, redevenu sauvage, ceci au sud d’Arignac, a été menacé d’extermination par les services administratifs - c’était le temps de la vache folle.

Du pont de l’Ariège qui court tumultueuse, tout au long de la rue montante, jusqu’au lieu de la fête d’été, des camelots aux étals fournis proposent leur marchandise ; le chaland poursuit son chemin, la crise libérale faisant partout son œuvre. Sur une place, non loin d’un étrange donjon, creusé d’une voûte gothique formant chœur, un groupe de musiciens se produit. Nous sommes quelques uns à regarder les danseurs et danseuses en habits d’antan, colorés, ceux des jours de fêtes certainement car on peine à imaginer qu’ils puissent être à l’usage des champs. Ce sont personnes âgées ; la remarque vient vite : disparus de la surface terrestre, qui les remplacera ? Eux aussi, appartiennent aux derniers mohicans. Mais il est une autre observation à faire. Ce sont danses collectives, danseurs et danseuses vont par deux pour se rejoindre en ronde. Assurément, une époque qui n’était pas la mienne car lorsque j’étais à danser le tango, le slow, la java, le mambo ou la marche, cela se faisait à deux, et avec quelques intentions partagées. Aujourd’hui, et cela depuis quelques décennies, chacun va de son côté, ignorant de l’autre. Il est là, en cette manière disjointe, un changement - une évolution ?- qui témoigne de celui du monde.

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